La Fondation Simons s’engage auprès de l’IHES avec un don historique

James et Marilyn Simons, co-fondateurs de la Fondation Simons, se sont engagés à verser 25M€ à l’IHES sur 10 ans : un don record pour l’Institut mais aussi pour la recherche fondamentale française.

Communiqué de presse – 27 octobre 2021

James et Marilyn Simons, co-fondateurs de la Fondation Simons, se sont engagés à verser 25M€ à l’IHES sur 10 ans : un don record pour l’Institut mais aussi pour la recherche fondamentale française.

James et Marilyn Simons sont aux côtés de l’Institut depuis ses débuts dans la levée de fonds. Ayant déjà alloué à l’IHES plus de 25M€ en dons cumulés, ils en sont les principaux mécènes. En reconnaissance de leur générosité lors de la première campagne de recherche de fonds, le bâtiment emblématique de l’Institut porte leur nom : le Centre de conférences Marilyn et James Simons.

Ce nouveau don exceptionnel de la Fondation Simons est destiné en priorité aux scientifiques de l’Institut, des plus juniors aux plus confirmés que sont les professeurs permanents. Outre des bourses doctorales et post-doctorales, ces fonds pourront ainsi financer un poste prestigieux réservé à un ou une jeune scientifique se distinguant par ses talents et ses premiers travaux, et pourront permettre à des chercheurs et chercheuses de tout premier plan de faire un séjour de longue durée à l’Institut.

Ce don permettra aussi à l’IHES de continuer à développer des initiatives visant à promouvoir la diversité et l’inclusion en mathématiques et en physique théorique, en sensibilisant la communauté sur ces enjeux et en renforçant cet axe à l’Institut lui-même. Il pourra également contribuer au financement de projets favorisant la diffusion de la science et des connaissances au grand public.

Une partie conséquente du don, versée plus spécifiquement par la Simons Foundation International, permettra enfin de renforcer les fonds propres de l’Institut afin d’assurer son indépendance et surtout sa stabilité financière sur le long terme.

Le couple Simons, en plus d’être un soutien financier, s’implique personnellement pour assurer le succès et le développement de l’Institut. James Simons est ainsi membre du conseil d’administration de l’IHES depuis 2014. Fin 2021, James et Marilyn Simons prendront par ailleurs la succession de Michael R. Douglas à la présidence de l’association partenaire de l’IHES aux Etats-Unis, Friends of IHES.

Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, a tenu à saluer l’engagement de James et Marilyn Simons : « Ce don majeur attribué à l’une des pépites de l’Université Paris-Saclay, l’IHES, témoigne du dynamisme et de l’attractivité de la recherche en mathématiques et physique théorique en France, reconnus et valorisés à l’international. Nous remercions la Fondation Simons pour son soutien, qui contribue à renforcer nos liens avec nos partenaires et collaborateurs américains ».

« Nous sommes ravis d’être aux côtés de l’Institut depuis plus de 20 ans. Nous savons que la recherche fondamentale est cruciale dans le développement de notre société. Nous en sommes convaincus depuis toujours ! », indiquent James et Marilyn Simons.

David Spergel, président de la Fondation Simons, ajoute : « Nous sommes heureux de renouveler et de renforcer notre soutien à l’IHES, pour préserver le rôle essentiel qu’il joue en tant que centre intellectuel pour les mathématiques et la physique théorique. »

« Il s’agit là d’un don historique, fruit d’une relation de long terme entre l’IHES et le couple Simons. C’est un pas de plus vers l’indépendance financière qui, pour un Institut tel que le nôtre, est capitale, » se réjouit Marwan Lahoud, président du conseil d’administration de l’IHES.

« En plus d’être nos principaux mécènes, Jim et Marilyn ont toujours eu à cœur l’intérêt de l’Institut. C’est aussi grâce à leurs encouragements que nous avons pu pousser nos ambitions plus avant et connaître de tels succès dans notre recherche de fonds, dont certains sont relativement récents, avec de nouveaux grands donateurs, entreprises et particuliers, » commente Emmanuel Ullmo, directeur de l’IHES.

 

Laure Saint-Raymond nouvelle professeure permanente

Laure Saint-Raymond rejoindra l’Institut des Hautes Études Scientifiques (IHES) en tant que professeure permanente en mathématiques à la rentrée de septembre 2021.

Communiqué de presse – 8 février 2021

Née en 1975, Laure Saint-Raymond a intégré l’école normale supérieure en 1994. Durant sa scolarité, elle a obtenu un DEA d’analyse numérique à l’université Paris VI et un autre de physique des plasmas à l’université de Versailles-Saint-Quentin, ainsi que l’agrégation de mathématiques. Elle a ensuite fait une thèse au département de mathématique et applications de l’ENS sous la direction du mathématicien François Golse, sur la théorie cinétique des gaz. Elle a été recrutée comme chargée de recherches au CNRS en 2000.

Laure Saint-Raymond a ensuite été nommée professeure à l’université de Paris VI. Mise à disposition de l’école normale supérieure à partir de 2007, elle y a dirigé l’équipe d’analyse avant d’y prendre la direction adjointe du département de mathématiques.

Élue membre de l’Académie des sciences en 2013, puis membre de l’Academia Europaea en 2014, elle est devenue membre junior de l’Institut universitaire de France en 2015, après avoir effectué une année sabbatique aux États-Unis, où elle a travaillé à la fois à l’université de Harvard et au MIT. En 2016, elle a obtenu une mutation à l’école normale supérieure de Lyon en tant que professeure des universités. En 2017, elle a été élue membre de la European Academy of Sciences.

Les travaux de Laure Saint-Raymond portent principalement sur l’analyse asymptotique de systèmes d’équations aux dérivées partielles, en particulier ceux gouvernant la dynamique des gaz, des plasmas ou des fluides. Elle a notamment apporté des contributions fondamentales au sixième problème de Hilbert concernant l’axiomatisation de la mécanique, un des 23 problèmes proposés par David Hilbert au congrès international de mathématiques de 1900, non encore résolu à ce jour : avec différents collaborateurs, elle a montré qu’il existe une transition continue entre les modèles de la physique statistique hors d’équilibre et les équations de la mécanique des fluides, et plus récemment elle a étudié la validité de ces modèles statistiques en se basant sur la mécanique de Newton. En parallèle, elle travaille sur les modèles de mécanique des fluides qui décrivent les courants océaniques, elle étudie notamment l’influence de la rotation et de la stratification sur la propagation des ondes et les phénomènes de couches limites.

Ses travaux lui ont valu de nombreuses reconnaissances. Elle a notamment reçu le prix de la Société européenne de Mathématiques en 2008, le Ruth Lyttle Satter Prize, American Mathematical Society en 2009, le prix Irène Joliot-Curie « Jeune Femme Scientifique » de l’Académie des Sciences et du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche en 2011 et le prix Fermat de la région Midi-Pyrénées en 2015. En 2019, elle s’est vue distinguée Chevalier dans l’Ordre national de la Légion d’honneur et en 2020 elle a été lauréate du prix Bôcher de l’American Mathematical Society.

Emmanuel Ullmo, directeur de l’IHES, commente : « Nous nous réjouissons d’accueillir Laure Saint- Raymond, brillante mathématicienne dont les travaux novateurs ont déjà été récompensés par de nombreux prix internationaux. Son arrivée élargit encore les champs de recherche couverts à l’IHES. »

Laure Saint-Raymond indique : « Je saisis la chance qui m’est proposée de rejoindre l’IHES : c’est en effet un institut qui offre un cadre très propice au travail individuel de recherche, mais également des moyens pour développer des collaborations et faire émerger des dynamiques collectives. L’institut a une longue tradition en physique théorique, en algèbre et en géométrie, et une ouverture plus récente sur les probabilités. Mon petit défi, c’est d’y implanter aussi l’analyse, qui apporte d’autres angles d’approche pour nombre de problèmes à l’interface avec la physique. »

Lancement du programme Huawei Young Talents

La cérémonie virtuelle marquant le lancement officiel du programme Huawei Young Talents vient d’avoir lieu. Ce programme vise à soutenir les travaux en mathématiques et en physique théorique de chercheurs talentueux, en début de carrière.

Communiqué de presse – 13 novembre 2020

La cérémonie virtuelle marquant le lancement officiel du programme Huawei Young Talents à l’Institut des Hautes Etudes Scientifiques vient d’avoir lieu. Ce programme vise à soutenir les travaux en mathématiques et en physique théorique de chercheurs talentueux, en début de carrière. Chaque année, le programme Huawei Young Talents financera en moyenne 7 bourses postdoctorales qui seront attribuées par le conseil scientifique de l’Institut, uniquement sur la base de l’excellence scientifique. Les lauréats collaboreront avec les professeurs permanents de l’Institut et travailleront sur leurs sujets d’intérêt.

Cinq jeunes chercheurs brillants ont déjà rejoint le programme Huawei Young Talents. Trois d’entre eux ont présenté leurs travaux durant la cérémonie. Yue WANG a fait un exposé sur « Inférence sur les expériences de transplantation de tissu » ; la présentation de Zhe SUN portait sur « Réseaux et coordonnées tropicales des surfaces » et celle de Vasilisa NIKIFOROVA, sur le sujet « Théorie généralisée de la gravité d’Einstein-Cartan », a conclu la cérémonie.

Le programme Huawei Young Talents donne également à l’IHES la possibilité de créer un poste prestigieux d’une durée de 5 ans, réservé à un jeune chercheur particulièrement doué. « Par ce poste compétitif, qui serait le premier de ce genre à l’IHES, l’Institut récompenserait des talents exceptionnels et attirerait en France des jeunes chercheurs d’exception qui pourraient sinon privilégier un autre pays pour commencer leur carrière », commente Emmanuel ULLMO, Directeur de l’IHES.

Huawei renouvelle son engagement auprès de l’IHES pour les 10 ans qui viennent
La création du programme Huawei Young Talents à l’IHES est rendu possible par un soutien financier de Huawei Technologies France. L’entreprise renouvelle ainsi sa confiance à l’institut au travers d’un don de 6 millions d’euros sur une durée de dix ans. La majeure partie de cette somme (5 millions d’euros) financera le nouveau programme Huawei Young Talents. Le reste du don (1 million d’euros) permet de prolonger la chaire Huawei de géométrie algébrique. Cette chaire a été créée en 2019 en reconnaissance d’un don de 1 million d’euros de Huawei et dont le premier titulaire est le professeur Laurent LAFFORGUE, médaillé Fields en 2002 et professeur permanent à l’IHES depuis 2000. Laurent LAFFORGUE travaille en étroite collaboration avec Huawei depuis plusieurs années et a présenté durant la cérémonie un exposé sur « Le pouvoir créatif des catégories : une histoire et de nouvelles perspectives ».

Pendant la cérémonie, Marwan LAHOUD, président du conseil d’administration de l’IHES, a exprimé sa reconnaissance à Huawei : « Alors que la crise sanitaire cause des incertitudes et rend toute planification plus difficile, le généreux don de Huawei Technologies France à l’IHES est d’autant plus précieux. Il permet à l’Institut de se projeter sur le long terme en soutenant son activité scientifique florissante. »

« Parce que la recherche est au coeur de notre ADN, nous pensons qu’il ne peut y avoir de grandes innovations de rupture sans recherche fondamentale. C’est une conviction forte que nous partageons avec l’Institut des Hautes Études Scientifiques, et c’est pourquoi nous sommes ravis de signer avec eux l’ouverture du programme Huawei Young Talents. L’IHES a su créer un environnement scientifique fertile. Nous sommes fiers que Huawei en fasse partie », commente Zishang XIANG, vice-président du centre européen de Huawei pour la recherche.

« Depuis notre installation il y a maintenant 17 ans, Huawei a choisi la France comme terre d’excellence en recherche et développement. De fait, nous soutenons la communauté scientifique française et avons construit avec elle une relation de confiance basée sur un échange continu de connaissances », déclare Weiliang SHI, Président de Huawei France. « C’était le sens de notre démarche, lorsque nous avons inauguré le Centre de recherche Lagrange, le 9 octobre dernier, à Paris. Aujourd’hui, c’est la raison d’être du programme Huawei Young Talents, que nous avons la chance de mettre en place avec notre partenaire de longue date, l’IHES », conclut Weiliang SHI.

 

Retrouvez tous les discours d’introduction et les exposés scientifiques de la cérémonie d’inauguration du Huawei Young Talents Program

Retrouvez ci-dessous l’exposé de Laurent Lafforgue sur « Le pouvoir créatif des catégories » :

Initiative d’excellence confirmée pour l’Université Paris-Saclay

Le jury international des IdEx, qui accompagne les fondateurs de l’université Paris-Saclay depuis 2012, conforte le nouveau modèle d’établissement en place depuis janvier 2020. L'IHES, membre fondateur de l'Université Paris-Saclay, se réjouit de cette confirmation.

Le jury international des IdEx, qui accompagne les fondateurs de l’université Paris-Saclay depuis 2012, conforte le nouveau modèle d’établissement en place depuis janvier 2020. L’IHES, membre fondateur de l’Université Paris-Saclay, se réjouit de cette confirmation.

Avec cette confirmation, une page institutionnelle se tourne et ouvre un nouveau chapitre du développement de l’université.

« Nous sommes évidemment extrêmement contents de cette nouvelle reconnaissance : avec cette décision, le jury IdEx confirme la pertinence du nouveau modèle que nous avons construit avec les quatre grandes écoles de l’université Paris-Saclay, AgroParisTech, CentraleSupélec, ENS Paris-Saclay, l’Institut d’Optique Graduate School, ainsi qu’avec l’Institut des Hautes Etudes Scientifiques (IHES) et avec les deux universités membres-associés, l’université d’Evry et l’UVSQ, qui fusionneront en 2025, dans un partenariat renforcé avec le CEA, le CNRS, INRAE, l’Inria, l’Inserm, l’ONERA, les 6 organismes nationaux de recherche qui nous accompagnent. Nous voilà dotés d’un nouveau levier pour confirmer notre position internationale, aux côtés des établissements IdEx confortés précédemment et de nos amis de PSL confirmés en même temps que nous aujourd’hui », témoigne Sylvie Retailleau, Présidente de l’université Paris-Saclay.

Elle ajoute : « Nous sommes reconnaissants aux membres du jury IdEx qui nous ont accompagnés huit années durant et nous ont aidés à progresser vers un modèle à la fois lisible internationalement et robuste, tout en étant à l’écoute des spécificités françaises ».

Désormais, l’université Paris-Saclay peut mobiliser toute son énergie, au bénéfice des étudiants et du soutien à la recherche qui s’y développe.

Au programme des prochaines semaines : les élections des instances des Graduate Schools, dont la Graduate School « Mathématiques », qui portent désormais les masters, les doctorats et la politique de recherche commune, et celles de l’École universitaire Paris-Saclay qui porte une part importante des diplômes de premier cycle.

Lire le Communiqué de presse diffusé le 5 novembre 2020

Détection d’ondes gravitationnelles résultant de deux étoiles à neutrons

L'IHES félicite l'équipe du projet LIGO / Virgo qui le 16 octobre a annoncé la première observation d'ondes gravitationnelles issues de la fusion d'un système de deux étoiles à neutrons.

Communiqué de presse – 17 octobre 2017

L’observation d’ondes gravitationnelles résultant de deux étoiles à neutrons marque le début d’une nouvelle science.

L’IHES félicite l’équipe du projet LIGO / Virgo qui le 16 octobre a annoncé la première observation d’ondes gravitationnelles issues de la fusion d’un système de deux étoiles à neutrons.
La détection a été faite conjointement le 17 août par les deux interféromètres LIGO, situés aux Etats-Unis, et par Virgo, un troisième interféromètre franco-italien qui les a rejoints le 1er août. C’était le signal d’ondes gravitationnelles le plus fort, le plus proche et le plus précisément localisé détecté jusqu’à présent et il était accompagné de signaux électromagnétiques dans toutes les longueurs d’onde. C’est la première fois qu’un tel événement se manifeste à la fois en ondes gravitationnelles et en ondes électromagnétiques, marquant ainsi le début de l’astronomie multi-signaux.

Des ondes gravitationnelles provenant d’étoiles à neutrons binaires
Quatre des cinq détections d’ondes gravitationnelles faites depuis septembre 2015 provenaient de la coalescence de trous noirs binaires. Les interféromètres LIGO et Virgo ont maintenant observé le signal gravitationnel engendré par des étoiles à neutrons binaires, pendant leur mouvement en spirale, avant d’entrer en collision. Les étoiles à neutrons sont des objets petits mais extrêmement denses, constitués essentiellement de neutrons.Le signal d’ondes gravitationnelles, d’une durée de ~ 100s, a permis de déterminer les masses, établissant ainsi la nature des deux objets en collision. Deux secondes après la fin du signal d’ondes gravitationnelles, un sursaut de rayons gamma, qui ne durait que quelques secondes, fut observé. Cette émission électromagnétique soudaine a été suivie, 11 heures plus tard, par un signal optique de type kilonova. C’est la première fois qu’une telle observation multi-signaux a été faite.

De nombreux résultats théoriques pertinents obtenus à l’IHES
L’IHES est particulièrement heureux de constater que certaines des recherches théoriques entreprises ici ont contribué à cette découverte. D’une part, le développement de la méthode Multipolar Post-Minkowskian (L. Blanchet, T. Damour, BR Iyer) a conduit à la description analytique des ondes gravitationnelles émises durant la phase de rapprochement. Ce modèle a été utilisé pour extraire les paramètres physiques à partir des données observationnelles brutes. D’autre part, la méthode Effective One Body (EOB) (A. Buonanno, T. Damour, 2000) a été étendue pour tenir compte de l’effet de la déformabilité de marée des deux étoiles à neutrons, qui devient de plus en plus important à mesure que les deux objets se rapprochent (T. Damour, A. Nagar 2009, S. Bernuzzi, A. Nagar, T. Dietrich, T. Damour, 2015). Cette extension, avec effets de marée, du modèle EOB pourrait permettre dans un futur proche d’extraire des informations quantitatives précises sur l’équation d’état de la matière nucléaire (T. Damour, A. Nagar, L. Villain, 2012).L’IHES félicite particulièrement Alessandro Nagar (Raymond And Beverly Sackler Visiting Chair à l’IHES), désormais membre de la collaboration Virgo, pour avoir été l’un des auteurs de l’article de découverte (PRL 119, 16 octobre 2017).

Thibault Damour est lauréat de la médaille d’or 2017 du CNRS

La plus haute distinction scientifique française lui est attribuée pour ses contributions décisives à la compréhension des ondes gravitationnelles.

Communiqué de presse – 27 septembre 2017

Dossier de presse

Thibault Damour est lauréat de la médaille d’or 2017 du CNRS, notamment pour ses contributions décisives à la compréhension des ondes gravitationnelles.

Né le 7 février 1951 à Lyon, Thibault Damour intègre l’École Normale Supérieure de la rue d’Ulm en 1970. Après l’obtention de sa thèse de doctorat de troisième cycle (Université de Paris VI) en 1974, il fait un séjour post-doctoral de deux ans à l’Université de Princeton (État-Unis). Il est chercheur au CNRS de 1977 à 1989, avant d’être recruté comme professeur permanent de physique théorique à l’Institut des Hautes Études Scientifiques (IHES) en 1989.

Thibault Damour est un physicien théoricien travaillant sur la gravitation relativiste (théorie de la relativité générale d’Einstein), la cosmologie et les extensions de la gravitation suggérés par la théorie des cordes. Il a apporté des contributions novatrices sur la théorie des trous noirs, le mouvement relativiste des pulsars binaires, l’émission des ondes gravitationnelles, le mouvement et la coalescence de divers systèmes binaires d’étoiles mortes (trous noirs, étoiles à neutrons), de même que plusieurs aspects de la cosmologie primordiale. Beaucoup de ses travaux ont permis de relier, de façon nouvelle, la théorie de la relativité générale à l’expérience ou à l’observation.

Il a notamment mis au point à l’IHES en 2000, avec plusieurs collaborateurs, une nouvelle méthode, dite Effective One Body (EOB), qui a donné la première description du signal gravitationnel complet émis lors de la coalescence de deux trous noirs. Cette approche analytique (ultérieurement complétée par les résultats de simulations numériques) a été utilisée par la collaboration LIGO-Virgo pour extraire du bruit, et analyser en termes de paramètres physiques (masses, spins), les signaux d’ondes gravitationnelles détectés depuis septembre 2015.

La méthode EOB a été récemment étendue à la description du signal gravitationnel émis par la coalescence de systèmes binaires d’étoiles à neutrons, et ce jusqu’au moment où les deux étoiles à neutrons deviennent si proches l’une de l’autre qu’elles fusionnent. Cette description théorique précise pourrait permettre d’extraire du signal gravitationnel des informations sur l’équation d’état de la matière nucléaire.

Fait tout à fait exceptionnel, le CNRS attribue cette année deux médailles d’or : l’une à Thibault Damour pour ses « travaux théoriques (…) qui ont été déterminants dans l’analyse des données des détecteurs d’ondes gravitationnelles » ; l’autre à Alain Brillet « visionnaire dans le développement des détecteurs d’ondes gravitationnelles, [et] l’un des pères de l’instrument européen Virgo ».

L’Institut adresse ses plus vives et sincères félicitations à Thibault Damour pour l’obtention de cette distinction. « Nous sommes très fiers de cette médaille d’or. Au-delà de la reconnaissance de l’extraordinaire contribution de Thibault à la physique contemporaine, ce prix salue l’importance capitale de la recherche théorique dans les grandes avancées scientifiques » a déclaré le directeur Emmanuel Ullmo.

La médaille d’or du CNRS
La médaille d’or distingue chaque année, depuis sa création en 1954, l’ensemble des travaux d’une personnalité scientifique qui a contribué de manière exceptionnelle au dynamisme et au rayonnement de la recherche française.

Plus d’informations :
Mini site sur les ondes gravitationnelles (en anglais)
Cours de l’IHES de Thibault Damour sur les ondes gravitationnelles (en anglais)
Exposé de Thibault Damour sur les ondes gravitationnelles (grand public)
Contact presse : Marie Caillat, directrice de la communication : +33 1 60 92 66 67 • caillat@ihes.fr

Retrouvez l’intervention de Thibault Damour et Alain Brillet à propos des médailles d’or qu’ils viennent de recevoir sur France Inter. 

Regardez ici le très beau document vidéo sur Thibault Damour réalisé par le CNRS et projeté pendant la cérémonie de la remise de la médaille d’or.

Hugo Duminil-Copin reçoit trois nouvelles distinctions internationales

Hugo Duminil-Copin vient de recevoir le Prix Loève et le Grand Prix Jacques Herbrand de l’Académie des Sciences. Le conseil européen de la recherche lui a également alloué un prestigieux contrat ERC Starting Grant.

Professeur permanent à l’IHES depuis septembre 2016, Hugo Duminil-Copin vient de recevoir le Prix Loève et le Grand Prix Jacques Herbrand de l’Académie des Sciences. Le conseil européen de la recherche lui a également alloué un prestigieux contrat ERC Starting Grant.

À peine recruté, Hugo Duminil-Copin avait déjà reçu deux grands prix internationaux l’an passé : le prix de la société mathématique européenne et le prix « New Horizons in Mathematics » de la Fondation Breakthrough. Il bénéficie par ailleurs d’une chaire IDEX Paris Saclay. L’excellence et l’originalité de ses travaux continuent d’attirer l’attention de la communauté scientifique mondiale. « L’IHES a toujours parié sur de jeunes mathématiciens – 31 ans en moyenne – et le recrutement d’Hugo perpétue cette tradition. Les prix qu’il continue de recevoir confirment l’excellence de ses travaux et la pertinence de notre politique » s’est réjoui Emmanuel Ullmo, directeur de l’Institut.

Le Grand Prix Jacques Herbrand est une prestigieuse récompense de l’Académie des Sciences qui distingue de jeunes chercheurs de moins de 35 ans. Il est alloué tous les deux ans à un mathématicien et reconnait l’importance de ses travaux aux progrès des sciences mathématiques ou de leurs applications pacifiques. De grands noms des mathématiques et de la physique ont reçu ce prix avant lui comme Laurent Lafforgue, Nikita Nekrasov, Cédric Villani et Wendelin Werner, pour n’en mentionner que quelques-uns.

Tous les deux ans, le Prix Loève récompense des chercheurs de moins de 45 ans pour leurs travaux remarquables dans le domaine des probabilités. Créé en mémoire du mathématicien Michel Loève, le prix est remis à Berkeley, où ce dernier a créé et animé une grande école de probabilités.

Hugo Duminil-Copin a également remporté l’appel d’offres extrêmement compétitif du Conseil
Européen de la Recherche (ERC). Le projet pionnier qu’il a défendu devant l’ERC se propose
d’utiliser de multiples techniques de probabilité, de combinatoire, d’analyse et de systèmes
intégrables afin de mieux comprendre les phénomènes de transition de phase.

Le Grand Prix Jacques Herbrand
Le Grand Prix Jacques Herbrand est attribué par l’Académie Française des Sciences tour à tour à un mathématicien ou à un physicien de moins de 35 ans. Créé en 1996, le prix a été attribué pour la première fois en 1998 et jusqu’en 2002, à la fois à un physicien et à un mathématicien.

Le Prix Loève
Le Prix Line et Michel Loève pour la théorie des probabilités a été créé en 1992 par Line Loève, à la mémoire de son défunt mari, Michel Loève, mathématicien et statisticien américain, de langue française, qui a été professeur à Berkeley de 1948 jusqu’à sa mort en 1979.

Les bourses ERC « Starting Grant »
Les bourses ERC sont allouées à de jeunes chercheurs (entre 2 et 7 ans après la thèse) qui ont déjà produit des travaux d’excellence et sont prêts à travailler de façon autonome et à mener une équipe de recherche au sein d’une institution européenne (ou membre associé de l’UE).

Retrouvez le podcast de l’entretien de France Inter à Hugo Duminil-Copin du 27 septembre ici.

Hugo Duminil-Copin, reçoit le prix « New Horizons in Mathematics ».

Le prix, alloué par la fondation Breakthrough, récompense les mathématiciens ayant obtenu des résultats significatifs dès leur début de carrière.

Communiqué de presse – 5 décembre 2016

Fondée par les grands entrepreneurs de la Sillicon Valley Sergey Brin et Anne Wojcicki, Mark Zuckerberg et Priscilla Chan, et Yuri et Julia Milner, la fondation Breakthrough Prize distingue les grands scientifiques dans les domaines des mathématiques, de la physique et des sciences de la vie depuis 5 ans. Le prix « New Horizons in Mathematics » récompense les mathématiciens ayant obtenu des résultats significatifs dès leur début de carrière. Il a été annoncé lors de la cérémonie de gala du 4 décembre.

« Si vous réfléchissez à la recherche fondamentale il y a un siècle – depuis la théorie quantique, conduisant aux semi-conducteurs, qui amènent aux circuits intégrés – il s’agit de la base à partir de laquelle nous avons tout construit » a commenté Sergey Brin, l’un des fondateurs de Google. « Si ces personnes n’avaient pas développé leurs idées il y a de cela 100 ans, nous aurions toujours la même vie aujourd’hui ».

L’IHES se réjouit de ce nouveau prix international pour Hugo Duminil-Copin, après le prix de la Société Mathématique Européenne cet été, qui confirme la capacité de l’Institut à prendre des risques en recrutant de jeunes professeurs permanents. Âgé de 31 ans, Hugo a en effet rejoint le collège de cinq professeurs permanents de l’IHES en septembre 2016. Il a bénéficié d’une chaire IDEX de l’Université Paris Saclay pour son installation et son environnement de travail.

C’est le quatrième prix de la fondation Breakthrough Prize reçu par un professeur permanent. Maxim Kontsevitch avait été l’un des cinq lauréats du prix inaugural de physique en 2012. Performance inégalée, il avait reçu deux ans plus tard le prix inaugural de mathématiques. « Les mathématiques sont essentielles pour conduire les progrès humains et les innovations de ce siècle. Les lauréats 2014 ont fait d’incroyables contributions dans leurs domaines et nous sommes très heureux de saluer leurs efforts » avait alors commenté Mark Zuckerberg, fondateur de Facebook.

Cette année, Thibault Damour a également reçu « Special Breakthrough Prize in Fundamental Physics ». Ce prix saluant la détection d’ondes gravitationnelles a été alloué aux trois créateurs du Laser Interferometer Gravitational Wave Observatory (LIGO) ainsi qu’aux 1 005 auteurs de l’article décrivant la découverte des ondes gravitationnelles. Au delà des signataires de l’article de découverte, sept scientifiques ayant apporté d’importantes contributions au succès de LIGO font également partie des lauréats, dont Thibault Damour.

BNP Paribas annonce un don de 1 M€ à l’IHES et devient le premier donateur de la chaire du directeur

Alors que l’IHES se prépare à lancer une troisième campagne internationale, l’engagement de BNP Paribas est une nouvelle preuve de l’importance de la mission scientifique de l’Institut pour les entreprises françaises.

Communiqué de presse – 20 mai 2016
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Un e­ngagement déterminé en faveur de l’excellence mathématique française

BNP Paribas a souhaité défendre l’attractivité scientifique française en s’engageant parmi les premiers dans la troisième campagne de l’IHES. « Avec 7 médaillés Fields sur 10 professeurs permanents recrutés à l’IHES depuis sa création, l’Institut attire parmi les plus grands noms de la recherche fondamentale au monde. Il est important pour un groupe comme BNP Paribas qui utilise quotidiennement des mathématiques avancées pour la gestion de ses risques et de ceux de ses clients de soutenir cette excellence scientifique » précise Jean-Laurent Bonnafé, Administrateur Directeur Général de BNP Paribas.

Ce don aux fonds propres de l’IHES va permettre de renforcer son indépendance, un point essentiel afin d’assurer le succès de l’Institut en tant qu’acteur central de la recherche académique au service de la communauté scientifique mondiale. « Le directeur occupe un poste clé, dirigeant à la fois la stratégie scientifique, la gestion de l’Institut et l’animation de tout l’aspect développement international » explique Marwan Lahoud, président de l’IHES. « Il est de toute première importance de sanctuariser le financement de cette fonction essentielle pour l’avenir de l’IHES par un fonds spécifique et je remercie BNP Paribas d’en être le premier grand donateur. »

La participation des entreprises françaises au projet de l’IHES­

Alors que l’IHES se prépare à lancer une troisième campagne internationale, l’engagement de BNP Paribas est une nouvelle preuve de l’importance de la mission scientifique de l’Institut pour les entreprises françaises. « Ces dernières ont contribué à 30 % de la précédente campagne de l’IHES. Nous souhaitons renforcer leur participation aux projets ambitieux de l’Institut qui bénéficient à l’écosystème d’innovation et au rayonnement de notre recherche » souligne Emmanuel Ullmo, directeur de l’IHES.

Jean-Laurent Bonnafé rejoint par ailleurs le comité de campagne de l’IHES présidé par Philippe Camus et André Lévy-Lang.

Thibault Damour est l’un des lauréats du « Special Breakthrough Prize in Fundamental Physics » pour la détection d’Ondes Gravitationnelles

Le prix salue les scientifiques et les ingénieurs ayant contribué à la détection historique d­es ondes gravitationnelles.

Communiqué de presse – 3 mai 2016
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Le Comité de Sélection du Breakthrough Prize in Fundamental Physics a annoncé aujourd’hui le « Special Breakthrough Prize in Fundamental Physics » qui salue les scientifiques et les ingénieurs ayant contribué à la détection historique d­es ondes gravitationnelles – détection annoncée le 11 février 2016.­­

« Cette incroyable découverte nous permet d’observer pour la première fois une partie des prédictions remarquables de la théorie d’Einstein. Les idées théoriques au sujet des trous noirs qui relevaient presque de la science fiction quand j’étais étudiant sont devenues réalité » a commenté Edward Witten, le président du Comité de sélection.

Les lauréats sont les trois créateurs du Laser Interferometer Gravitational Wave Observatory (LIGO), Ronald W. P. Drever (Caltech), Kip S. Thorne (Caltech) et Rainer Weiss (MIT). Les 1 005 auteurs de l’article décrivant la découverte des ondes gravitationnelles issus des nombreuses institutions impliquées dans LIGO et la Collaboration Virgo, se partagent également le prix. Au delà des signataires de l’article de découverte, sept scientifiques ayant apporté d’importantes contributions au succès de LIGO font également partie des lauréats, dont Thibault Damour.

Les contributions décisives de Thibault Damour à la physique contemporaine ont déjà été récompensées deux fois par des Prix internationaux ces dernières semaines. Le 20 avril 2016 Thibault Damour a été élu membre honoraire étranger de l’Académie Américaine des Arts et des Sciences et il a également reçu le prix Lodewijk Woltjer Lecture 2016 pour « l’ensemble de sa carrière sur les implications théoriques de la Relativité et en particulier sur les prédictions du signal des ondes gravitationnelles par la coalescence de deux trous noirs observé récemment » de la Société Européenne de l’Astronomie le 12 avril 2016.

Le professeur Thibault Damour est un physicien théoricien dont les travaux portent sur les conséquences de la théorie d’Einstein, ainsi que sur la relativité générale, et les extensions à la théorie des cordes. Il a apporté des contributions durables sur la théorie des trous noirs, le moment relativiste des pulsars binaires, la génération des ondes gravitationnelles, le mouvement et la coalescence des trous noirs, de même que plusieurs aspects des débuts de la cosmologie. Il a mis au point en 2000, avec plusieurs collaborateurs, une nouvelle méthode servant à décrire le mouvement et la radiation gravitationnelle d’un système binaire de deux trous noirs coalescents, ce qui a donné la première prédiction du signal d’ondes gravitationnelle observé par LIGO en septembre 2015. Ses travaux ont permis d’interpréter le signal observé et de mesurer les masses et les rotations des deux trous noirs coalescents.

Maxim Kontsevitch, professeur permanent de mathématiques à l’IHES était également l’un des cinq lauréats du prix inaugural Breakthrough Prize in Mathematics de 2014, ainsi que l’un des neuf lauréats du prix inaugural Breakthrough Prize in Fundamental Physics en 2012.

Les travaux de Thibault Damour, salués par deux reconnaissances internationales

Thibault Damour vient d’être élu membre honoraire étranger de l’Académie Américaine des Arts et des Sciences et a reçu le prix Lodewijk Woltjer Lecture 2016 de la Société Européenne de l’Astronomie.

Le 20 avril 2016 Thibault Damour a été élu membre honoraire étranger de l’Académie Américaine des Arts et des Sciences pour 2016. Il a également reçu le prix Lodewijk Woltjer Lecture 2016 pour « l'ensemble de sa carrière sur les implications théoriques de la Relativité et en particulier sur les prédictions du signal des ondes gravitationnelles par la coalescence de deux trous noirs observé récemment ».

Communiqué de presse – 21 avril 2016

Le professeur Thibault Damour est un physicien théoricien dont les travaux portent sur les conséquences de la théorie d’Einstein, ainsi que sur la relativité générale, et les extensions à la théorie des cordes. Il a apporté des contributions durables sur la théorie des trous noirs, le moment relativiste des pulsars binaires, la génération des ondes gravitationnelles, le mouvement et la coalescence des trous noirs, de même que plusieurs aspects des débuts de la cosmologie. Il a mis au point en 2000, avec plusieurs collaborateurs, une nouvelle méthode servant à décrire le mouvement et la radiation gravitationnelle d’un système binaire de deux trous noirs coalescents, ce qui a donné la première prédiction du signal d’ondes gravitationnelle observé par LIGO en septembre 2015. Ses travaux ont permis d’interpréter le signal observé et de mesurer les masses et les rotations des deux trous noirs coalescents.

Thibault Damour est né en 1951 à Lyon. Après des études à l’Ecole Normale Supérieure de la rue d’Ulm (1970-1974), il a obtenu sa thèse de doctorat de troisième cycle en 1974 (Université de Paris VI) et plus tard, sa thèse de doctorat d’Etat ès Sciences Physiques (Université de Paris VI, 10 janvier 1979). Il a débuté sa carrière de chercheur au CNRS (1977-1989). Il est professeur permanent à l’IHES depuis 1989.

Le professeur Thibault Damour a reçu de nombreux prix prestigieux pendant sa carrière : il est lauréat de la Fondation Singer-Polignac (1978), médaille de bronze du CNRS (1980), prix de physique théorique « Paul Langevin » (1984), premier prix de la Gravity Research Foundation (1994), prix Mergier-Bourdeix, médaille Einstein (1996), médaille Cecil F. Powell (2005), et Prix Amaldi (2010). Il est membre de l’Académie des Sciences de Paris et de l’Institut de France.

Le 20 avril 2016 Thibault Damour a été élu membre honoraire étranger de l’Académie Américaine des Arts et des Sciences pour 2016, aux côtés de 213 nouveaux membres dont 36 membres honoraires étrangers. Parmi eux se trouvent quelques-uns des plus éminents intellectuels et leaders politiques ou du monde des affaires et de la philanthropie. L’IHES est fier de compter les anciens professeurs permanents Pierre Deligne, Mikhail Gromov et David Ruelle, le Professeur Léon Motchane Alain Connes, au rang des membres de cette prestigieuse institution. James H. Simons, administrateur de l’IHES est aussi membre de l’Académie Américaine des Arts et des Sciences.

Thibault Damour a également reçu le prix Lodewijk Woltjer Lecture 2016 pour « l’ensemble de sa carrière sur les implications théoriques de la Relativité et en particulier sur les prédictions du signal des ondes gravitationnelles par la coalescence de deux trous noirs observé récemment » a déclaré la Société d’Astronomie Européenne le 12 avril 2016.

L’Institut félicite le professeur permanent Thibault Damour pour ces deux distinctions. « La connaissance ne connaît pas de frontières, et je suis très fier de ces prix internationaux qui témoignent de la remarquable contribution de Thibault à la physique contemporaine » a déclaré le directeur Emmanuel Ullmo.

Ondes gravitationnelles et coalescence de trous noirs

L’IHES salue l’annonce de la première observation, par les deux interféromètres LIGO (USA) du réseau international LIGO/Virgo, des ondes gravitationnelles émises par la coalescence d’un système binaire de trous noirs.

Communiqué de presse – 11 février 2016
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L’Institut des Hautes Études Scientifiques (IHES) salue l’annonce de la première observation, par les deux interféromètres LIGO (USA) du réseau international LIGO/Virgo, des ondes gravitationnelles émises par la coalescence d’un système binaire de trous noirs. L’Institut se réjouit des extraordinaires avancées scientifiques que va apporter l’astronomie des ondes gravitationnelles initiée par ces observations et espère contribuer à exploiter les informations qu’elle va apporter sur le cosmos, sur la physique des trous noirs, et plus généralement sur le nouvel Univers inventé par Einstein il y a un siècle.

Un siècle de développements en Relativité Générale­

Cette découverte majeure de la collaboration LIGO/Virgo intervient un siècle après la prédiction par Einstein de l’existence d’ondes gravitationnelles dans la théorie de la Relativité Générale, et après la découverte de la solution de Schwarzschild, appelée aujourd’hui trou noir de Schwarzschild. De nombreux travaux théoriques ont ensuite permis une meilleure compréhension de ces ondes de déformation de la géométrie de l’espace-temps : la première preuve mathématique de l’existence de solutions génériques des équations d’Einstein incorporant une propagation par ondes (Yvonne Fourès-Bruhat, 1952), les premiers essais de construction de détecteurs d’ondes gravitationnelles (Joseph Weber, 1958), et la preuve apportée dans les années 1980-90 par l’observation du mouvement de plusieurs pulsars binaires, et leur comparaison aux prédictions de la théorie d’Einstein, que l’interaction gravitationnelle se propage par ondes, à la vitesse de la lumière.

Une longue lignée de résultats théoriques obtenus à l’IHES

L’IHES se réjouit particulièrement que plusieurs lignes de recherches théoriques, initiées ou ac­complies en son sein, aient contribué à la découverte faite par la collaboration LIGO/Virgo. Citons en premier lieu la conception, et le développement, de la méthode Effective One-Body, EOB (A. Buonanno et T. Damour, 2000) qui a ouvert la voie à une description analytique du signal gravitationnel complet émis pas la coalescence de deux trous noirs, comprenant à la fois l’onde quasi-sinusoidale émise durant la période spirallante et le signal émis pendant et après la fusion. Cette méthode a donné dès 2000, avant l’existence de codes numériques permettant ce calcul, la première représentation du signal de coalescence, ainsi que la première estimation du moment cinétique du trou noir final formé par la fusion des deux trous noirs. Le développement de cette méthode à l’IHES (T. Damour et A. Nagar, 2006-2016), nourri de nouvelles idées théoriques (factorisation et resommation de l’amplitude des ondes) et d’un dialogue serré avec des résultats de simulations numériques, a permis de définir une classe de gabarits de haute précision pour la détection et l’analyse des signaux gravitationnels émis par la coalescence de systèmes binaires de trous noirs. Des membres de cette classe de gabarits d’ondes, dans la version du formalisme EOB développé parallèlement par A. Buonanno au sein de la collaboration scientifique LIGO, ont été utilisés pour chercher et analyser les signaux découverts par LIGO.

Citons aussi le développement de la méthode Multipolar Post-Minkowskian (L. Blanchet, T. Damour et B. Iyer) qui a permis le calcul précis de l’amplitude des ondes gravitationnelles émises par un système binaire ; et le calcul, avec une précision toujours accrue, des équations du mouvement d’un système binaire (notamment par T. Damour, P. Jaranowski et G. Schäfer).


Plus d’informations :
https://gravitational_waves.ihes.fr/­

Voir également le Cours de l’IHES sur « Ondes gravitationnelles et systèmes binaires » ­ici.