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Laure Saint-Raymond : aller à la rencontre des publics avec les mathématiques
Professeure permanente à l’IHES et à l’ENS de Lyon, membre de l’Académie des sciences, Laure Saint-Raymond développe depuis plusieurs années une activité régulière de médiation scientifique à destination de différents publics. À travers des conférences, des ateliers et des interventions dans des contextes scolaires, universitaires ou institutionnels, elle contribue à la diffusion des mathématiques bien au-delà de la communauté scientifique.
Elle souligne à ce titre que les mathématiques permettent à la fois de décrire le monde de façon précise, de structurer des explications sur des phénomènes complexes et de produire des formes de pensée partageables, avec une dimension à la fois rigoureuse et créative. Elle insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une discipline de sélection, mais d’une forme de pensée et d’expression. « Je n’aime pas l’idée que les mathématiques soient une discipline de sélection, une discipline dont les gens disent : “je n’ai jamais rien compris” », explique-t-elle. Comme elle l’a récemment rappelé à l’Institut de France dans le cadre de la série Les clés pour comprendre, les mathématiques constituent un langage qui permet à la fois de faire de la « poésie », avec une dimension de jeu, d’esthétique et de dépassement de soi, et de la « prose », en permettant de décrire le monde qui nous entoure de façon concise et précise.
À la fin du mois de mars et au début du mois d’avril, plusieurs de ses interventions illustraient ainsi la variété des publics rencontrés et des formats mobilisés.
Le 25 mars à Limoges, Laure Saint-Raymond intervenait dans le cadre d’une conférence grand public organisée à la cité scolaire Limosin, consacrée au thème du désordre, du hasard et des grands nombres. Cette présentation proposait une exploration des phénomènes probabilistes et des structures très robustes qui émergent dans les systèmes complexes.
Le même jour, elle s’adressait à un public étudiant à l’université de Limoges lors d’une conférence consacrée à la mathématicienne et physicienne Yvonne Choquet-Bruhat, figure majeure des mathématiques contemporaines, dont le nom va bientôt être inscrit sur la Tour Eiffel. Cette intervention s’inscrit dans une volonté de valoriser les parcours scientifiques et de transmettre des références historiques essentielles.
Le 26 mars, elle intervenait auprès de publics scolaires, à travers deux ateliers consacrés aux marches aléatoires destinés à des collégiens, mais aussi à travers un exposé intitulé Maths en musique, proposé à des élèves de seconde, sur les ondes acoustiques.
Le 27 mars, elle participait à Reims à un colloque organisé par l’Association Française des Acteurs de l’Éducation, consacré aux évolutions du système éducatif. Elle y présentait les travaux réalisés depuis deux ans à l’initiative de l’Académie des sciences sur les enjeux et la transformation de l’Ecole.
Elle était également marraine du festival Le Printemps des Mathématiques, organisé par l’association Maths en scène à Castanet-Tolosan du 23 au 28 mars. Cet événement, qui célébrait son dixième anniversaire, rassemblait chercheurs, enseignants et élèves autour de conférences et d’ateliers dédiés à la diffusion des mathématiques.
Les 1er et 2 avril, elle donnait également à Orsay deux conférences intitulées Maths & Musique : l’équation parfaite !, réunissant des publics scolaires. Le 1er avril, plus de 500 collégiens ont été accueillis à l’amphithéâtre Michelin de CentraleSupélec. Le lendemain, environ 250 lycéens assistaient à une seconde séance dans l’amphithéâtre Cartan de l’Université Paris-Saclay. Ces deux rencontres, animées par Hervé Dole, associaient témoignages de parcours scientifique, exposés mathématiques, échanges avec les élèves et intermèdes musicaux assurés par des élèves du Conservatoire à rayonnement départemental d’Orsay.
Au-delà de la diversité des formats et des lieux, cette activité de médiation repose sur une attention constante portée à l’adaptation des contenus aux publics rencontrés. Les thèmes abordés (marches aléatoires, histoire des mathématiques, musique ou encore système éducatif) sont choisis en fonction des contextes, de l’actualité ou des échanges locaux.
Pour Laure Saint-Raymond, les mathématiques permettent de raconter de nombreuses histoires, parfois amusantes, parfois éclairantes sur des phénomènes complexes de la physique ou de la biologie. Elle souligne que ces histoires ont une particularité : elles font consensus, indépendamment du fait qu’on les aime ou non.
En multipliant ces interventions, Laure Saint-Raymond défend une conception des mathématiques comme pratique vivante, circulant entre les institutions académiques, les établissements scolaires et les espaces publics. Une manière de rappeler que la recherche ne se limite pas à la production de résultats, mais s’inscrit aussi dans un dialogue continu avec la société.
Crédit photos : Christophe Peus / IHES


