Publication des Œuvres mathématiques, Volume 1 de René Thom

La Société Mathématique de France vient de publier le premier volume des Œuvres mathématiques complètes de René Thom dans série Documents mathématiques. Ce volume contient les articles publiés avant 1960.

Pendant les années cinquante, René Thom est l’un des premiers membres de l’école qui se construit autour d’Henri Cartan. Lorsque ce dernier part travailler à Strasbourg, René Thom le suit en tant que jeune chercheur CNRS. À Strasbourg il bénéficie aussi de l’influence de Charles Ehresmann. C’est au contact de ces deux maîtres que naît l’intérêt de René Thom pour la topologie algébrique et différentielle. Grâce à ses travaux dans ce domaine, il obtiendra la médaille Fields en 1958 pour avoir « inventé et développé la théorie du cobordisme en topologie algébrique ».

Les travaux de René Thom de cette époque figurent pour la plupart dans le premier volume des Œuvres mathématiques complètes de René Thom, que la Société Mathématique de France vient de publier et qui regroupe ses œuvres mathématiques jusqu’à 1960. Les articles connus sont accompagnés d’inédits et de commentaires qui permettent de les situer dans le contexte mathématique de l’époque. René Thom se consacre après à l’étude des singularités – dans ce volume vous en retrouverez les articles fondateurs – qui pendant les années soixante donnera naissance à la théorie des catastrophes.

René Thom est recruté par Léon Motchane à l’IHES, et arrive à l’Institut en 1963 (après Jean Dieudonné et Alexandre Grothendieck). Il y reste jusqu’à la fin de sa carrière.

Ce projet de publication des œuvres mathématiques complètes de René Thom a été initié en 2011 sous l’impulsion d’André Haefliger. L’IHES a contribué en fournissant plusieurs tirés-à-part qui y sont reproduits et a participé à l’élaboration de la bibliographie complète, mathématique ou non, de René Thom, qui apparaît dans ce premier volume.

Pour plus d’information, allez à la page dédiée du site de la Société Mathématique de France.

Entretien avec Sylvain Arlot

Professeur à l'Université Paris-Sud, Sylvain Arlot a été visiteur à l'IHES pendant un an à mi-temps grâce à une convention entre Paris-Sud et l'IHES. Il a organisé la conférence « Statistiques/Apprentissage à Paris-Saclay » pour deux années d’affilée en 2016 et en 2017.

Sylvain Arlot a visité l’Institut du 1er septembre 2015 au 31 août 2016 dans le cadre de la convention entre l’Université Paris-Sud et l’IHES, permettant à de jeunes enseignant chercheurs de passer six mois à l’Institut et d’être dispensés de leurs charges d’enseignement. Sylvain Arlot a passé un an à mi-temps à l’IHES.

Il est mathématicien statisticien, a obtenu sa thèse de l’Université Paris-Sud en 2007 et de 2008 à 2015 il a été chargé de recherche CNRS à l’ENS de Paris.
En 2015 il est devenu Professeur à l’Université Paris-Sud et a obtenu la possibilité de passer une partie de son temps à l’IHES et de s’y dédier complètement à la recherche.
À l’IHES il a organisé la conférence « Statistiques/Apprentissage à Paris-Saclay » pour deux années d’affilée.

Nous avons décidé de le rencontrer pour comprendre les avantages que la convention Paris-Sud – IHES offre aux jeunes professeurs et ce qui l’a motivé à organiser une conférence de statistiques à l’IHES, où ce sujet a été très peu développé jusqu’à présent.

Qu’est-ce que votre année à mi-temps à l’IHES a représenté pour vous ?
La convention entre Paris-Sud et l’IHES m’a permis d’avoir plus de temps pour la recherche ce qui, certes, a été très appréciable, mais elle m’a aussi donné la possibilité de connaître un endroit extraordinaire comme l’est l’IHES, que je connaissais déjà de nom et où j’avais été une fois pour une conférence, mais où je n’avais jamais travaillé.
J’y ai découvert un cadre exceptionnel, remarquablement adapté à la recherche. L’atmosphère calme des lieux fait de l’IHES un endroit propice à la recherche en mathématiques, y compris dans un domaine très peu représenté comme l’était celui des statistiques à l’époque où j’ai été visiteur à l’Institut.

Avec qui avez-vous travaillé à l’Institut ?
Quand je suis arrivé à l’IHES, par hasard, Francis Bach était là aussi en ayant obtenu la Chaire Schlumberger. Je le connaissais déjà très bien parce qu’il travaille à l’ENS de Paris, que je venais de quitter. Je n’ai pas collaboré avec d’autres personnes à l’Institut, mais j’ai trouvé très enrichissante la possibilité de participer aux échanges variés qui avaient lieu, par exemple, lors des déjeuners à la cafétéria, sur des sujets plutôt éloignés de ceux sur lesquels je travaille et que j’ai ainsi pu découvrir.
L’IHES m’a aussi permis d’inviter pendant quatre jours un collaborateur, Alain Celisse, qui a donc été visiteur à l’Institut et qui a été hébergé à la résidence de l’Ormaille. Le fait qu’il loge sur place a beaucoup simplifié l’organisation de sa visite et nous avons pu profiter d’une période de travail très productive.

En janvier 2016, puis en janvier 2017, vous avez organisé à l’IHES deux éditions de la conférence « Statistique/Apprentissage à Paris-Saclay ». Qu’est-ce qui vous a motivé à choisir l’Institut?
Le sujet du traitement et de l’analyse des données, ce qu’on appelle la « data science », est très représenté à l’échelle de Paris-Saclay. Il existe une communauté importante, à forte composante mathématique, qui vient de se former et qui travaille sur des intérêts communs auxquels chacun contribue d’un point de vue différent. Elle inclut des mathématiciens et des informaticiens qui travaillent en divers lieux du campus, très grand et encore mal connecté. Il est alors très important de créer des occasions de rencontre et d’échange, d’où l’idée d’organiser cette conférence.
Même si les statistiques sont peu présentes à l’IHES, ce dernier m’a paru l’endroit idéal pour permettre à des mathématiciens de se retrouver. J’ai pensé à l’Institut comme à un lieu de référence pour tous les mathématiciens de la région, comme l’IHP l’est dans Paris.
À ça j’ajoute le fait que j’ai été très encouragé et aidé dans l’organisation de la conférence par le personnel administratif et par le Directeur même qui, à mon arrivée à l’Institut, m’a encouragé à organiser des événements scientifiques.

Pourquoi avez-vous choisi ce titre pour la conférence ?
En étant mathématicien, les sujets qui concernent le traitement et l’analyse des données rentrent pour moi dans les statistiques, mais dans une approche plus informatique on parle plus souvent de « machine learning ». Avec ce titre j’ai voulu résumer ma volonté de faire se rencontrer des personnes qui proviennent de disciplines différentes et utilisent un vocabulaire différent mais ont des intérêts communs. De plus, cette année, le fait de co-organiser la conférence avec Guillaume Charpiat, un informaticien, nous a permis d’inviter des orateurs avec des profils plus variés.

La conférence a attiré beaucoup de jeunes à l’Institut, non seulement parmi les participants, mais aussi parmi les orateurs.
C’était notre but de choisir comme orateurs de jeunes chercheurs, qui viennent d’arriver à Paris-Saclay – ce seront eux qui permettront à cette communauté intéressée à la science des données de se développer. Je pense notamment à Vianney Perchet (ENS Paris-Saclay) et à Matthieu Lerasle (CNRS, Université Paris-Sud et Ecole Polytechnique).

L’Université de Montpellier met en ligne une partie des archives de Grothendieck

Ce fonds se compose de notes manuscrites, de « tapuscrits » ainsi que de lettres d’Alexandre Grothendieck. Il regroupe ses travaux pour la période 1949 - 1991 et contient des manuscrits inédits.

Alexandre Grothendieck est considéré comme l’un des plus grands mathématiciens du XXème siècle ; il a révolutionné les fondements et les méthodes de la géométrie algébrique. Médaillé Fields en 1966, il a été professeur permanent à l’IHES de 1959 à 1970, et a rejoint l’Université de Montpellier en 1973. Celle-ci vient de mettre en ligne une partie importante, 18 000 pages sur 28 000, de leurs fonds d’archives Grothendieck.

Ce fonds se compose de notes manuscrites, de « tapuscrits » et ainsi que de lettres d’Alexandre Grothendieck. Il regroupe ses travaux pour la période 1949 – 1991 et contient des manuscrits inédits.

Le fonds a été donné par Alexandre Grothendieck à l’un de ses anciens élèves, Jean Malgoire, enseignant-chercheur à l’Université de Montpellier, en deux temps : une fois en 1990, une fois en 1995. Jean Malgoire a conservé les archives Grothendieck jusqu’à 2010, date à laquelle il les a déposées à l’Université de Montpellier, qui s’est occupée de leur numérisation et diffusion en ligne.

Vous pouvez les retrouver à l’adresse grothendieck.umontpellier.fr.

Décès de Cécile DeWitt-Morette, une grande scientifique française

L’ensemble des salariés s’associent aux scientifiques de l’Institut pour transmettre à la famille de Cécile ses plus sincères condoléances.

L’IHES a appris avec tristesse le décès de Cécile DeWitt-Morette, Jane and Roland Blumberg Centennial Professor in Physics à l’Université d’Austin, survenu le 8 mai 2017.

Scientifique française de renom, ses travaux se situent à la frontière des mathématiques et de la physique. Si elle avait choisi de mener sa carrière aux Etats-Unis, elle était néanmoins très impliquée dans la vie scientifique française et avait fondé l’Ecole de Physique Théorique des Houches en 1951. Cette école d’été au rayonnement international est devenue l’un des lieux de rencontres les plus recherchés du monde, tant pour les physiciens confirmés que pour les jeunes chercheurs. Elle a dirigé cette école pendant plus de 20 ans et y était encore très impliquée.

Cécile DeWitt-Morette a joué un rôle particulièrement crucial dans la création de l’IHES en mettant en rapport le fondateur Léon Motchane avec Robert Oppenheimer, alors directeur de l’Institute for Advanced Study de Princeton. Cécile a toujours soutenu l’IHES et défendu son modèle dès qu’elle le pouvait, notamment en acceptant d’être administratrice de l’Institut et en participant fidèlement aux réunions du conseil d’administration de 1996 à 2014.

Au-delà de sa stature scientifique internationale, c’était une femme qui inspirait le respect et l’admiration par sa force de caractère et sa détermination mais qui, lorsqu’elle venait à l’IHES, était aussi soucieuse de chacun à l’institut et échangeait avec tous, humblement et dans la bonne humeur. L’ensemble des salariés s’associent aux scientifiques de l’Institut pour transmettre à la famille de Cécile DeWitt-Morette ses plus sincères condoléances.

Plus d’informations sur le site de l’Université d’Austin.

« Quels lieux pour quelles mathématiques ? »

Anne-Sandrine Paumier reviendra sur les raisons qui ont amené Léon Motchane à choisir le Bois-Marie pour y installer l'IHES.

Les Amis de l’IHES organisent un événement culturel à l’Institut, qui aura lieu le 4 mai prochain.

La soirée débutera à 17h avec une conférence sur un thème d’intérêt général. Anne-Sandrine Paumier, post-doctorante à l’IHES en histoire des sciences mathématiques, abordera la question des différents aspects qui ont amené le fondateur de l’IHES, Léon Motchane, et ses conseiller, à choisir le Bois-Marie comme endroit idéal pour l’Institut.

Pendant le moment musical, qui comme d’habitude suivra la conférence, Paloma Kuider interprétera au piano des pièces de W. Byrd, L. V. Beethoven, F. Chopin et L. Janacek.

Un pot sera offert aux participants en fin de soirée.

Pour vous inscrire, merci d’envoyer un message à Ingrid Peeters (peeters@ihes.fr) avant le 30 avril, en précisant si vous viendrez accompagné(e) ou pas.

 

 

 

Le Mystère du Monde Quantique a eu le Prix BD FNAC 2017 en Belgique

Le prix a été annoncé le vendredi 10 mars 2017 à l'occasion de la Foire du Livre de Bruxelles.

Le Mystère du Monde Quantique, la BD écrite par Thibault Damour avec le dessinateur Mathieu Burniat, a obtenu le Prix BD FNAC Belgique 2017, décerné tous les ans par le public et les libraires FNAC et annoncé le vendredi 10 mars à l’occasion de la Foire du Livre de Bruxelles.

Ce prix reconnaît la réussite de la BD, qui de façon ludique résume les découvertes clés qui ont amené à la formulation des fondations da la physique quantique et qui en explore les implications dans notre façon de penser le monde.

Le Mystère du Monde Quantique raconte l’histoire de Bob et de son chien Rick, qui vont rencontrer, au fil de l’histoire, les protagonistes des découvertes et des résultats qui ont permis la naissance et la formulation de la théorie quantique. Ainsi Bob doit peu à peu commencer à changer sa façon de voir le monde, pour la rendre compatible avec ce qu’il entend lors de ses rencontres – nous comprenons ainsi comment la physique quantique défie notre intuition.

Publié par les éditions Dargaud en mars 2016, Le Mystère du Monde Quantique a déjà vendu 35000 copies en France, 4000 en Belgique, 1000 en Suisse et 1000 au Canada.

Conférence grand public le jeudi 9 mars à 18h00

Frédéric Barbaresco abordera la question du "Radar digital ou les structures géométriques élémentaires de l’information électromagnétique" à l'occasion de la prochaine conférence organisée par les Amis de l'IHES. L'exposé sera suivi par un moment musical autour de Julien Koszul.

Une nouvelle conférence organisée par les Amis de l’IHES aura lieu le jeudi 9 mars à 18h dans le Centre de Conférences Marilyn et James Simons.

Frédéric Barbaresco, représentant KTD Board Processing, Computing & Cognition auprès de THALES LAND & AIR SYSTEMS, présentera un exposé intitulé :  « Le radar digital ou les structures géométriques élémentaires de l’information électromagnétique », qui se développera autour des structures géométriques de l’information contenue dans les signaux radar et de leurs affinités avec des outils mathématiques tels que la géométrie des espaces métriques et la géométrie symplectique.

L’exposé sera suivi par un moment musical. Bertrand Maury jouera au piano quelques morceaux de Julien Koszul, le grand-père du mathématicien Jean-Louis Koszul, auquel Frédéric Barbaresco fera allusion dans son exposé pour ses importantes intuitions. Bertrand Maury présentera aussi des pièces de C. Saint-Saëns, G. Fauré et A. Roussel.

Contact : Ingrid Peeters (01 60 92 66 64)

Entrée libre sur inscription : amisihes@ihes.fr

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Émission consacrée à Grothendieck sur France Culture

Portrait d'un génie des mathématiques par Pierre Cartier (ENS), Anne Sandrine Paumier (IHES) et Claude Viterbo (ENS), dans la Méthode Scientifique de Nicolas Martin.

Portrait d’un génie des mathématiques par Pierre Cartier (ENS), Anne Sandrine Paumier (IHES) et Claude Viterbo (ENS), dans la Méthode Scientifique de Nicolas Martin.
À réécouter ici

Entretien avec Philibert Nang

Le mathématicien Philibert Nang, professeur de l’Ecole Normale Supérieure de Libreville, au Gabon, nous aide à comprendre l’importance des programmes de visites internationaux comme celui de l’IHES.

Au cœur de la mission de l’IHES il y a la promotion des échanges internationaux, des rencontres spontanées entre les chercheurs et la garantie de leur liberté de recherche. Pour pouvoir l’accomplir, il est fondamental de permettre la circulation des chercheurs et des idées d’une institution à l’autre, ce qui accélère la diffusion des connaissances.

Depuis des années, l’IHES a développé une coopération fructueuse avec des mathématiciens venant d’Afrique. Grâce aux dons généreux de la Fondation Schlumberger, entre 2004 et 2009, et de la Fondation Lounsbery, entre 2013 et 2015, l’Institut a pu accueillir un flux régulier de scientifiques africains pour des visites de recherche.

Le soutien spécifique de cette activité s’est achevé en 2015. À présent l’IHES continue à accueillir des visiteurs africains, mais sans le cadre privilégié qui leur permettait de se voir rembourser les frais de transport, constituant souvent un obstacle difficile à surmonter. Un entretien avec le mathématicien Philibert Nang, professeur de l’Ecole Normale Supérieure de Libreville, au Gabon, nous aide à comprendre l’importance des programmes de visites internationaux comme celui de l’IHES.

S’intéressant à l’analyse algébrique et en particulier à la théorie des D-modules, Philibert Nang a visité l’IHES pour la deuxième fois cette année, entre le 17 septembre et le 5 décembre. Il avait déjà été à l’Institut en 2008, dans le cadre d’une visite financée par la Fondation Schlumberger. C’était grâce aux affiches et aux brochures que l’IHES avait diffusées pour promouvoir le programme Afrique dans les universités africaines, où la connexion internet est souvent défectueuse, qu’il avait pu prendre connaissance du programme de visites de l’IHES.

Quel est l’impact de votre séjour à l’IHES sur votre travail ?

Pour comprendre l’importance des séjours à l’étranger pour un chercheur africain il faut d’abord savoir que les universités au Gabon sont extrêmement sous-équipées. Il n’y a souvent même pas de bibliothèque et, quand il y en a une, les livres sont obsolètes.
Cela est vrai même si le Gabon n’est pas considéré comme un pays pauvre en développement, mais plutôt comme un pays en développement à revenu moyen : la connexion internet est très lente et, de plus, les universités ne peuvent pas payer l’accès à la plupart des journaux scientifiques en ligne. Cela est un énorme handicap pour un chercheur qui a besoin de se tenir au courant des travaux les plus récents et qui se nourrit d’idées pour pouvoir en avoir de nouvelles.
De ce point de vue la position du Gabon est même plus difficile que celle d’autres pays qui sont considérés comme pauvres en développement, qui ont accès à des programmes spécifiques, mis en place par des instituts comme l’ICTP de Trieste, ou des organismes liés à l’UNESCO. Ces institutions permettent au pays pauvres en développement un accès limité aux journaux électroniques.
De plus, au Gabon les universités n’ont pas une politique de financement des séjours à l’étranger pour les chercheurs. Des instituts comme l’IHES – ou le Max Planck Institute for Mathematics de Bonn, en Allemagne, permettent aux chercheurs de l’Afrique sub-saharienne de travailler avec des chercheurs à la pointe dans leur domaine.
L’IHES est une grande chance pour moi. J’y retrouve une atmosphère scientifique exceptionnelle. Ce qui contribue à rendre cette atmosphère si fertile sont les séminaires quotidiens, des cours de très haut niveau, le partage de ses travaux avec des scientifiques de renommée internationale. Tout cela fait ainsi qu’un mois de travail ici est équivalent à 4-6 mois de travail au Gabon. Mon séjour ici va me permettre de faire des progrès substantiels dans mes publications, dans mon travail.

Est-ce qu’il y a d’autres aspects de la vie à l’IHES qui contribuent à le rendre un endroit favorable pour un chercheur ?

À l’IHES il y a une atmosphère très paisible et calme, propice pour faire avancer ses travaux. De plus, l’IHES s’occupe aussi de mon hébergement. Il n’existe aucune institution que je connais, qui loge gratuitement les chercheurs avec leur famille. Compte tenu de la situation politique du Gabon au moment de mon séjour, le fait d’avoir ma famille à côté me permet de travailler dans de bonnes conditions et d’obtenir un progrès substantiel dans mes travaux, ce qui aurait été beaucoup plus difficile sans ma famille.
La résidence de l’Ormaille, où je suis hébergé avec ma femme et mes filles, est très confortable, spacieuse et agréable. En outre, le fait que notre appartement soit équipé de tout appareil électroménager moderne et que l’on dispose d’une connexion internet très rapide est très exceptionnel pour nous.
Je trouve aussi que la présence d’un personnel administratif efficace et dynamique comme celui de l’IHES, constitue une présence importante, permettant aux chercheurs de se concentrer sur l’avancement de leur recherche, comme ce sont eux qui s’occupent de toute pratique bureaucratique.

Est-ce que vous avez des suggestions pour améliorer le programme visiteurs de l’IHES ?

Il serait important de continuer avec le programme Afrique : en invitant des chercheurs à séjourner en France, l’IHES contribue de façon considérable à la promotion des mathématiques et de la physique théorique en Afrique.
J’aimerais pouvoir profiter de visites plus longues, cela permettrait plus de continuité dans le travail. En outre, ce serait important pour des pays scientifiquement isolés comme le Gabon et d’autres pays de l’Afrique sub-saharienne, de pouvoir accéder aux bases de données de l’IHES, en particulier de permettre l’accès aux journaux électroniques à distance. Cela faciliterait beaucoup mon travail au Gabon.

 

photo credit : ICTP

Marcel Berger vient de mourir à l’âge de 89 ans­­

Directeur de l'IHES de 1985 à 1994, Marcel Berger est décédé ce samedi 15 octobre 2016.­

Marwan Lahoud, au nom du conseil d'administration, et Emmanuel Ullmo, au nom de l'IHES, transmettent leurs sincères condoléances et le témoignage de leur sympathie à Odile, son épouse, à ses enfants et à ses proches. ­

Né le 14 avril 1927, Marcel Berger a obtenu une licence ès sciences mathématiques (1951) à l’Ecole normale supérieure et une licence ès sciences physiques (1953) à l’Université de Paris où il a également passé sa thèse en 1954. Il entre au CNRS en 1951 puis a été nommé dans différentes universités en France, Strasbourg, Nice et Paris, mais aussi à l’étranger, au Massachusetts Institute of Technology ainsi qu’à l’Université de Californie à Berkeley. En 1985, il prend la direction de l’IHES jusqu’en 1994.

Géomètre riemannien à large spectre, on doit à Marcel Berger notamment le théorème du pincement 1/4, un des points de départ de la géométrie globale. Dès sa thèse préparée sous la direction d’André Lichnerowicz, il s’est intéressé aux groupes d’holonomie des métriques riemanniennes dont il a donné la première liste en 1955. Ces travaux ont été repris ultérieurement par Jim Simons, et beaucoup d’autres car le sujet des groupes d’holonomie est devenu d’un grand intérêt en physique ­théorique dès la fin des années 1980.

Marcel Berger était notamment l’auteur de deux livres de cours de mathématiques faisant référence :
Géométrie différentielle, variétés, courbes et surfaces, co-écrit avec Bernard Gostiaux (éditions PUF) et Géométrie (éditions Cassini)

Il a été président de la Société Mathématique de France (1979-1981), membre correspondant de l’Académie des Sciences de Paris et membre de l’American Mathematical Society. Il a reçu les palmes académiques et été nommé officier de la Légion d’honneur.

Une messe sera célébrée en son nom le 8 novembre à l’église Saint-Léon (1 place du Cardinal Amette, Paris 15e), en la chapelle de la Vierge, à 10h.

Marwan Lahoud, au nom du Conseil d’administration, et Emmanuel Ullmo, au nom de l’IHES, transmettent leurs sincères condoléances et le témoignage de leur sympathie à Odile, son épouse, à ses enfants et à ses proches. ­

Claire Voisin est lauréate de la médaille d’or CNRS 2016

La mathématicienne, spécialiste de géométrie algébrique et rédactrice-en-chef des Publications Mathématiques de l’IHES, est la lauréate 2016 de la médaille d’or du CNRS, la plus haute récompense scientifique française.

La mathématicienne, spécialiste de géométrie algébrique est la lauréate 2016 de la médaille d’or du CNRS, la plus haute récompense scientifique française. Chercheuse au CNRS pendant une trentaine d’années, elle est aujourd’hui titulaire de la chaire Géométrie algébrique au Collège de France.

Entre 2007 et 2009 elle a aussi été directrice de recherche CNRS à l’IHES et elle est toujours rédactrice-en-chef des Publications Mathématiques de l’IHES.

Le prix récompense ses contributions majeures en géométrie algébrique complexe et reconna­ît l’originalité et la diversité de ses travaux, ayant permis son rayonnement à l’international.

L’IHES se réjouit de cette distinction et la félicite !

Grand succès pour les Journées Européennes du Patrimoine à l’IHES

L'IHES a exceptionnellement ouvert ses portes le 17 septembre et accueilli de nombreux visiteurs.

Dans le cadre des Journées Européennes du Patrimoine, l’IHES a ouvert ses portes au public le samedi 17 septembre 2016. Près de 300­ personnes ont exploré le site du Bois-Marie, rencontré des chercheurs d’exception, visité l’exposition créée pour l’occasion ­et découvert des archives inédites.

Laurent Lafforgue, mathématicien, professeur permanent depuis 2000 et médaille Fields 2002, a tenu une conférence sur la « Créativité en mathématiques selon Grothendieck ». Il est revenu sur l’importance de cette notion chez le grand mathématicien.

Emmanuel Ullmo, directeur de l’Institut, a accompagné les visiteurs à travers les différents lieux où les chercheurs ont discuté, conçu et échangé leurs idées depuis près de 60 ans. La visite des endroits où se déroule la vie scientifique de l’Institut a été suivie par la découverte de la sculpture « Skolem, choc de blocs & chiffres au vent », qui a permis aux visiteurs de réveiller les mathématiciens qui sommeillent en eux.

La journée s’est conclue avec une table ronde à laquelle ont participé Pierre Cartier et Alain Connes, professeur Léon Motchane depuis 1979 et médaille Fields 1982, et animée par Anne-Sandrine Paumier et Emmanuel Ullmo, dont le thème a été « Histoires et interactions à l’IHES ».

Les visiteurs ont également pu apprécier une large exposition sur le « Patrimoine scientifique de l’IHES », qui résumait les premières années de l’Institut avec présentation d’une sélection d’archives inédites.

 

logo_ladiagonaleLes documents d’archives présentés lors de l’exposition, ainsi qu’une sélection d’archives historiques de l’IHES, ont été numérisés avec le soutien de la Diagonale Paris-Saclay.