Savant Mélange : la soirée de la recherche scientifique

Dans le cadre des célébrations pour son 60e anniversaire, l’IHES a organisé un événement gratuit et ouvert à tous, une occasion pour de grands scientifiques et passionnés des sciences de partager avec un public large leur enthousiasme pour la recherche.

« Savant Mélange : la soirée de la recherche scientifique » s’est tenue le 16 octobre au Grand amphithéâtre de la Sorbonne.

Dans le cadre des célébrations pour son 60e anniversaire, l’IHES a organisé un événement gratuit et ouvert à tous, une occasion pour de grands scientifiques et passionnés des sciences de partager avec un public large leur enthousiasme pour la recherche.

Près de 800 personnes étaient présentes à la soirée animée par Mathieu Vidard, décrypteur des sciences les plus complexes, qui a réuni des personnalités aussi passionnées et visionnaires que Cédric Villani, mathématicien et député, Thibault Damour, physicien spécialiste des ondes gravitationnelles, Claire Voisin, mathématicienne et professeure au Collège de France ou Bruce Benamran, vidéaste et vulgarisateur scientifique. A travers une série d’interventions courtes et variées, ou d’entretiens croisés, ils ont partagé leurs découvertes, leurs parcours et leur passion pour la recherche scientifique.

Tout au long de la soirée, le public a pu proposer des questions sur les réseaux sociaux, que Mathieu Vidard a posées en direct aux intervenants. C’est ainsi que Cédric Villani a eu l’opportunité de répondre à la question « Est-ce qu’on peut être autodidactes en mathématiques ? » et que Claire Voisin a pu donner son conseil aux jeunes scientifiques de « commencer très large et très ambitieux » et nous expliquer ce qui l’a amenée à choisir la géométrie algébrique comme sujet de recherche.

En remarquant la présence de jeunes dans le public, Emmanuel Ullmo, directeur de l’IHES, a commenté « autant d’élèves prêts à se déplacer pour nous écouter parler de science, c’est encourageant ! ». En effet, près de 300 élèves des académies de Versailles, Paris, Orléans étaient présents, ainsi qu’un groupe de lycéens adhérents de l’association « Science Ouverte ».

La soirée a été diffusée en directe et elle est maintenant disponible dans son intégralité sur notre chaîne Youtube, mais vous pourrez aussi visualiser les interventions séparément.

Retrouvez tous les meilleurs tweets de la soirée Savant Mélange.

L’IHES remercie très sincèrement BNP Paribas, l’UNESCO et la Mairie de Paris, qui ont rendu possible cet événement.

 


Partenaires

Prochaine conférence grand public des Amis de l’IHES le 22 novembre

Laure Saint-Raymond expliquera, à partir d’un modèle mathématique simple, pourquoi le désordre augmente.

Une nouvelle conférence organisée par les Amis de l’IHES aura lieu le jeudi 22 novembre 2018 à 17h dans le Centre de Conférences Marilyn et James Simons.

Laure Saint-Raymond (ENS Lyon) donnera une conférence intitulée :

« Le désordre est presque sûr ».

A partir d’un modèle mathématique simple, on expliquera pourquoi le désordre augmente.
On montrera ainsi que le Second Principe de la thermodynamique est une conséquence de la loi des grands nombres.

L’exposé sera suivi par un moment musical. Chenyi Cao interprétera au piano des pièces de J.S. Bach, F. Schubert, et S. Rachmaninov.

Contact : Ingrid Peeters (01 60 92 66 64)

Entrée libre sur inscription : amisihes@ihes.fr

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Soutien de Crédit Agricole d’Ile-de-France Mécénat

Grâce à la générosité de Crédit Agricole d’Ile-de-France Mécénat, l’IHES a pu poursuivre et intensifier le programme de numérisation de ses archives.

Depuis 2007, l’Institut mène une ambitieuse campagne de numérisation de ses archives, un patrimoine scientifique et historique qu’il est important de préserver et mettre à disposition du public.

Grâce à la générosité de Crédit Agricole d’Ile-de-France Mécénat, l’IHES a pu accueillir un jeune archiviste et historien pour poursuivre et intensifier ce programme. Pendant les quelques mois qu’il a passé à l’Institut, il a pu découvrir des documents extraordinaires, montrant les liens de l’Institut avec certains des personnages qui ont marqué l’histoire des sciences.

Le 4 avril dernier, F. Imbault, président du Crédit Agricole d’Ile-de-France, s’est rendu à l’IHES accompagné d’une délégation. Cette visite a permis de réaliser l’impact du soutien en rencontrant les équipes et découvrant les archives. Elle s’est terminée par une cérémonie conviviale pour célébrer la signature officielle du partenariat.

Les Médailles Fields ont été annoncées à l’ICM2018

Félicitations à Caucher Birkar, Alessio Figalli, Peter Scholze et Akshay Venkatesh pour avoir reçu la Médaille Fields, et à Masaki Kashiwara, qui a reçu la Médaille Chern et le Prix Kyoto.

L’Union Internationale des Mathématiciens (IMU) a annoncé le 1er août au Congrès International des Mathématiciens de Rio de Janeiro que les médailles Fields 2018 ont été attribuées à Caucher Birkar, Alessio Figalli, Peter Scholze et Akshay Venkatesh.

Chaleureuses félicitations à ce groupe de jeunes mathématiciens pour avoir reçu la plus haute distinction en mathématiques !

Peter Scholze et Akshay Venkatesh ont récemment donné des cours à l’IHES et nous sommes heureux et très fiers de cette réconnaissance.

Peter Scholze a eu la médaille « pour avoir transformé l’arithmétique et la géométrie algébrique sur les corps p-adiques à travers l’introduction des espaces perfectoïdes, pour avoir donné des applications aux représentations galoisienne, et pour avoir développé de nouvelles théories cohomologiques ».

En 2011 il a donné un cours sur les espaces perfectoïdes à l’IHES, dans le cadre des « Cours d’Arithmétique et de Géométrie Algébrique ».

Il est venu à l’IHES l’année dernière, pour donner une série de Leçons Hadamard intitulée « Sur les conjectures de Langlands locales pour les groupes réductifs sur les corps p-adiques ». Retrouvez les vidéos des cours.

Plus récemment, en 2018, il a été invité à la conférence « Géométrie arithmétique et algébrique » en l’honneur d’Ofer Gabber pour ses 60 ans. Son intervention « K-theorie p-adique des anneaux p-adiques » est disponible ici.

Akshay Venkatesh a obtenu la médaille Fields « pour sa synthèse de la théorie analytique des nombres, la dynamique homogène, la topologie et la théorie des représentations, qui a permis de résoudre plusieurs problèmes ouverts dans des domaines comme l’équidistribution d’objets arithmétiques ».

Akshay Venkatesh a donné une série de cours à l’école d’été de l’IHES en 2014, qui était dédiée à la théorie analytique des nombres.

La IMU a aussi annoncé que Masaki Kashiwara a obtenu la Médaille Chern. En juin dernier la Fondation Inamori a aussi annoncé qu’il a obtenu le Prix Kyoto 2018. Félicitations !

Retrouvez la série de cours que Masaki Kashiwara a donnés à l’IHES en 2015, et les vidéos de la conférence qui a été organisée en son honneur à l’IHES en 2017.

Regards croisées sur la géométrie algébrique à l’IHES

Dans une série d'entretiens inédits, trois des principaux protagonistes de la géométrie algébrique à l'IHES partagent leurs souvenirs à l’Institut ainsi que leur vision des mathématiques et de la recherche.

À l’occasion de la conférence « Géométrie arithmétique et algébrique », organisée en l’honneur d’Ofer Gabber pour ses 60 ans, nous publions ces entretiens à trois des principaux protagonistes de la géométrie algébrique à l’IHES : Ofer Gabber (IHES &CNRS), Luc Illusie (Université Paris-Sud) et Nick Katz (Princeton University).

Dans une interview particulièrement rare, menée par Luc Illusie, Ofer Gabber parle de son travail, de sa relation aux mathématiques et de son approche à la recherche.

Luc Illusie et Nick Katz partagent leurs souvenirs à l’IHES et parles des collaborations qu’ils ont pu créer avec ses professeurs et visiteurs au cours des années, à l’intersection entre géométrie algébrique et amitié.

Retrouvez tous les entretiens sur notre chaîne YouTube

Nokia Bell Labs annonce son soutien à l’Institut

Nokia Bell Labs devient grand donateur de l’IHES. Ce partenariat d’excellence dans le domaine des mathématiques permettra de favoriser les échanges entre les deux communautés scientifiques et illustre l’engagement de Nokia dans le soutien de la recherche académique et sa volonté de renforcer les passerelles entre la recherche académique et la recherche appliquée.

Communiqué de presse – 13 décembre 2017

Nokia Bell Labs devient grand donateur de l’Institut des Hautes Études Scientifiques. Ce partenariat d’excellence dans le domaine des mathématiques permettra de favoriser les échanges entre les deux communautés scientifiques et illustre l’engagement de Nokia dans le soutien de la recherche académique et sa volonté de renforcer les passerelles entre la recherche académique et la recherche appliquée.

Ce partenariat d’excellence en mathématique repose sur l’allocation d’un fonds de soutien à l’Institut. Il permettra notamment de financer la venue de visiteurs scientifiques qui viendront du monde entier apporter leur expertise aux équipes de chercheurs et professeurs de l’Institut et aux équipes de Nokia Bell Labs afin de collaborer ensemble à des travaux de recherche fondamentale.

Dédié aux mathématiques, à la physique théorique et aux sciences à l’interface de ces disciplines, l’IHES se consacre depuis 1958, à la promotion d’une recherche libre et désintéressée. Sélectionnés par le conseil scientifique de l’Institut, les chercheurs accueillis sur dans ce programme bénéficient d’un environnement de travail communautaire propice aux avancées significatives dans les domaines de la recherche fondamentale.

Nokia Bell Labs France, deuxième laboratoire de recherche avancée de Nokia Bell Labs, confirme à nouveau au travers de ce partenariat sa volonté de soutenir une recherche académique d’excellence et la nécessité de développer plus encore les échanges entre les différentes communautés scientifiques pour accélérer l’innovation.

 « La force d’innovation de Nokia Bell Labs n’a de valeur que si elle s’enrichit des écosystèmes d’innovation. Ce fonds de soutien permet d’associer Nokia à l’excellence scientifique et au rayonnement international de l’Institut  et contribue ainsi à renforcer les liens très étroits que nous avons avec la recherche académique » déclare Jean-Luc Beylat, Président de Nokia Bell Labs France.

Depuis plusieurs années, l’IHES développe ses liens avec les entreprises de hautes technologies, et ce nouveau partenariat confirme l’importance des mathématiques et de la physique théorique pour le secteur.

« Si on veut préparer l’avenir, il est crucial de poursuivre l’effort en matière de recherche fondamentale. L’Institut est un lieu ouvert sur le monde de l’entreprise et le soutien de Nokia Bell Labs illustre ce continuum entre recherche fondamentale et recherche appliquée » souligne Marwan Lahoud, Président de l’IHES.

« Nous partageons avec Nokia Bell Labs la conviction que la recherche libre est la plus fructueuse. Au moment où l’Institut porte un ambitieux projet de développement scientifique, leur don généreux renforce notre indépendance et nous permet de rester à l’avant-garde de la science » ajoute Emmanuel Ullmo, directeur de l’IHES.

A propos de Nokia Bell Labs

Nokia Bell Labs est le bras armé de renommée mondiale de la recherche au sein de Nokia. Au cours de ses 90 ans d’histoire, Bell Labs a inventé un grand nombre des technologies qui sont à la base des réseaux d’information et de communication et de tous les appareils et systèmes numériques. Cette recherche fondamentale a donné lieu à huit prix Nobel, deux prix Turing, trois prix au Japon, une pléthore de médailles nationales de la science et de l’ingénierie, ainsi qu’un Oscar, deux prix Grammy et un prix Emmy pour l’innovation technique. Nokia Bell Labs continue de mener des recherches de rupture axées sur la résolution des défis de la nouvelle ère numérique, définis par la connexion contextuelle et l’interaction de tout et de tous.

À propos de Nokia

Nous créons la technologie pour connecter le monde. Forts des capacités de recherche et d’innovation de Nokia Bell Labs, nous mettons à disposition des fournisseurs de services de communication, gouvernements, grandes entreprises et utilisateurs finaux, le portefeuille de produits, services et licences le plus complet du marché.

Du déploiement d’infrastructures pour la 5G et de l’Internet des Objets aux applications émergentes dans les domaines de la réalité virtuelle et de la santé numérique, nous façonnons l’avenir des technologies afin de transformer l’expérience humaine.

Contact presse IHES : Marie Caillat – caillat@ihes.fr / +33 1 60 92 66 67
Contact presse Nokia Bell Labs : Soizick Lamandé d’Aloia – soizick.lamande@nokia.com / +33 6 07 39 65 12

Détection d’ondes gravitationnelles résultant de deux étoiles à neutrons

L'IHES félicite l'équipe du projet LIGO / Virgo qui le 16 octobre a annoncé la première observation d'ondes gravitationnelles issues de la fusion d'un système de deux étoiles à neutrons.

Communiqué de presse – 17 octobre 2017

L’observation d’ondes gravitationnelles résultant de deux étoiles à neutrons marque le début d’une nouvelle science.

L’IHES félicite l’équipe du projet LIGO / Virgo qui le 16 octobre a annoncé la première observation d’ondes gravitationnelles issues de la fusion d’un système de deux étoiles à neutrons.
La détection a été faite conjointement le 17 août par les deux interféromètres LIGO, situés aux Etats-Unis, et par Virgo, un troisième interféromètre franco-italien qui les a rejoints le 1er août. C’était le signal d’ondes gravitationnelles le plus fort, le plus proche et le plus précisément localisé détecté jusqu’à présent et il était accompagné de signaux électromagnétiques dans toutes les longueurs d’onde. C’est la première fois qu’un tel événement se manifeste à la fois en ondes gravitationnelles et en ondes électromagnétiques, marquant ainsi le début de l’astronomie multi-signaux.

Des ondes gravitationnelles provenant d’étoiles à neutrons binaires
Quatre des cinq détections d’ondes gravitationnelles faites depuis septembre 2015 provenaient de la coalescence de trous noirs binaires. Les interféromètres LIGO et Virgo ont maintenant observé le signal gravitationnel engendré par des étoiles à neutrons binaires, pendant leur mouvement en spirale, avant d’entrer en collision. Les étoiles à neutrons sont des objets petits mais extrêmement denses, constitués essentiellement de neutrons.Le signal d’ondes gravitationnelles, d’une durée de ~ 100s, a permis de déterminer les masses, établissant ainsi la nature des deux objets en collision. Deux secondes après la fin du signal d’ondes gravitationnelles, un sursaut de rayons gamma, qui ne durait que quelques secondes, fut observé. Cette émission électromagnétique soudaine a été suivie, 11 heures plus tard, par un signal optique de type kilonova. C’est la première fois qu’une telle observation multi-signaux a été faite.

De nombreux résultats théoriques pertinents obtenus à l’IHES
L’IHES est particulièrement heureux de constater que certaines des recherches théoriques entreprises ici ont contribué à cette découverte. D’une part, le développement de la méthode Multipolar Post-Minkowskian (L. Blanchet, T. Damour, BR Iyer) a conduit à la description analytique des ondes gravitationnelles émises durant la phase de rapprochement. Ce modèle a été utilisé pour extraire les paramètres physiques à partir des données observationnelles brutes. D’autre part, la méthode Effective One Body (EOB) (A. Buonanno, T. Damour, 2000) a été étendue pour tenir compte de l’effet de la déformabilité de marée des deux étoiles à neutrons, qui devient de plus en plus important à mesure que les deux objets se rapprochent (T. Damour, A. Nagar 2009, S. Bernuzzi, A. Nagar, T. Dietrich, T. Damour, 2015). Cette extension, avec effets de marée, du modèle EOB pourrait permettre dans un futur proche d’extraire des informations quantitatives précises sur l’équation d’état de la matière nucléaire (T. Damour, A. Nagar, L. Villain, 2012).L’IHES félicite particulièrement Alessandro Nagar (Raymond And Beverly Sackler Visiting Chair à l’IHES), désormais membre de la collaboration Virgo, pour avoir été l’un des auteurs de l’article de découverte (PRL 119, 16 octobre 2017).

Entretien avec Eleonora Di Nezza

À l’occasion de l’Ada Lovelace Day, une journée internationale dédiée aux femmes travaillant dans les sciences, la technologie, l’ingénierie et les maths, célébrée le 10 octobre cette année, nous publions un entretien avec Eleonora Di Nezza.

Eleonora Di Nezza est une jeune mathématicienne, post-doc à l’IHES pour un an depuis le 1er septembre, dans le cadre du programme William Hodge financé par l’Engineering and Physical Sciences Research Council (EPSRC) du Royaume Uni.

Elle revient dans cet entretien sur son parcours mais aussi son environnement de travail à l’IHES et la place des femmes dans le milieu de la recherche fondamentale.

Vous venez d’arriver à l’IHES, quelles sont vos premières impressions ?

Je viens d’arriver et j’aime tout. Je me sens dorlotée. Les secrétaires sont très efficaces et elles nous aident en tout, à la cafétéria on mange très bien, la bibliothèque est très belle, dans mon logement il y a tout ce qu’il faut et si jamais j’ai un problème je peux appeler le responsable logistique et il arrive tout de suite. C’est le paradis !

L’IHES me donne la possibilité d’être hébergée dans la résidence de l’Institut, l’Ormaille, et cela a beaucoup simplifié mon arrivée ici, je n’ai pas dû me chercher un appartement, tout était déjà mis en place par l’Institut. Au début je craignais que Bures-sur-Yvette soit trop tranquille, mais j’apprécie beaucoup le fait d’être là. Pendant la semaine je peux profiter de la proximité de l’Institut et de la forêt et le weekend je peux aller à Paris. Le studio qui m’a été assigné a été récemment renové, il est parfaitement équipé et très joli.

Quel a été votre parcours dans la recherche jusqu’à ce moment ?

J’ai fait ma thèse en co-tutelle entre l’Università di Roma Tor Vergata et l’Université Paul Sabatier à Toulouse. Au début j’ai beaucoup voyagé entre les deux, mais pendant ma dernière année j’ai été stable à Toulouse pour pouvoir enseigner – parce que j’étais attachée temporaire d’enseignement et de recherche (ATER) à temps partiel. Après, j’ai commencé un post-doc de trois ans, de 2014 à 2017, à l’Imperial College, à Londres, dont deux grâce à une Marie Curie Fellowship de l’Union Européenne, avec une parenthèse de six mois au MSRI, à Berkeley.

Qu’est-ce que l’IHES représente pour votre carrière ?

Pour la première fois, différemment de ce qui se passait à Toulouse ou à Londres, je n’aurai pas d’enseignement et je pourrai me consacrer complètement à ma recherche. Jusqu’alors, j’ai toujours enseigné, même pendant mon post-doc à Londres, où même si je n’avais pas d’obligations à l’enseignement, je sentais que c’était une façon de donner ma contribution à la vie du département. Le cours que j’enseignais était un cours de master, très intéressant mais aussi très prenant – et cela a forcément laissé moins de temps et d’énergie pour ma recherche. J’apprécie beaucoup cette parenthèse à l’IHES, je suis contente de pouvoir finalement me dévouer complètement à mes maths !

En outre, j’ai choisi le post-doc à l’IHES pour deux raisons principalement : d’abord parce que l’IHES est un Institut très prestigieux, où travaillent des chercheurs de très haut niveau. Mais aussi parce que l’IHES est très bien positionné en France – étant aussi près de Paris, j’aurai la possibilité d’agrandir mon réseau et de plus m’intégrer dans la communauté mathématique française à laquelle je souhaite appartenir.

Quel est votre sujet de recherche ?

Je travaille sur la géométrie kählérienne, à l’intersection entre la géométrie complexe, la géométrie différentielle et l’analyse complexe. Il s’agit d’un domaine de recherche qui s’est développé grosso modo en France, autour des travaux de Sébastien Boucksom, directeur de recherche CNRS et professeur chargé de cours à l’École polytechnique, Philippe Eyssidieux, professeur à l’Université Grenoble Alpes, Vincent Guedj, professeur à l’Université Paul Sabatier de Toulouse, qui a été mon directeur de thèse, et Ahmed Zeriahi, lui aussi professeur à l’Université Paul Sabatier.

Ce sont eux quatre qui ont commencé l’étude des équations de Monge-Ampère dégénérées. Moi j’étudie ces équations sur les variétés kählériennes, qui sont un type particulier de variétés complexes.

Qu’est-ce qui vous motive à continuer à travailler sur ce sujet ?

J’aime beaucoup ce sujet, pour plusieurs raisons. Je trouve très intéressant de travailler à l’intersection de plusieurs branches des mathématiques : la géométrie différentielle, la géométrie birationnelle, à travers le ‘minimal model program’ (qui est à la base de la classification des variétés projectives), l’analyse complexe, la géométrie complexe et enfin la physique théorique.

De plus, il s’agit d’un sujet de recherche très récent : la théorie du pluripotentiel, qui a été développée par l’école française constituée par Boucksom, Eyssidieux, Guedj et Zeriahi que j’ai mentionnés avant, n’a que dix ans et donc il reste encore beaucoup de choses à comprendre et à faire !

Il est aussi vrai que le monde très fascinant des variétés kählériennes est assez compétitif et cela peut être décourageant parfois.  Mais, grâce à mes directeurs de thèse et à mes collaborateurs, j’ai pu me concentrer sur les maths plutôt que sur la compétition.

C’est aussi le fait d’avoir eu une très bonne relation humaine avec mes collaborateurs qui m’a beaucoup motivée à continuer à travailler sur ce sujet, ainsi que l’intérêt des gens que je rencontre quand je présente mon travail. Cela peut être démoralisant de travailler sur un sujet auquel personne ne s’intéresse.

Comment avez-vous choisi les maths ?

Ce sont les maths qui m’ont choisie, plutôt. Car, après avoir passé le bac, je me suis retrouvée à devoir faire mon choix après les vacances, juste avant d’entrer à la fac. J’avais été une bonne élève au lycée et je réussissais bien dans toutes les matières, mais c’étaient les matières scientifiques qui me passionnaient le plus. J’ai visité quelques départements de l’Università La Sapienza, où je savais vouloir aller, pour rencontrer des étudiants et me renseigner avant de faire mon choix. Il y avait des cours pour lesquels les inscriptions avaient déjà été fermées – et je me rends compte aujourd’hui de quelle chance j’ai eu ! Parce que ça il faut le dire, j’ai toujours eu beaucoup de chance dans la vie…

J’ai demandé à des étudiants d’ingénierie électronique s’ils faisaient des maths, et ils m’ont montré deux livres. Ça m’a beaucoup déçue car je savais que deux livres ne pouvaient pas me satisfaire, alors je suis allée au département de mathématiques. C’était un bâtiment très beau, de forme carrée, avec un court interne circulaire, et une très belle bibliothèque. J’y ai beaucoup étudié pendant les années qui ont suivi et même travaillé comme bibliothécaire le soir, heureuse de pouvoir profiter des archives de la bibliothèque, qui comprennent des œuvres de Galilée que je pouvais feuilleter, de temps en temps.

Au département de mathématiques, j’ai été accueillie les bras ouverts : ils incitaient les inscriptions, qui étaient tellement rares que la mienne ne m’a coûté presque rien. Je me suis sentie à ma place dès le début. J’avais suffisamment bien travaillé au lycée pour pouvoir comprendre les choses sans faire trop d’efforts et comme j’obtenais de bons résultats, j’ai eu envie de continuer. Pour mon projet de troisième année de licence j’ai travaillé en analyse. J’ai continué avec le master. Pour le projet final, j’ai passé un an en Allemagne pour travailler sur un projet d’analyse complexe, avant de rentrer en Italie pour mon doctorat, à l’Università di Tor Vergata, à Rome.

Peut-être les mathématiques vous ont choisie, mais après vous les avez choisies à votre tour et vous continuez de les choisir.

Oui, c’est ça, parce que je n’arrête pas de me poser la question et régulièrement je me demande si c’est vraiment ça que je veux. La vie d’un mathématicien, surtout à ce stade de sa carrière, n’est pas très simple : il est nécessaire d’être flexible et disponible pour voyager souvent, sans avoir la sécurité d’un poste permanent.

Mais je me réponds à chaque fois que oui, même si parfois c’est fatiguant, c’est cela que je veux faire. Ce travail est très satisfaisant. Ce sont les mathématiques qui m’ont permis de connaître non seulement des lieux différents, mais surtout de très belles personnes à chaque endroit où j’ai travaillé. Ils sont devenus ma famille et leur amitié m’accompagne, de près ou de loin, partout où je vais. Donc oui, j’ai choisi les maths et je continue de les choisir.

Nous avons décidé de publier cet entretien à l’occasion de l’Ada Lovelace Day, qui célèbre les femmes travaillant dans les sciences et les math. À l’IHES nous avons malheureusement peu de chercheuses : parmi les membres permanents il n’y a qu’une femme, Fanny Kassel, qui est chargée de recherche CNRS, et parmi les visiteurs, les femmes sont rares. Est-ce bien ce dont vous avez l’habitude ou est-ce que l’IHES est un cas isolé ?

L’IHES n’est malheureusement pas un cas isolé et la trop petite présence des femmes dans les départements de mathématiques est bien quelque chose à laquelle je me suis habituée. Par exemple, à l’Imperial College qui, à la différence de l’IHES, est une université et peut donc compter beaucoup plus de professeurs permanents que l’IHES, il n’y a qu’une femme qui est professeur ordinaire dans tout le département de mathématiques.

Cela est en contraste avec le fait qu’en première année à la faculté de mathématiques, du moins en Italie, là où j’ai commencé mes études, le pourcentage de femmes est à peu près le même que celui des hommes. Après, pendant les années, souvent les femmes s’arrêtent. Mais il faut faire la différence. En Italie il y a une bonne proportion de femmes dans la recherche, même au niveau des professeurs. En France il y a beaucoup de femmes aux niveau maître de conférence ou chargé de recherche CNRS, mais beaucoup moins parmi les professeurs ou les directeurs de recherche. Aux Etats-Unis il y a très peu de femmes qui ont des postes permanents et ils sont désormais en train de compenser ce manque avec des postes dédiés seulement à des femmes. Je n’ai pas de solution et je comprends que c’est une façon d’assurer une plus grande présence de femmes, mais ça m’attriste de penser qu’une attitude condescendante soit la seule voie possible.

Qu’est-ce qui est à la base de cette différence entre les hommes et les femmes selon vous ?

Je pense que c’est surtout la difficulté de concilier avec succès une famille avec une carrière. Être mathématicienne demande de faire face à des périodes de grande instabilité, pas seulement avant d’obtenir un poste permanent, mais aussi au moment d’avancer dans sa carrière, qui peut comporter un changement d’institution d’affiliation, et donc un déménagement. Dans notre société il est encore vu comme normal que quand c’est un homme qui doit se déplacer pour le travail, sa famille le suive. Il m’arrive souvent de rencontrer des hommes qui sont accompagnés par leurs femmes et leurs enfants pendant leurs séjours de recherche. C’est beaucoup plus rare de voir l’inverse, mais ça donne de l’espoir de voir des couples, où c’est l’homme qui parfois suit sa compagne pendant son séjour de recherche au MSRI plutôt qu’à l’IHES.

Il y a aussi des ‘super-femmes’ qui arrivent à tout faire, à avoir une famille et des enfants et à faire des maths de très haut niveau, elles aussi sont un exemple pour moi.

Cela me donne envie de partager un souvenir de ma première année de post-doc à Londres, quand je partageais mon bureau avec une autre post-doc italienne, Enrica Floris. Un après-midi nous discutions de la pénurie des femmes dans la recherche et nous réfléchissions au fait que moins il y a de femmes, plus celles qui sont là peuvent avoir envie de partir à leur tour. Il m’est déjà arrivé d’être la seule femme participant à une conférence et j’ai trouvé ça très inconfortable, je me demandais si j’étais vraiment à ma place, même s’il n’y avait aucune raison d’en douter.

C’est en prenant conscience de ça que pendant notre discussion, moi et Enrica, nous nous sommes dit que c’est important de rester, de résister, même si ça peut créer de l’inconfort. Si nous restons, les jeunes femmes qui vont arriver pourront compter sur notre présence. C’est important d’avoir des exemples qui montrent que c’est possible et que « we can have it all », ce n’est pas qu’un rêve. Enrica a tenu sa promesse et cette année elle a obtenu un poste de maître de conférence à Poitiers.

En conclusion, pouvez-vous nous dire quelles sont les qualités qui, selon vous, vous ont amenée ici et qui vous ont fait avancer dans votre parcours ?

D’abord, comme je dis toujours, j’ai de la chance. Mais la chance toute seule ne suffit pas, il faut aussi l’aider un peu. Je suis déterminée dans mon choix de continuer à faire des mathématiques, et j’ai beaucoup d’optimisme et d’espoir, que je je garde en concentrant mon regard sur le côté positif des choses.

C’est aussi la façon dont je me positionne dans la vie qui aide ma chance : par exemple, ici à l’IHES quand je déjeune à la cafétéria je ne reste pas dans mon coin, je me présente à tout le monde. C’est comme ça qu’il peut arriver qu’à un « Enchantée, Eleonora » puisse suivre un « Enchanté, Laurent Lafforgue » (!!)

Je mets beaucoup d’enthousiasme dans ce que je fais. C’est surtout ça que j’essaie de transmettre à chaque fois que je passe une audition pour un poste : je ne suis pas un génie, je suis plutôt comme un petit artisan qui fait ses petits calculs et qui étudie peu à peu, mais j’ai de l’enthousiasme à vendre. C’est ça qui me permets d’avancer. Peut-être est-ce exactement grâce à ça que je suis là aujourd’hui.

Thibault Damour est lauréat de la médaille d’or 2017 du CNRS

La plus haute distinction scientifique française lui est attribuée pour ses contributions décisives à la compréhension des ondes gravitationnelles.

Communiqué de presse – 27 septembre 2017

Dossier de presse

Thibault Damour est lauréat de la médaille d’or 2017 du CNRS, notamment pour ses contributions décisives à la compréhension des ondes gravitationnelles.

Né le 7 février 1951 à Lyon, Thibault Damour intègre l’École Normale Supérieure de la rue d’Ulm en 1970. Après l’obtention de sa thèse de doctorat de troisième cycle (Université de Paris VI) en 1974, il fait un séjour post-doctoral de deux ans à l’Université de Princeton (État-Unis). Il est chercheur au CNRS de 1977 à 1989, avant d’être recruté comme professeur permanent de physique théorique à l’Institut des Hautes Études Scientifiques (IHES) en 1989.

Thibault Damour est un physicien théoricien travaillant sur la gravitation relativiste (théorie de la relativité générale d’Einstein), la cosmologie et les extensions de la gravitation suggérés par la théorie des cordes. Il a apporté des contributions novatrices sur la théorie des trous noirs, le mouvement relativiste des pulsars binaires, l’émission des ondes gravitationnelles, le mouvement et la coalescence de divers systèmes binaires d’étoiles mortes (trous noirs, étoiles à neutrons), de même que plusieurs aspects de la cosmologie primordiale. Beaucoup de ses travaux ont permis de relier, de façon nouvelle, la théorie de la relativité générale à l’expérience ou à l’observation.

Il a notamment mis au point à l’IHES en 2000, avec plusieurs collaborateurs, une nouvelle méthode, dite Effective One Body (EOB), qui a donné la première description du signal gravitationnel complet émis lors de la coalescence de deux trous noirs. Cette approche analytique (ultérieurement complétée par les résultats de simulations numériques) a été utilisée par la collaboration LIGO-Virgo pour extraire du bruit, et analyser en termes de paramètres physiques (masses, spins), les signaux d’ondes gravitationnelles détectés depuis septembre 2015.

La méthode EOB a été récemment étendue à la description du signal gravitationnel émis par la coalescence de systèmes binaires d’étoiles à neutrons, et ce jusqu’au moment où les deux étoiles à neutrons deviennent si proches l’une de l’autre qu’elles fusionnent. Cette description théorique précise pourrait permettre d’extraire du signal gravitationnel des informations sur l’équation d’état de la matière nucléaire.

Fait tout à fait exceptionnel, le CNRS attribue cette année deux médailles d’or : l’une à Thibault Damour pour ses « travaux théoriques (…) qui ont été déterminants dans l’analyse des données des détecteurs d’ondes gravitationnelles » ; l’autre à Alain Brillet « visionnaire dans le développement des détecteurs d’ondes gravitationnelles, [et] l’un des pères de l’instrument européen Virgo ».

L’Institut adresse ses plus vives et sincères félicitations à Thibault Damour pour l’obtention de cette distinction. « Nous sommes très fiers de cette médaille d’or. Au-delà de la reconnaissance de l’extraordinaire contribution de Thibault à la physique contemporaine, ce prix salue l’importance capitale de la recherche théorique dans les grandes avancées scientifiques » a déclaré le directeur Emmanuel Ullmo.

La médaille d’or du CNRS
La médaille d’or distingue chaque année, depuis sa création en 1954, l’ensemble des travaux d’une personnalité scientifique qui a contribué de manière exceptionnelle au dynamisme et au rayonnement de la recherche française.

Plus d’informations :
Mini site sur les ondes gravitationnelles (en anglais)
Cours de l’IHES de Thibault Damour sur les ondes gravitationnelles (en anglais)
Exposé de Thibault Damour sur les ondes gravitationnelles (grand public)
Contact presse : Marie Caillat, directrice de la communication : +33 1 60 92 66 67 • caillat@ihes.fr

Retrouvez l’intervention de Thibault Damour et Alain Brillet à propos des médailles d’or qu’ils viennent de recevoir sur France Inter. 

Regardez ici le très beau document vidéo sur Thibault Damour réalisé par le CNRS et projeté pendant la cérémonie de la remise de la médaille d’or.

Ondes gravitationnelles et coalescence de trous noirs

L’IHES se réjouit que plusieurs lignes de recherches théoriques, initiées ou ac­complies en son sein, aient contribué à la découverte faite par la collaboration LIGO/Virgo et a mis en ligne mini-site dédié.

Télécharger le communiqué de presse du 11 février 2016

En février 2016 l’Institut des Hautes Études Scientifiques (IHES) a salué l’annonce de la première observation, par les deux interféromètres LIGO (USA) du réseau international LIGO/Virgo, des ondes gravitationnelles émises par la coalescence d’un système binaire de trous noirs. L’astronomie des ondes gravitationnelles initiée par ces observations va apporter des extraordinaires avancées scientifiques et l’Institut espère contribuer à exploiter les informations qu’elle va apporter sur le cosmos, sur la physique des trous noirs, et plus généralement sur le nouvel Univers inventé par Einstein il y a un siècle.

Plus d’informations sur le site dédié :
https://ondes-gravitationnelles.ihes.fr

Voir également le Cours de l’IHES sur « Ondes gravitationnelles et systèmes binaires » ­ici.

Et la conférence grand public de Thibault Damour, organisée par les Amis de l’IHES :

Hugo Duminil-Copin reçoit trois nouvelles distinctions internationales

Hugo Duminil-Copin vient de recevoir le Prix Loève et le Grand Prix Jacques Herbrand de l’Académie des Sciences. Le conseil européen de la recherche lui a également alloué un prestigieux contrat ERC Starting Grant.

Professeur permanent à l’IHES depuis septembre 2016, Hugo Duminil-Copin vient de recevoir le Prix Loève et le Grand Prix Jacques Herbrand de l’Académie des Sciences. Le conseil européen de la recherche lui a également alloué un prestigieux contrat ERC Starting Grant.

À peine recruté, Hugo Duminil-Copin avait déjà reçu deux grands prix internationaux l’an passé : le prix de la société mathématique européenne et le prix « New Horizons in Mathematics » de la Fondation Breakthrough. Il bénéficie par ailleurs d’une chaire IDEX Paris Saclay. L’excellence et l’originalité de ses travaux continuent d’attirer l’attention de la communauté scientifique mondiale. « L’IHES a toujours parié sur de jeunes mathématiciens – 31 ans en moyenne – et le recrutement d’Hugo perpétue cette tradition. Les prix qu’il continue de recevoir confirment l’excellence de ses travaux et la pertinence de notre politique » s’est réjoui Emmanuel Ullmo, directeur de l’Institut.

Le Grand Prix Jacques Herbrand est une prestigieuse récompense de l’Académie des Sciences qui distingue de jeunes chercheurs de moins de 35 ans. Il est alloué tous les deux ans à un mathématicien et reconnait l’importance de ses travaux aux progrès des sciences mathématiques ou de leurs applications pacifiques. De grands noms des mathématiques et de la physique ont reçu ce prix avant lui comme Laurent Lafforgue, Nikita Nekrasov, Cédric Villani et Wendelin Werner, pour n’en mentionner que quelques-uns.

Tous les deux ans, le Prix Loève récompense des chercheurs de moins de 45 ans pour leurs travaux remarquables dans le domaine des probabilités. Créé en mémoire du mathématicien Michel Loève, le prix est remis à Berkeley, où ce dernier a créé et animé une grande école de probabilités.

Hugo Duminil-Copin a également remporté l’appel d’offres extrêmement compétitif du Conseil
Européen de la Recherche (ERC). Le projet pionnier qu’il a défendu devant l’ERC se propose
d’utiliser de multiples techniques de probabilité, de combinatoire, d’analyse et de systèmes
intégrables afin de mieux comprendre les phénomènes de transition de phase.

Le Grand Prix Jacques Herbrand
Le Grand Prix Jacques Herbrand est attribué par l’Académie Française des Sciences tour à tour à un mathématicien ou à un physicien de moins de 35 ans. Créé en 1996, le prix a été attribué pour la première fois en 1998 et jusqu’en 2002, à la fois à un physicien et à un mathématicien.

Le Prix Loève
Le Prix Line et Michel Loève pour la théorie des probabilités a été créé en 1992 par Line Loève, à la mémoire de son défunt mari, Michel Loève, mathématicien et statisticien américain, de langue française, qui a été professeur à Berkeley de 1948 jusqu’à sa mort en 1979.

Les bourses ERC « Starting Grant »
Les bourses ERC sont allouées à de jeunes chercheurs (entre 2 et 7 ans après la thèse) qui ont déjà produit des travaux d’excellence et sont prêts à travailler de façon autonome et à mener une équipe de recherche au sein d’une institution européenne (ou membre associé de l’UE).

Retrouvez le podcast de l’entretien de France Inter à Hugo Duminil-Copin du 27 septembre ici.

Nouvelle revue internationale de mathématiques

Ahmed Abbes est co-rédacteur en chef d'une nouvelle revue internationale de mathématiques dotée d'un comité éditorial de très haut niveau.

Ahmed Abbes, Directeur de recherche CNRS à l’ERL Alexandre Grothendieck de l’IHES, est co-rédacteur en chef d’une nouvelle revue internationale de mathématiques dotée d’un comité éditorial de très haut niveau.

Le Journal Tunisien de Mathématiques (Tunisian Journal of Mathematics TJM) est une publication internationale organisée par la Société Mathématique de Tunisie et publiée sous forme électronique et papier par MSP à Berkeley. Il publie des articles de recherche dans tous les domaines des mathématiques. Ceux-ci sont sélectionnés par un comité éditorial international éminent, sur des critères de qualité et d’intérêt, et selon les normes internationales les plus élevées.

Le but de TJM est l’avancement des mathématiques. Les éditeurs évaluent les articles soumis exclusivement sur la base du mérite scientifique. Tous les articles soumis à cette revue sont examinés par des pairs. Le TJM utilise un processus d’évaluation unique par les pairs (blind peer-review) ce qui signifie que les rapporteurs savent qui sont les auteurs du manuscrit, mais les auteurs ne savent pas qui sont les pairs examinateurs.

Le continent africain s’intéresse de plus en plus au développement scientifique, en particulier en mathématiques. La Société Mathématique de Tunisie a été fondée en 1992 et est membre institutionnel permanent de l’Union Mathématique Internationale. Elle joue un rôle majeur dans la stimulation et le maintien d’une recherche mathématique de haut niveau en Tunisie et dans sa région environnante. Avec le lancement de cette revue, la Société Mathématique de Tunisie contribue au développement en Afrique d’une recherche scientifique répondant à des normes internationales élevées.

Le comité de rédaction de TJM invite les mathématiciens du monde entier à participer à ce projet stimulant en lui soumettant des articles de recherche de haut niveau.

L’IHES exprime ses souhaits de succès au Journal Tunisien de Mathématiques.