À l’IHES, Oscar Lanford III s’intéresse aux travaux en théorie des systèmes dynamiques, notamment avec l’application à ces systèmes d’idées issues de la théorie du groupe de renormalisation. Il s’intéresse également aux démonstrations assistées par ordinateur et est responsable des premières installations informatiques de l’IHES.
Le professeur Lanford a toujours gardé des liens étroits avec l’Institut. Il a même assuré l’intérim de la direction de l’Institut entre 2007 et 2011, lors des séjours à l’étranger de l’ancien directeur, Jean-Pierre Bourguignon.
Oscar Lanford III nous as quitté le 16 novembre 2013. Il avait souhaité faire donation d’un appartement à l’Institut : « une façon de donner quelque chose en retour pour les nombreuses opportunités qui lui avait été offertes au fil des ans », expliquent son épouse et sa fille.
L’IHES lui a rendu hommage en donnant son nom, à perpétuité, au bureau scientifique du directeur.
Lisez l’hommage à Oscar Lanford III par Arthur Jaffe ici (en anglais).
Né le 4 mai 1923 à Roanne (Loire) et ingénieur diplômé de l’École polytechnique, le professeur Louis Michel a obtenu sa thèse sur la théorie des interactions faibles à l’université de Manchester en 1953. Enseignant à Lille, puis à Orsay, il crée en 1958 le Centre de Physique Théorique de l’École polytechnique.
Seulement quatre ans après la création de l’IHES par Léon Motchane, il rejoint l’Institut en 1962 et devient alors le premier professeur permanent en physique théorique à l’IHES. Il oriente alors ses travaux vers la cristallographie. Grande figure mondiale de la théorie des particules élémentaires, il eut de très nombreux élèves.
Louis Michel a également présidé la Société Française de Physique de 1978 à 1980, et était docteur honoris causa des universités de Louvain et de l’université Autonome de Barcelone. En 1984, il reçoit la médaille Wigner, administrée par The Group Theory and Fundamental Physics Foundation et qui reconnait les contributions exceptionnelles à la compréhension de la physique à travers la théorie des groupes.
Le 30 décembre 1999, Louis Michel nous quitte. Il a marqué l’histoire de l’Institut au cours des trentes années passées à l’IHES. Afin d’honorer sa mémoire, l’IHES a créé la chaire Louis Michel pour les éminents visiteurs de longues durées.
Jean Dieudonné fut notamment un des fondateurs du groupe Bourbaki, et le rédacteur de l’essentiel de ses premières publications. Professeur à l’université de Nancy, il dirigea avec Laurent Schwartz le doctorat de Grothendieck. En 1958, il convainquit Léon Motchane de le recruter en même temps que son brillant élève, devenant ainsi les deux premiers professeurs de l’IHES.
De 1959 à 1979, Jean Dieudonné est le rédacteur-en-chef des Publications Mathématiques de l’IHES, qu’il réussit à placer parmi les meilleures revues de mathématiques au monde. Il s’est notamment dévoué à la rédaction des célèbres Éléments de Géométrie Algébrique, afin que Grothendieck puisse se concentrer sur ses séminaires.
Jean Dieudonné quitte l’IHES en 1964 pour fonder le département de mathématiques de la nouvelle université de Nice, où il écrit entre 1969 et 1982 ses Éléments d’analyse en 9 volumes, un imposant traité qui offre un panorama érudit, riche en exercices substantiels pour les étudiants.
Alexander Grothendieck a profondément marqué l’histoire des mathématiques. Salué comme l’un des mathématiciens les plus influents du XXe siècle, il se considérait lui comme un « bâtisseur de cathédrales ». Son ambitieux programme de fusion entre l’arithmétique, la géométrie algébrique et la topologie continue de structurer les mathématiques contemporaines.
Lorsque Léon Motchane fonde l’IHES en 1958, il demande à Jean Dieudonné de devenir le premier professeur permanent. Ce dernier accepte en posant une condition : celle de recruter Alexander Grothendieck également. L’IHES devient alors l’hôte d’un des plus extraordinaires séminaires de mathématiques, le « Séminaire de géométrie algébrique de Grothendieck ».
L’exigence, l’originalité et la générosité de Grothendieck ont fondé l’esprit de l’Institut. Ce niveau d’excellence qu’il a porté est depuis un atout majeur tout autant qu’une responsabilité pour l’Institut.
Récemment, Cédric Deffayet a poursuivi ses recherches sur la gravité massive et les théories des champs avec des actions contenant des interactions dérivatives et/ou des dérivées supérieures. Il a ainsi obtenu pour la première fois la formulation d’une théorie d’un graviton massif se propageant sur un espace-temps arbitraire. Il a pu en déduire l’existence de gravitons partiellement de masse nulle (dits PM) sur des espace-temps non Einstein.
Cédric Deffayet a aussi étudié la question de la construction d’interactions cohérentes pour un multiplet de gravitons PM sur des espaces Anti-de Sitter prouvant un théorème d’unicité pour une interaction cubique. Poursuivant ces travaux, une théorie cohérente en interaction et complètement non linéaire a été obtenue pour la première fois pour 2 ou plus gravitons PM.
Cédric Deffayet a aussi étudié le couplage à la matière dans certaines théories scalaire-tenseur du type « au delà des théories Horndeski » et pu caractérisé différents cas de figure selon que ce couplage change ou pas le comptage des degrés de liberté. Enfin, des murs de domaine d’un nouveau type (non soutenus par un potentiel) ont été mis en évidence dans des théories scalaires de type « k-essence ».