Claudia Rella, lauréate du Prix L'Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science - IHES
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Claudia Rella, lauréate du Prix L’Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science

Chercheuse post-doctorante à l’IHES, Claudia Rella fait partie des 35 lauréates de la 20ᵉ édition du prix. Elle rejoint ainsi une communauté de plus de 5 000 femmes scientifiques originaires de plus de 140 pays.

La Fondation L’Oréal, en partenariat avec l’Académie des sciences et la Commission nationale française pour l’UNESCO, a dévoilé le 6 octobre 2026 le palmarès du Prix L’Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science France. Parmi les 35 doctorantes et post-doctorantes récompensées, sélectionnées parmi plus de 800 candidatures par un jury de plus de 50 membres de l’Académie des sciences, figure Claudia Rella, post-doctorante à l’IHES (membre fondateur de l’Université Paris-Saclay) et rattachée au Laboratoire Alexander Grothendieck (LAG, UMR 9009 CNRS-IHES, CNRS Mathématiques – INSMI). Elle est distinguée dans la catégorie « Comprendre les lois de l’Univers », pour ses travaux visant à faire dialoguer mathématiques et physique afin de percer les lois de l’infiniment petit.

Une communauté mondiale

Le prix s’inscrit dans le programme L’Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science, créé en 1998, qui déploie des programmes nationaux et régionaux dans 140 pays. En le recevant, Claudia Rella rejoint une communauté de plus de 5 000 femmes scientifiques originaires de plus de 140 pays, un réseau qui favorise la collaboration, l’inspiration et le soutien face aux obstacles rencontrés au cours d’une carrière. Cette édition a elle-même reçu 823 candidatures de 73 nationalités.

« Ce prix a de nombreuses facettes pour moi », explique-t-elle. « Il signifie rejoindre une communauté qui promeut à la fois l’excellence scientifique et l’égalité de genre dans la construction de la science de demain. Il représente une reconnaissance et une visibilité pour le travail que j’ai accompli à un moment charnière de ma carrière. »

Une recherche au cœur de la résurgence

Il arrive en mathématiques et en physique théorique qu’un problème soit trop difficile pour être résolu exactement. On en construit alors une solution approchée sous la forme d’une série de puissances infinie. Cette série diverge souvent : ses termes finissent par croître trop vite pour que la somme se stabilise. Pourtant, ces infinis ne sont pas des « signaux d’alarme informes » : ils contiennent une grande quantité d’informations sur la solution exacte. Les décoder à partir du comportement des coefficients de la série est l’objet de la théorie de la résurgence.

Claudia Rella exploite cette théorie pour explorer les propriétés cachées de phénomènes non perturbatifs en physique quantique et en mathématiques. Dans les exemples qu’elle étudie, les nombres qui apparaissent dans l’analyse résurgente possèdent des propriétés arithmétiques et des lois de transformation remarquables, révélant des symétries qui relient la physique quantique à des structures étudiées en théorie des nombres, en géométrie et en topologie.

Une collaboration née à l’IHES

Pendant son doctorat, Claudia Rella a découvert une dualité arithmétique reliant les propriétés résurgentes, à couplage faible et fort, de certains opérateurs quantiques apparaissant en théorie des cordes topologiques. Invitée à présenter cette découverte lors d’un séminaire, elle visite l’IHES pour la première fois au printemps 2023. Cette visite marque le début d’une collaboration au long cours avec la mathématicienne Veronica Fantini. Ensemble, elles initient et développent le cadre de la « résurgence modulaire », qui relie phénomènes non perturbatifs, structures arithmétiques et symétries modulaires quantiques. « Plus nous avançons, plus les questions se multiplient », confie-t-elle.

« Une liberté extraordinaire »

À l’IHES, membre fondateur de l’Université Paris-Saclay, elle apprécie « une liberté extraordinaire de poursuivre ses idées de recherche dans un environnement calme mais stimulant », avec quelques-uns des plus grands experts de son domaine « à quelques pas ». Ses journées sont rythmées par le déjeuner partagé à la cafétéria, le rituel du thé de seize heures et les discussions devant l’un des nombreux tableaux noirs de l’Institut.

Un champ encore très masculin

Claudia Rella souligne que la physique mathématique reste un domaine majoritairement masculin : « il suffit de regarder la liste des intervenants d’un colloque typique ». Elle a toutefois rencontré des femmes scientifiques comme mentors, collaboratrices et collègues, ce qui explique son attachement à la mission du programme. À une adolescente qui aime les maths mais pense que ce n’est pas pour elle, elle répondrait que « les préjugés ne sont pas des limites » et qu’« on ne le sait qu’en essayant ».

Sa vision à cinq ans : travailler à la pointe d’un domaine de recherche en expansion, au sein d’une communauté qui s’efforce d’être « plus ouverte et plus représentative ».

À propos du prix

Créé en 2007, le Prix L’Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science France récompense chaque année de brillantes doctorantes et post-doctorantes. La remise des prix a lieu le 7 octobre à l’Académie des sciences, à Paris. Les lauréates bénéficient d’une dotation et d’un programme de formation au leadership.

L’équipe de l’IHES adresse ses plus vives félicitations à Claudia Rella.