Entretien avec Alexander Goncharov

Professeur en mathématiques à l’université de Yale depuis 2010, Alexander Goncharov est le premier titulaire de la chaire Gretchen et Barry Mazur. Il s’intéresse à différents domaines des mathématiques et de la physique mathématique, comme la théorie des motifs, la théorie de Hodge, la théorie des représentations, la théorie de Teichmüller supérieure et sa quantification.

Professeur en mathématiques à l’université de Yale depuis 2010, Alexander Goncharov est le premier titulaire de la chaire Gretchen et Barry Mazur. Il s’intéresse à différents domaines des mathématiques et de la physique mathématique, comme la théorie des motifs, la théorie de Hodge, la théorie des représentations, la théorie de Teichmüller supérieure et sa quantification.

Quelle est l’origine de votre intérêt pour les mathématiques ?

Enfant, j’étais fasciné par l’astronomie et la physique nucléaire. à l’époque, même dans ma petite ville d’Ukraine, on pouvait trouver de bons livres de vulgarisation scientifique sur ces sujets. Par exemple, je me souviens du livre Entertaining Nuclear Physics de Mukhin, qui fournissait des explications sérieuses, mais de façon ludique. Je l’ai lu plusieurs fois, comme je l’avais fait avec les Les Trois mousquetaires.
Plus tard, mes centres d’intérêts ont évolué vers les mathématiques : j’aimais résoudre des problèmes et lire le magazine Kvant (un magazine de vulgarisation scientifique).
En 1976, j’ai été admis à l’université de Moscou. Le premier lundi de septembre, j’ai assisté au séminaire d’Israel Gelfand, qui est devenu l’endroit où j’ai grandi mathématiquement. J’ai beaucoup appris de D. Fuchs, J. Bernstein, S. Gindikin, Y. Manin et A. Beilinson. Moscou était une ville fantastique pour l’apprentissage des mathématiques. Mais, pour un jeune mathématicien, il n’était pas facile de survivre à l’inévitable collision avec l’administration. I. Gelfand et S. Gindikin m’ont aidé là-dessus.

Quels sont vos intérêts de recherche ?

En mathématiques, j’aime être à la croisée de différents domaines. Depuis le milieu des années 80, j’étudie les intégrales issues de la géométrie algébrique, en utilisant des méthodes, souvent conjecturales, de la géométrie arithmétique. Cela permet de faire des prédictions sur les intégrales sans les calculer – ce que j’appelle « analyse arithmétique. » L’étude de ces intégrales est une vieille entreprise qui a motivé, de manière significative, le développement de la géométrie algébrique. Des idées entièrement nouvelles ont conduit à l’idée de Grothendieck des motifs et, plus important encore, aux conjectures de Beilinson sur les motifs mixtes. En utilisant ces idées comme principes directeurs, on peut prédire les valeurs des intégrales en effectuant des calculs algébriques simples, ce qui est au cœur même de ce que je fais : j’utilise les intégrales pour mieux comprendre la théorie des motifs, et j’applique la philosophie des motifs à l’étude des intégrales.

Comment votre relation avec l’Institut a-t-elle évolué au fil des ans ?

Je suis venu à l’IHES pour la première fois en 1990, juste après l’ouverture des frontières de l’URSS. Depuis, ma principale motivation pour y revenir est M. Kontsevich – nous nous sommes rencontrés il y a presque 40 ans, et nous discutons de mathématiques depuis.
Mais à l’IHES, on a aussi l’occasion de faire beaucoup de rencontres, ce qui rend la vie agréablement imprévisible. Par exemple, en 1996, j’ai rencontré D. Kreimer, et j’ai découvert les étonnants calculs que lui et D. Broadhurst faisaient en théorie quantique des champs. J’ai suggéré que l’on devrait appliquer les techniques d’analyse arithmétique dans les calculs perturbatifs des intégrales de Feynman. En particulier, il fallait adapter les fonctions de corrélation à leurs avatars motiviques – les fonctions de corrélation motiviques – qui se trouvent dans l’algèbre de Galois Hopf motivique. Cela a donné lieu à de nouvelles perspectives et soulevé de nouvelles questions.
Depuis janvier 2019, je suis le premier titulaire de la chaire Gretchen et Barry Mazur à l’Institut, et c’est un grand honneur pour moi.

Qu’est-ce qui vous passionne le plus dans ce que vous faites ?

Cela me plaît beaucoup quand je pressens un mystère mathématique. Par exemple, les symétries motiviques n’apparaissent qu’a posteriori. Pourtant, dans la réalisation réelle de Hodge, on peut les rendre visibles en écrivant une seule intégrale de Feynman. Il semble donc que les idées mathématiques, qui sous-tendent le paradigme de la théorie quantique des champs, joueront un rôle essentiel dans notre description du monde des motifs.

Publication du rapport d’activités 2018

La stratégie de l'IHES se focalise à la fois sur l’humain, le lieu, et la pérennité, et ces trois axes trouvent leur déclinaison dans des projets qui sont détaillés dans ce rapport annuel.

Rapport Annuel 2018

Message du président

Que puis-je faire pour l’IHES ? C’est la question que je me pose depuis que Jean-Pierre Bourguignon, alors directeur de l’IHES, m’a présenté son projet : créer des fonds propres, sur le modèle des plus prestigieuses universités américaines, afin de garantir l’indépendance de l’Institut. En 2005, avec Philippe Camus, nous avions pu convaincre Airbus, EADS à l’époque, de soutenir la première campagne de l’IHES. Quelques années plus tard, en 2008, j’ai rejoint le conseil d’administration de l’Institut, et accompagné la deuxième campagne de levée de fonds. En 2014, j’ai accepté de présider le CA, en me fixant comme objectif de poursuivre cette conquête de l’indépendance.

Ensemble, avec Emmanuel Ullmo, mais aussi les professeurs permanents et les administrateurs, nous avons souhaité engager l’Institut dans une troisième campagne de levée de fonds, lancée officiellement cette année alors que l’IHES célébrait son soixantième anniversaire. Son nom, « IHES, à l’avant-garde de la science » donne le ton et l’objectif de cette campagne est effectivement ambitieux : réunir 50 M€, dont 30 de sources privées. Notre stratégie se focalise à la fois sur l’humain, le lieu, et la pérennité, et ces trois axes trouvent leur déclinaison dans des projets qui sont détaillés dans ce rapport annuel.

Investir dans l’IHES, c’est soutenir les plus grands mathématiciens et physiciens en leur donnant les moyens de poursuivre leurs recherches en totale liberté, c’est réunir les conditions pour qu’émergent de nouvelles connaissances. J’en suis persuadé, c’est en soutenant une recherche fondamentale de très haut niveau que nous développerons les potentiels de la recherche appliquée et des transformations technologiques.

Aujourd’hui, j’ai trouvé ce que je souhaitais faire pour l’Institut, et dans le cadre de la troisième campagne de levée de fonds, « IHES, à l’avant-garde de la science », mon épouse et moi avons décidé de faire un don aux fonds propres de l’IHES. Nous sommes convaincus que la mission de l’IHES doit s’inscrire dans la durée, et nous sommes fiers que nos noms soient désormais associés à l’excellence de l’Institut.

Je tiens à remercier tous ceux qui ont déjà accordé leur soutien à l’IHES dans le cadre de la campagne et vous invite à rejoindre l’avant-garde de la science. Vous aussi, individu, entreprise, fondation ou institution, vous pouvez aider l’IHES à réussir cette nouvelle étape.

 

Marwan Lahoud
Président de l’IHES

Théorie des jeux : la science de la stratégie – le prochain gala de Friends of IHES

L'édition 2019 du gala de Friends of IHES aura lieu le 5 novembre au Harvard Club, à New York. Le thème de cette édition sera la théorie des jeux : la science de la stratégie.

Le gala de Friends of IHES 2019 aura lieu le 5 novembre au Harvard Club de New York City et la soirée s’annonce mémorable !

Le thème de cette édition, intitulée « Game Theory: The Science of Strategy », sera la théorie des jeux. Basée sur les mathématiques, la théorie des jeux nous aide à comprendre le raisonnement stratégique en jeu dans la compétition, et nous donne les outils et le langage pour analyser différentes voies et examiner des solutions multiples.

Le conférencier invité Constantinos Daskalakis, professeur au MIT et lauréat du Prix Rolf Nevanlinna 2018, entre autres prix, guidera les présents à travers les subtilités de ce sujet.

Sylvia Nasar animera la soirée. Elle est l’auteure de A Beautiful Mind, la biographie désormais classique du mathématicien et lauréat du prix Nobel John Nash, qui a inspiré le film primé par l’Académie et devenu un best-seller mondial. En outre, elle a été correspondante économique au New York Times et est professeure émérite John S. et James L. Knight à la Graduate School of Journalism de la Columbia University.

2019 marque le 20ème anniversaire de Friends of IHES, et ce gala sera l’occasion de célébrer ce jalon ensemble. Game Theory: the Science of Strategy promet d’être une soirée exceptionnelle, de divertissement et d’apprentissage.

L’IHES et Friends of IHES remercient vivement les sponsors du gala, pour leur généreux soutien à la mission de l’Institut. En particulier, le sponsor principal BNP Paribas et les présidents de gala Florence & David Faucon et Barbara Amonson & Vincent Della Pietra.

Réservez votre place dès aujourd’hui.

Retrouvez la vidéo de la conférence: « Le photon, onde ou particule ? » par Alain Aspect

Dans cette conférence, le Prof. Alain Aspect (Institut d'Optique) a abordé la complexe dualité onde-particule de la lumière, qui est au cœur même de la physique quantique.

Le 23 mai Alain ASPECT (Institut d’Optique et Ecole Polytechnique) a donné une conférence intitulée :

« Le photon onde ou particule? L’étrangeté quantique mise en lumière »,

dans laquelle il a abordé la complexe dualité onde-particule de la lumière, qui est au cœur même de la physique quantique.

 

La conférence a été suivie d’un moment musical par Bella Schütz (piano)  qui a interpreté des oeuvres de J.S. Bach, F. Mendelssohn-Bartholdy, M. Ravel, A. Scriabin et L. van Beethoven.

Contact : Ingrid Peeters (01 60 92 66 64)

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Appel à projets pour l’École d’Été 2022

Lancement de l'appel à projets pour l'édition 2022 de l'École d'Été IHES.

Chaque année au printemps et pour une sélection en juin, l’IHES lance un appel à projets pour les futures écoles organisées sur des périodes de 2 semaines. Elles peuvent porter sur toutes les disciplines des mathématiques et de la physique théorique.

Les Écoles d’Été, qui se déroulent tous les ans en juillet, sont destinées à offrir à une centaine de doctorants, post-doctorants et jeunes chercheurs un aperçu des derniers développements sur des sujets porteurs en mathématiques et physique théorique.

Les projets pour l’école d’été 2022 seront examinés en juin 2019 par le conseil scientifique de l’IHES. Date limite de soumission des dossiers : début juin 2019

Pour en savoir plus sur cet appel à projets et pour soumettre vos propositions, visitez la page dédiée.

Création de la chaire Alexzandria Figueroa et Robert Penner à l’Institut des Hautes Etudes Scientifiques

La Chaire Alexzandria Figueroa et Robert Penner a été créée grâce à un généreux don de Robert Penner, qui a voulu rendre hommage à sa compagne décédée en janvier 2018.

Communiqué de presse – 1er février 2019

La Chaire Alexzandria Figueroa et Robert Penner a été créée grâce à un généreux don de Robert Penner à Friends of IHES, la branche américaine de collecte de fonds de l’Institut.

Mathématicien très proche de l’IHES, où il est chercheur invité depuis plus de 25 ans, Robert Penner a voulu rendre hommage à sa compagne décédée en janvier 2018. « Je crois beaucoup à la vision de la recherche que défend l’IHES et je suis ravi d’y associer nos deux noms », a précisé Robert Penner. « Même si Lexy n’a été que brièvement à l’Institut, elle a été marquée par l’esprit du lieu et elle serait heureuse de cette reconnaissance. »

Le don permettra de doter une chaire triennale en mathématiques qui financera des séjours de recherche d’éminents scientifiques. Les chaires triennales sont un programme spécifique de l’activité d’invitation de chercheurs : les titulaires de chaire sont nommés par le conseil scientifique et viennent à l’IHES pour des durées d’au moins trois mois chaque année pendant trois années consécutives, bénéficiant de conditions exceptionnelles de recherche et d’accueil de l’Institut.

« Nous sommes très reconnaissants à Bob pour son généreux don. Il permet à l’IHES de remplir sa mission d’offrir à des scientifiques de haut vol un endroit où leurs recherches peuvent s’épanouir », a déclaré Michael R. Douglas, président de Friends of IHES.

« Ce don contribue significativement à notre campagne de levée de fonds, et je remercie Bob pour son soutien », a ajouté Emmanuel Ullmo, Directeur de l’IHES. « Qu’un mathématicien appuie notre campagne revêt une importance particulière et nous encourage à poursuivre nos efforts pour défendre une recherche sans contrainte. »

Le premier titulaire de la chaire Alexzandria Figueroa et Robert Penner sera le professeur Joseph Ayoub de l’Université de Zurich. Spécialiste de géométrie algébrique, un domaine qui a une longue tradition à l’IHES, Ayoub est connu pour ses travaux sur les « motifs », un concept mathématique découvert par Grothendieck à l’IHES au début des années 60. À l’IHES, Ayoub bénéficiera de tous les aspects de la vie communautaire et académique, et contribuera au dynamisme scientifique de l’Institut.

Jean-Marc Fontaine est décédé à l’âge de 74 ans

Sa contribution au développement de la géométrie arithmétique et plus particulièrement à la compréhension des représentations galoisiennes est inestimable. L’IHES présente ses plus sincères condoléances à sa famille.

Le mathématicien Jean-Marc Fontaine est décédé le 29 janvier 2019, à l’âge de 74 ans.

Sa contribution au développement de la géométrie arithmétique et plus particulièrement à la compréhension des représentations galoisiennes est inestimable. Elle avait fait de lui l’une des personnes dont l’influence internationale a été, dans ce domaine, la plus considérable.

Jean-Marc Fontaine était professeur émérite à l’université Paris-Sud, après y avoir été professeur de 1988 à 2009. Il était membre de l’Académie des Sciences depuis 2002 (correspondant depuis 1986), de l’Academia Europaea depuis 2014, et fut membre senior de l’Institut Universitaire de France de 1994 à 2004. Il a été invité deux fois au Congrès International (à Varsovie en 1983 et à Pékin en 2002) et a reçu le prix Carrière de l’Académie des Sciences en 1984 et le prix Gay-Lussac Humboldt de la fondation Alexander von Humboldt en 2002.

Jean-Marc Fontaine a eu, tout au long de sa carrière, un fort lien avec l’IHES. Son séminaire Périodes p-adiques (Séminaire de Bures, 1988), qui a eu lieu à l’IHES et a été publié dans le volume 223 d’Astérisque, est l’une des références incontournables pour la théorie de Hodge p-adique.

Sa vision profonde des mathématiques a inspiré ses nombreux étudiants et collaborateurs. L’IHES s’associe aux hommages rendus par ses collègues et collaborateurs à l’Institut et à l’université Paris-Sud dans leur faire part de décès, et présente ses plus sincères condoléances à sa famille.

Prochaine Conférence Grand Public des Amis de l’IHES le 4 avril 2019

Conférence organisée par les Amis de l'IHES à l'Institut

Une nouvelle conférence organisée par les Amis de l’IHES aura lieu le jeudi 4 avril 2019 à 17h dans le Centre de Conférences Marilyn et James Simons.

Antoine TRILLER  (IBENS, ENS Ulm) donnera une conférence intitulée :

« Communication entre neurones : instabilité moléculaire
et mémoire, du normal au pathologique ».

Les neurones communiquant entre eux forment des réseaux qui sont à
l’origine des propriétés du système nerveux. Les neurones communiquent
entre eux au niveau de jonctions appelées « synapses ». Les composants
moléculaires des synapses sont instables et bougent tout le temps par des
processus de diffusion, ce qui est à l’origine d’un paradoxe que nous
aborderons : comment assurer une mémoire stable quand toutes les
molécules bougent ? Nous évoquerons ensuite les conséquences des
altérations de ces mouvements dans des pathologies neurodégénératives,
comme la maladie d’Alzheimer ou de Parkinson.

La  conférence sera suivie d’un moment musical par Guillaume Lachaussée (piano) et Caroline Apra (chant) qui interpréteront des oeuvres de F. Schubert, R. Schumann, G. Fauré, et F. Poulenc.

Contact : Ingrid Peeters (01 60 92 66 64)

Entrée libre sur inscription : amisihes@ihes.fr

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Jean Bourgain est décédé à l’âge de 64 ans

Jean Bourgain, Professeur IBM von Neumann à l’Institute for Advanced Study, est décédé le 22 décembre 2018. Il avait été professeur permanent à l'IHES de 1985 à 1994.

Jean Bourgain, Professeur IBM von Neumann à l’Institute for Advanced Study, est décédé le 22 décembre dernier.

Né en 1954 à Ostende, en Belgique, il a obtenu sa thèse en 1977 et son habilitation en 1979 de l’université libre de Bruxelles, où il a été professeur de 1981 à 1985. En cette même année il est devenu professeur permanent à l’IHES, où il est resté de 1985 à 1994, avant de prendre son poste de professeur à l’Institute for Advanced Study à Princeton.

Ses travaux couvrent une gamme de sujets large et variée, en particulier l’analyse et ses applications à d’autres domaines des mathématiques. Il est parvenu à obtenir d’importants résultats et à répondre à des questions de longue date en particulier sur les propriétés des séries et de la transformation de Fourier, l’existence de la mesure de Gibbs sur le tore pour les équations aux dérivées partielles, l’existence globale dans le temps pour l’équation de Schroedinger critique, la localisation de Anderson et l’existence des solutions quasi-periodiques.

Tout au long de sa carrière ses accomplissements ont été reconnus par de nombreux prix et distinctions témoignant de son exceptionnelle capacité à se plonger en profondeur dans une grande diversité de problèmes. Notamment, en 1994 il a obtenu la Médaille Fields « pour ses contributions à la géométrie des espaces de Banach, à la convexité dans les espaces de grande dimension, à l’analyse harmonique, la théorie ergodique et la théorie des équations différentielles non-linéaires ». Il a aussi reçu le prix Salem (1983), le prix Damry-Deleeuw-Bourlart (1985), le prix Langevin (1985) et le prix Élie Cartan (1990) de l’Académie des Sciences, le prix Ostrowski (1991), le prix Shaw (2010) et le prix Crafoord (2012, avec Terence Tao).

Plus récemment, en 2017, il a reçu le prix Breakthrough en mathématiques et le prix Steel de la Société mathématique américaine en 2018 avec la motivation suivante « Jean Bourgain est un géant dans le champ de l’analyse mathématique, qu’il a appliquée largement et avec d’excellents résultats. En plusieurs occasions, ses travaux ont jeté les bases de domaines de recherche complètement nouveaux et dans d’autres occasions il a conçu des outils et des techniques mathématiques inédits ».

Sa dernière visite à l’IHES remonte à 2014, quand il a contribué à l’école d’été sur la théorie analytique des nombres.

L’IHES transmet ses sincères condoléances à sa famille et ses proches.

Lancement de la 3e campagne de levée de fonds

Le 16 novembre 2018 Emmanuel Ullmo a lancé la troisième campagne de levée de fonds, « l’IHES, à l’avant-garde de la science » lors d’une cérémonie présidée par la ministre Frédérique Vidal à l’occasion du 60e anniversaire de l’IHES.

La troisième campagne de levée de fonds, « l’IHES, à l’avant-garde de la science » a été lancée le 16 novembre 2018 par Emmanuel Ullmo lors d’une cérémonie présidée par la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Frédérique Vidal à l’occasion du 60e anniversaire de l’IHES. Cet ambitieux projet de développement s’articule autour de trois axes « People, Place, Perpetuity », (l’humain, le lieu, la pérennité).

« People » d’abord, car, comme l’a rappelé le directeur, l’humain est au centre du projet de l’IHES. S’agissant des professeurs permanents, l’objectif est de passer de 5 à 7 postes, un niveau jamais atteint depuis les années 70. La création de postes junior, afin d’offrir à de très jeunes talents un environnement de travail optimal est également un des projets phares de cette campagne. Le développement des offres de post-doctorats reste par ailleurs une priorité de la politique scientifique. Enfin, l’IHES souhaite continuer d’offrir aux professeurs associés et aux professeurs invités des conditions de recherche optimales.

« Place » car l’IHES doit maintenir la qualité de son accueil. Il est ainsi absolument nécessaire d’augmenter les espaces de travail pour répondre à l’intensification de la vie scientifique. L’entretien et le développement de la résidence de l’Ormaille, un atout absolument nécessaire pour continuer de loger des chercheurs du monde entier, est tout aussi crucial.

« Perpetuity » enfin car le renforcement des fonds propres afin de rapprocher l’IHES de l’indépendance et d’inscrire ainsi un peu plus sa mission dans le futur, doit rester une priorité.

Pour réussir le projet « l’IHES, à l’avant-garde de la science », l’Institut doit réunir 50 M€ : 30 M€ auprès du secteur privé, 20 M€ auprès d’institutions (hors ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation). La phase silencieuse de la campagne démarrée en mai 2015 a permis de réunir près de la moitié de l’objectif, et notamment plus de 14 M€ de dons de la part d’entreprises, de particuliers et de fondations. Dans son discours Frédérique Vidal a insisté sur le succès remarquable de l’Institut à fédérer des philanthropes autour de son projet depuis 20 ans. « Si l’IHES a convaincu les acteurs socio-économiques de croire et d’investir en elle, c’est d’abord parce que la passion des mathématiques ne touche pas que les savants. Les mathématiques ont cette « étrange beauté » dont parle David Ruelle, qui fascine, qui séduit. » a-t-elle rappelé.

Le lancement officiel de la troisième campagne, « l’IHES, à l’avant-garde de la science », s’est terminé par l’inauguration d’un nouveau bâtiment scientifique doté de douze bureaux et d’espaces de travail collaboratif. L’Institut a choisi de nommer le nouveau bâtiment « Alix et Marwan Lahoud » pour marquer le lien profond entre l’IHES et son président, et pour remercier les Lahoud de leur extraordinaire générosité. « Avec leur don, Alix et Marwan Lahoud sont devenus les premiers mécènes particuliers en France. Je suis convaincu que leur engagement inspirera la communauté de nos donateurs » souligne Philippe Camus, co-président de la campagne de levée de fonds aux côtés de Jean-Laurent Bonnafé.

Célébration officielle des 60 ans de l’IHES

Présidée par la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Frédérique Vidal, la cérémonie a eu lieu en présence de nombreux officiels, scientifiques et mécènes, venus témoigner de leur attachement à l’Institut.

Le 16 novembre, l’IHES organisait le dernier événement des célébrations de son 60e anniversaire. Présidée par la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Frédérique Vidal, la cérémonie a eu lieu en présence de nombreux officiels, scientifiques et mécènes, venus témoigner de leur attachement à l’Institut.

Dans son discours, Emmanuel Ullmo a rendu hommage à l’esprit visionnaire du fondateur, Léon Motchane, et à l’action de ses prédécesseurs, Nicolaas Kuiper, Marcel Berger et Jean-Pierre Bourguignon. Le directeur a présenté son projet pour l’IHES et lancé officiellement la 3e campagne de levée de fonds de l’Institut. En direct de sa Fondation new-yorkaise, Jim Simons, administrateur de l’IHES, a renouvelé sa confiance et son soutien au développement scientifique de l’Institut. Marwan Lahoud, président du conseil d’administration de l’IHES, a ensuite remercié les partenaires de l’Institut et témoigné de sa fierté de contribuer à la nouvelle campagne avec son épouse. Enfin, la ministre a salué l’excellence de l’IHES, en mettant l’accent sur sa capacité à prendre des risques : « L’IHES ne recrute pas de médailles Fields, a-t-elle rappelé, il les fait éclore ».

Frédérique Vidal a ensuite inauguré le bâtiment Alix et Marwan Lahoud. Lancée courant 2018, la construction d’une annexe au bâtiment scientifique était devenue nécessaire afin d’accompagner l’augmentation de l’activité, et accueillir en particulier les post-doctorants. L’Institut a choisi de nommer le nouveau bâtiment « Alix et Marwan Lahoud » pour marquer le lien profond entre l’IHES et son président et pour remercier les Lahoud de leur extraordinaire générosité. La visite de ce nouveau lieu de recherche a permis de dévoiler la statue de Grothendieck réalisée par l’artiste Nina Douglas et offerte par les Simons à l’IHES.

William R. Hearst III finance une chaire triennale en mathématiques

Ancien élève en mathématiques, William R. Hearst III soutient l'IHES depuis le début des années 2000. Ce nouveau don permettra de doter la première chaire réservée à un professeur en mathématiques.

Communiqué de presse – 7 novembre 2018

Ancien élève en mathématiques, William R. Hearst III soutient l’IHES depuis le début des années 2000. Ce nouveau don permettra de doter la première chaire réservée à un professeur en mathématiques.

William R. Hearst a choisi de donner à la chaire le nom de « Gretchen et Barry Mazur » en témoignage de son amitié pour le couple et de son admiration pour son ancien professeur. Depuis la création de l’IHES, Barry Mazur a effectué de nombreux séjours de recherche souvent accompagné par sa femme Gretchen. Les Mazur ont dit qu’ils étaient très honorés par cet hommage qui renforce un lien déjà très fort avec l’Institut. « Dès mon premier jour à l’IHES j’ai été extrêmement heureux d’être là : quand j’ai reçu l’invitation pour venir à l’IHES en tant que professeur invité, je m’attendais à venir à un endroit où je ferais tranquillement quelques mathématiques, je n’avais pas prévu d’y trouver une communauté à ce point innovante, intime, motivée, intense et généreuse » – a précisé Barry Mazur.

« Barry Mazur a contribué de manière très importante à la géométrie algébrique, qui a une longue tradition à l’Institut, enracinée dans les travaux de Grothendieck » explique Emmanuel Ullmo, directeur de l’IHES. « Les idées de Mazur ont drastiquement changé le sujet. Il a expliqué comment appliquer la géométrie algébrique de Grothendieck à la résolution de questions d’arithmétique. Cela a été le point de départ de ce que nous appelons maintenant « géométrie arithmétique », un sujet qui a eu beaucoup de succès, notamment les travaux de Wiles sur le dernier théorème de Fermat et le travail de Faltings sur la conjecture de Mordell. Je suis donc ravi, en tant que mathématicien et directeur de l’IHES, du choix du nom de la chaire ! ».

Le don de 500 000 $ sera combiné avec le Fonds Hearst déjà existent à l’IHES pour créer la chaire « Gretchen et Barry Mazur ». Les professeurs de mathématiques bénéficieront de tous les aspects de la vie scientifique et communautaire qui font la réputation de l’Institut. Les titulaires de la chaire auront en plus la possibilité de rester à l’IHES pour des périodes longues. En retour, leur présence stimulera le travail et les activités de tous les chercheurs.

« La création d’une chaire triennale permettra à l’IHES d’attirer les mathématiciens les plus éminents et les plus prometteurs », a rappelé Marwan Lahoud, Président de l’IHES. « Nous sommes très reconnaissants à William R. Hearst III pour son soutien généreux. Au moment où l’IHES célèbre son 60ème anniversaire et se prépare à lancer sa troisième campagne de collecte de fonds, c’est une étape très significative ».

Le 5 juillet 2019, l’IHES a organisé une « Journée Gretchen et Barry Mazur » pour inaugurer la Chaire. Retrouvez tous les exposés de la journée.

Retrouvez ici un article de Barry Mazur dédié à la conférence « Arithmetic and Algebraic Geometry » en l’honneur d’Ofer Gabber qui s’est tenue à l’IHES du 11 au 15 juin 2018.

Sur la chaîne YouTube de l’IHES, retrouvez les vidéos de la conférence « Mathématics is a long conversation », en l’honneur de Barry Mazur, organisée à l’université de Harvard en juin 2018.