Quelle place pour les femmes dans les sciences fondamentales et le monde des affaires ?

À partir de son expérience personnelle et d’une réflexion autour du film « Picture a Scientist », Martine Liautaud répondra aux questions de Bruno Dranesas sur la place des femmes dans les sciences et le monde des affaires.

Les femmes sont encore trop peu représentées dans les sciences, plus particulièrement en physique et en mathématique, des disciplines toujours majoritairement masculines, aussi bien en formation qu’en recherche. Alors que 2021 marque l’arrivée à l’IHES de la première professeure permanente, Laure Saint-Raymond, il reste un long chemin à parcourir pour que ces domaines deviennent plus égalitaires.

L’IHES et la Fondation Mathématique Jacques Hadamard (FMJH), qui entendent mettre l’accent sur ces sujets essentiels d’égalité et d’inclusion, organisent l’événement :

« Quelle place pour les femmes dans les sciences et le monde des affaires ? »
Conversation avec Martine Liautaud,
Fondatrice et Présidente de Women Initiative Foundation

qui se déroulera mercredi 15 septembre à 18h00, simultanément au Centre de conférences Marilyn et James Simons de l’IHES et en ligne.

À partir de son expérience personnelle et d’une réflexion autour du film « Picture a Scientist », Martine Liautaud, fondatrice et présidente de Women Initiative Foundation, qui œuvre depuis plus de dix ans pour la diversité et pour la promotion des femmes dans le monde de l’entreprise, répondra aux questions de Bruno Dranesas, directeur des stratégies éditoriales chez ELEPHANT auprès de grandes entreprises françaises, sur la place des femmes dans les sciences et le monde des affaires. Quelles leçons l’enseignement supérieur et la recherche peuvent-ils tirer des initiatives mises en place au sein de certaines entreprises ?

En identifiant les difficultés que les femmes rencontrent dans des filières traditionnellement réservées aux hommes, l’objectif de cette discussion sera de réfléchir à des exemples d’actions concrètes pouvant être mises en place pour rendre ces milieux plus attractifs et accessibles aux femmes.

Le film « Picture a Scientist » sera mis à disposition du 13 au 16 septembre sur demande.

Une projection accueillant un nombre restreint de personnes aura lieu à l’IHES le 15 septembre à 16h00, en amont de la discussion avec Martine Liautaud. Sur réservation uniquement et sous réserve de l’évolution des contraintes sanitaires. Pour ceux qui assisteront à l’événement sur place, les masques seront obligatoires et le pass sanitaire pourra être requis (en fonction des consignes sanitaires le jour de l’événement).

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Les idées recueillies lors de cette soirée alimenteront aussi le débat d’une table ronde prévue le 4 octobre dont l’objectif sera de réfléchir aux initiatives pertinentes pour promouvoir les femmes en mathématiques dans les contextes qui sont ceux de l’Institut et de la Fondation Mathématique Jacques Hadamard.

Tous ces échanges permettront d’identifier des actions à mettre en place pour attirer plus de femmes scientifiques brillantes dans les filières universitaires en mathématiques et physique théorique ainsi qu’à l’Institut, et mieux les promouvoir. Les initiatives retenues seront notamment financées grâce aux fonds levés lors du prochain gala de Friends of IHES, qui sera dédié aux « Femmes et sciences fondamentales ».

 

Martine Liautaud Banquière d’affaires, business angel, entrepreneure et philanthrope, Martine Liautaud est fondatrice et présidente de Women Initiative Foundation (WIF) depuis 2010, fonds de dotation destiné à soutenir les initiatives en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes dans le monde des affaires. Elle est aussi membre des Comités d’Orientation Stratégique de CentraleSupélec et de l’Université Paris Saclay.

 

Bruno Dranesas

Ancien journaliste économique, ayant notamment occupé les postes de directeur de la rédaction de BFM Business et directeur-adjoint du journal économique La Tribune, Bruno Dranesas a rejoint en 2005 le groupe de production de conseil et de contenus ELEPHANT en tant que directeur des stratégies éditoriales.

 

 

Picture a Scientist. Un documentaire réalisé par Ian Cheney et Sharon Shattuck, produit par Manette Pottle, Ian Cheney et Sharon Shattuck, « Picture a Scientist » ouvre des pistes de réflexion pour rendre la science plus diverse, plus équitable et plus ouverte à tous, en suivant les parcours de trois femmes scientifiques, une biologiste, une chimiste et une géologue.

Regardez l’entretien avec Martine Liautaud :

Retrouvez toutes les vidéos de l’événement

L’IHES modernise la bibliothèque N.H. Kuiper

Après plus d'un an de fermeture, la bibliothèque N. H. Kuiper de l'IHES est à nouveau accessible.

Après plus d’un an de fermeture, la bibliothèque N. H. Kuiper de l’IHES est à nouveau accessible. Un vaste chantier de réaménagement des collections sur les 3 niveaux a été réalisé. Il fait suite à la modernisation de la bibliothèque menée depuis plusieurs années.

En 2019, dans le cadre de la mutualisation des pratiques documentaires de l’Université Paris-Saclay, la bibliothèque de l’IHES s’est dotée d’un outil de découverte nommé « Focus ». Il permet d’interroger en ligne et facilement les collections physiques et électroniques du catalogue de la bibliothèque tout en proposant de nouveaux services aux lecteurs. A partir de leur compte lecteur, les usagers peuvent consulter leur historique de prêts, prolonger les prêts en cours ou réserver un document, ou encore faire une suggestion d’achat.

En septembre 2020, en complément de Focus, un nouveau système de gestion de bibliothèques mutualisé (SGBM) nommé « Alma » a permis de moderniser les pratiques documentaires et les services proposés. Plusieurs bibliothèques de l’Université de Paris-Saclay travaillent ensemble pour proposer un catalogue commun. La mutualisation de certaines tâches permet aux professionnels utilisant l’outil de gagner du temps pour se consacrer à la qualité des données bibliographiques de leur catalogue. Parmi les avancées notables à l’IHES, le prêt de documents est désormais informatisé. En plus de la gestion quotidienne, il est possible de réaliser des statistiques pour analyser les pratiques documentaires des usagers et leur proposer éventuellement de nouveaux services, ou bien orienter/ajuster la politique documentaire.

3 points à retenir :

2019 : lancement de Focus : outil de découverte en ligne.

2020 : lancement d’Alma : système de gestion de bibliothèques mutualisé

2021 : réaménagement des collections

Laurent Lafforgue rejoint Huawei Technologies France

A partir du 1er septembre 2021, Laurent Lafforgue rejoint Huawei Technologies France pour poursuivre ses travaux plus avant en lien avec les équipes de recherche de l’entreprise avec lesquelles il a collaboré jusqu’ici.

Laurent Lafforgue, mathématicien et professeur permanent à l’IHES depuis 2000, est mondialement connu en particulier pour ses importantes contributions au programme de Langlands dans les champs de la théorie des nombres et de l’analyse, qui lui ont valu la médaille Fields en 2002.

Au cours des dernières années, ses travaux plus récents sur la théorie des topos l’ont amené à développer une collaboration avec les équipes de recherche de Huawei Technologies France. Les échanges entre Laurent Lafforgue et les chercheurs de Huawei, commencés en 2017, ont d’abord conduit à un projet de deux ans, axé sur la théorie des topos et financé par Huawei, puis, en 2019, à la création de la Chaire Huawei de géométrie algébrique à l’IHES, dont le professeur Lafforgue a été le premier titulaire.

A partir du 1er septembre 2021, Laurent Lafforgue rejoint Huawei Technologies France pour poursuivre ces travaux plus avant en lien avec les équipes de recherche de l’entreprise avec lesquelles il a collaboré jusqu’ici.

Les échanges de l’IHES avec Huawei Technologies France continuent par ailleurs de se développer, notamment dans le cadre du programme Huawei Young Talents, lancé à l’automne 2020. Ce programme, d’une durée de dix ans, permet chaque année de financer en moyenne 7 bourses post-doctorales attribuées par le Conseil scientifique de l’Institut, soutenant ainsi les travaux de chercheurs et chercheuses en début de carrière.

Suite au départ de Laurent Lafforgue, le Conseil Scientifique nommera prochainement le nouveau ou la nouvelle titulaire de la Chaire Huawei de géométrie algébrique à l’Institut.

Rencontre avec Jessica Wynne, auteure du livre « Do Not Erase: Mathematicians and Their Chalkboards »

L'IHES et l'Institut Henri Poincaré (IHP) organisent un événement autour du livre "Do Not Erase: Mathematicians and their Chalkboards", en présence de l’artiste, Jessica Wynne, et de la mathématicienne Amie Wilkinson.

Les mathématiciens affectionnent les tableaux noirs, qu’ils utilisent souvent comme leurs outils de travail privilégiés, pour écrire et partager leurs idées. Bien que leur abstraction et leur complexité les rendent souvent difficiles à déchiffrer, les équations mathématiques et les symboles griffonnés sur des tableaux noirs en font des objets fascinants. Jessica Wynne, professeure associée de photographie au Fashion Institute of Technology de New York, a saisi toute leur beauté dans une série de photographies qu’elle a prises au cours des trois dernières années en visitant des instituts de mathématiques en Europe et en Amérique.

Un livre rassemblant une collection de certaines de ses photos les plus poignantes, ayant récemment été publié par Princeton University Press : « Do Not Erase: Mathematicians and their Chalkboards », présente les tableaux de mathématiciennes et mathématiciens jeunes ou chevronnés, dont certains sont liés à l’IHES : Alain Connes, titulaire de la chaire Léon Motchane, Misha Gromov, professeur émérite, Ofer Gabber, directeur de recherche CNRS à l’IHES, Jean-Pierre Bourguignon, ancien directeur (1994-2013) et actuel titulaire de la chaire Nicolaas H. Kuiper, Hélène Esnault, membre du conseil scientifique de l’Institut, John Terilla, membre du Board de Friends of IHES.

L’IHES et l’Institut Henri Poincaré (IHP) organisent un événement autour de ce livre, en présence de l’artiste, Jessica Wynne, et de la mathématicienne Amie Wilkinson, chercheuse invitée régulièrement à l’IHP ayant aussi fait des séjours à l’IHES, dont le tableau apparaît dans le livre.

 

L’événement aura lieu
le lundi 13 septembre à 17h30,
à l’Institut Henri Poincaré, amphithéâtre Hermite, 11 Rue Pierre et Marie Curie, 75005 Paris.

Le nombre de places étant limité, l’inscription est obligatoire. Le port du masque et le passe sanitaire seront obligatoires.

S’inscrire

« Do Not Erase: Mathematicians and their Chalkboards » est une exploration photographique des tableaux mathématiques. L’auteure Jessica Wynne y propose une sélection de plus d’une centaine de photographies de tableaux, prises auprès de mathématiciennes et mathématiciens du monde entier. Les photographies sont accompagnées d’essais écrits par celles et ceux dont les tableaux sont représentés, qui commentent leur travail et de leurs méthodes. Ensemble, les images et les mots proposent une véritable réflexion sur les relations uniques entre les mathématiques, l’art et la créativité.

Jessica WynneJessica Wynne est professeure associée de photographie au Fashion Institute of Technology. Ses photographies font partie des collections de la Morgan Library & Museum et du San Francisco Museum of Modern Art et ont été exposées au Whitney Museum of American Art et au Cleveland Center for Contemporary Art. Son travail a été présenté dans le New York Times, le Guardian, le New Yorker et Fortune. Wynne est représentée par la galerie Edwynn Houk et vit à New York.

 

Amie Wilkinson © Jessica WynneAmie Wilkinson est professeure de mathématiques à l’université de Chicago et travaille sur la théorie ergodique et les systèmes dynamiques. Elle a obtenu son diplôme de premier cycle à Harvard en 1989 et son doctorat à Berkeley en 1995. Elle a effectué des post-doctorats à Harvard et Northwestern et est devenue professeure à Northwestern avant de s’installer à Chicago en 2011. Les recherches d’Amie Wilkinson portent sur l’interaction entre la dynamique et les autres structures des mathématiques pures – géométriques, statistiques, topologiques et algébriques.

Thibault Damour lauréat de la médaille Dirac 2021

Le professeur Thibault Damour est parmi les quatre lauréats de la Médaille Dirac de cette année, avec Alessandra Buonanno, Frans Pretorius, et Saul Teukolsky.

Le professeur Thibault Damour est parmi les quatre lauréats de la médaille Dirac de cette année, avec Alessandra Buonanno (Max Planck Institute for Gravitational Physics), Frans Pretorius (Princeton University), et Saul Teukolsky (Caltech & Cornell University).

Ce prix reconnait les contributions théoriques des quatre physiciens, ayant permis de prédire les propriétés des ondes gravitationnelles générées lors des collisions de systèmes binaires d’étoiles ou des trous noirs. Leurs travaux ont été essentiels pour la détection des ondes gravitationnelles par les collaborations LIGO et Virgo, depuis leur première détection en 2015.

La médaille Dirac est décernée tous les ans par l’ICTP (International Centre for Theoretical Physics) de Trieste, à des scientifiques ayant contribué de façon déterminante au développement des connaissances en physique théorique.

En février de cette année, les travaux de Damour, Buonanno et Pretorius avaient été récompensés par la médaille Galileo Galilei, décernée par l’Istituto Nazionale di Fisica Nucleare, établissement de recherche italien.

L’IHES félicite le Prof. Damour et ses collègues pour cette distinction prestigieuse, qui témoigne encore une fois de l’importance de leurs contributions théoriques.

Retrouvez le communiqué de presse de l’ICTP

Publication du rapport annuel 2020

Découvrez le rapport annuel 2020 de l'IHES, publié pour la première fois dans un format numérique interactif. 

Découvrez le rapport annuel 2020 dans un nouveau format !

L’année 2020 a été une année particulière, marquée par la pandémie mondiale de Covid-19. Cela a eu des impacts directs sur l’organisation de l’Institut et a nécessité de nombreuses adaptations comme la mise en place du télétravail pour tous ou encore l’organisation d’événements en ligne.

Dans cette optique, et pour la première fois, l’IHES a repensé le format de son rapport d’annuel en le rendant plus accessible et en facilitant sa lecture. Découvrez-le dans un format numérique interactif, entièrement compatible smartphones et tablettes.

Accéder au Rapport ANNUEL 2020

 

Avec ce nouveau format, vous pouvez :

  • partager une ou plusieurs pages, voire tout le document ;
  • marquer des pages en favoris, puis les partager, les imprimer ou les extraire en pdf ;
  • utiliser le sommaire à n’importe quel moment pour naviguer facilement dans le rapport annuel ;
  • accéder à du contenu additionnel grâce aux liens disponibles ;
  • télécharger le document au format pdf.

Bien que son format ait évolué, le contenu du rapport annuel reste le même. Ainsi, vous y trouverez toujours les activités des professeurs de l’Institut, les chercheurs invités présents, les événements qui ont eu lieu ou encore la situation financière de l’IHES.

Bonne lecture !

Laure Saint-Raymond, membre honoraire de la London Mathematical Society

Laure Saint-Raymond ainsi que Ngo Bao Chau, Peter Sarnak et Ya-xiang Yuan viennent d'être élus membres honoraires de la London Mathematical Society.

Laure Saint-Raymond ainsi que Ngo Bao Chau, Peter Sarnak et Ya-xiang Yuan viennent d’être élus membres honoraires de la London Mathematical Society.
Les travaux de Laure Saint-Raymond portent principalement sur l’analyse asymptotique de systèmes d’équations aux dérivées partielles, en particulier ceux gouvernant la dynamique des gaz, des plasmas ou des fluides. Elle a notamment apporté des contributions fondamentales au sixième problème de Hilbert concernant l’axiomatisation de la mécanique en montrant qu’il existe une transition continue entre les modèles de la physique statistique hors d’équilibre et les équations de la mécanique des fluides, et plus récemment elle a étudié la validité de ces modèles statistiques en se basant sur la mécanique de Newton. Elle travaille également sur les modèles de mécanique des fluides qui décrivent les courants océaniques.
Ses travaux lui ont valu de nombreuse reconnaissances internationales.
Laure Saint-Raymond rejoint l’IHES en tant que professeure permanente en septembre.

Lire ici le communiqué officiel de la London Mathematical Society.

Math in France, une communauté mathématique ouverte à l’international

L’INSMI vient de mettre à jour le site « Math in France », pensé pour la communauté mathématique internationale et qui permet de parcourir les opportunités que la France offre pour faciliter les collaborations en mathématiques.

L’Institut national des sciences mathématiques et leurs interactions (INSMI) – CNRS vient de mettre à jour le site « Math in France ».

Math in France a été pensé pour la communauté mathématique internationale et permet de parcourir les opportunités que la France offre pour faciliter les collaborations en mathématiques, d’avoir un aperçu de la structuration de sa recherche en mathématique et de rentrer en contact avec la communauté mathématique française.

Le site a été créé en 2016 avant le congrès européen des mathématiques (ECM) à Berlin et il est réactualisé à chaque congrès international et européen. Dans cette dernière version, le graphisme et la structure ont été entièrement repensés pour faciliter la navigation.

Une galerie d’environ 80 portraits de mathématiciens vous donnera un aperçu de la communauté mathématique française et des sujets développés dans les laboratoires de recherche en France et à l’international. Vous y reconnaîtrez les visages de plusieurs chercheurs liés à l’IHES : Hugo Duminil-Copin, professeur permanent depuis 2016, Laure Saint-Raymond, qui rejoindra l’Institut en tant que professeure permanente à partir de septembre 2021, Nicolas Bergeron, rédacteur en chef des Publications mathématiques de l’IHES, ou encore Anna Erschler, Ya Deng, et Eleonora Di Nezza, tous anciens post-doctorants de l’Institut.

Rendez-vous sur Math in France et faites-le connaître à vos collaborateurs !

Cécile DeWitt-Morette et Yvonne Choquet-Bruhat : un hommage à deux femmes emblématiques de l’IHES

Lorsque l'on évoque les chercheuses qui ont le plus marqué l'IHES, deux noms viennent immédiatement à l'esprit : Cécile DeWitt-Morette et Yvonne Choquet-Bruhat. Liées par une longue amitié et collaboration, leurs deux histoires sont entrelacées avec celle de l'Institut.

Lorsque l’on évoque les chercheuses qui ont le plus marqué l’IHES, deux noms viennent immédiatement à l’esprit : Cécile DeWitt-Morette et Yvonne Choquet-Bruhat.

Toutes deux étaient de grandes scientifiques qui ont contribué à la physique théorique et aux mathématiques à une époque où il était extrêmement rare pour des femmes de réussir une carrière dans ces domaines. Liées par une longue amitié et collaboration, leurs deux histoires sont entrelacées avec celle de l’Institut.

Le mois dernier, nous avons eu la chance de rencontrer et de discuter avec deux des filles de Cécile DeWitt-Morette, Christiane et Nicolette DeWitt, ainsi qu’avec le fils d’Yvonne Choquet-Bruhat, Daniel Choquet, qui nous ont aidés à retracer les liens de Cécile et d’Yvonne avec l’Institut. Ils ont partagé quelques réflexions sur la façon dont leurs mères ont vécu leur rôle de chercheuses.

Cécile DeWitt Morette (1922-2017) était une physicienne française, connue notamment pour avoir fondé l’École de Physique des Houches, où des générations de physiciens ont appris de certains des plus grands scientifiques des 20e et 21e siècles. Cécile a contribué à faire revivre la physique en Europe après la Seconde Guerre mondiale et a joué un rôle clé dans la fondation de l’IHES : c’est elle qui a présenté le fondateur de l’Institut, Léon Motchane, à Robert Oppenheimer, alors directeur de l’Institute for Advanced Study. De leur rencontre est née une relation forte qui a duré des années et qui a permis à Léon Motchane de construire l’IHES et de développer sa stratégie de directeur.

« En tant que physicienne, ce qui comptait le plus pour elle était d’aider d’autres personnes à apprendre et à comprendre la physique. Elle faisait tout ce qu’elle pouvait pour aider les gens, n’importe qui, dans leurs démarches, » a remarqué Christiane DeWitt à propos de sa mère Cécile. Et Nicolette a continué : « Elle était au service d’une plus grande cause : elle voulait vraiment aider les gens à aller là où ils souhaitaient aller. »

C’est dans ce même esprit que pendant de nombreuses années elle a joué un rôle important en tant que membre du conseil d’administration, en s’appuyant sur son réseau, tant en France qu’aux États-Unis, pour accompagner au mieux l’Institut dans sa mission.

Yvonne Choquet-Bruhat est mathématicienne et physicienne. Son importante contribution à la compréhension des équations d’Einstein et de leurs solutions lui a valu une reconnaissance internationale. En France, elle a été la première femme à être élue à l’Académie des Sciences. Elle est arrivée à l’IHES en fin de carrière, alors qu’elle était déjà à la retraite et à l’invitation de Thibault Damour. « Pour ma mère, l’IHES était un havre de paix, un endroit où elle s’est toujours sentie la bienvenue. Les moments qu’elle appréciait le plus étaient les déjeuners à la cafétéria, qui sont de formidables occasions d’échanger avec les visiteurs et les autres chercheurs dans un contexte informel, » a expliqué Daniel Choquet.

Cécile et Yvonne étaient des amies très proches depuis de nombreuses années et leurs liens respectifs avec l’IHES leur permettaient de s’y retrouver. Elles ont également travaillé ensemble à l’écriture de plusieurs ouvrages scientifiques, parmi lesquelles le livre « Analysis, Manifolds and Physics » qui compte plusieurs volumes. « Il est certain que la disparition de Cécile a été une très grande perte pour Yvonne », a commenté Daniel Choquet. Et toute personne actuellement à l’IHES qui a eu la chance de les rencontrer confirmera à quel point ces deux scientifiques françaises fortes, déterminées et d’une grande humanité manquent à l’Institut !

S.A.S. le Prince Albert II de Monaco en visite à l’IHES

Vendredi 11 juin 2021, S.A.S. le Prince Albert II de Monaco s'est rendu à l'Institut des Hautes Etudes Scientifiques, accompagné de Patrice Cellario, Conseiller de Gouvernement et Ministre de l'Intérieur de la Principauté de Monaco.

Vendredi 11 juin 2021, S.A.S. le Prince Albert II de Monaco s’est rendu à l’Institut des Hautes Etudes Scientifiques, accompagné de Patrice Cellario, Conseiller de Gouvernement et Ministre de l’Intérieur de la Principauté de Monaco.

Après avoir été accueillis par Marwan Lahoud, Président de l’IHES, Emmanuel Ullmo, Directeur de l’IHES, Alexander Grimaud, Sous-préfet de l’arrondissement de Palaiseau et Jean-François Vigier, Maire de Bures-sur-Yvette, ils ont pu échanger avec plusieurs des chercheurs juniors présents à l’Institut :

Visite de SAS le Prince Albert II de Monaco, 11 juin 2021, IHES

– Veronica Fantini, d’origine italienne, spécialisée en géométrie et physique mathématique, actuellement en visite à l’Institut où elle s’apprête à démarrer un post-doctorat à la rentrée universitaire ;

Vasilisa Nikiforova, post-doctorante en physique théorique d’origine russe ;

Alex Takeda, post-doctorant d’origine brésilienne, qui explore des sujets reliés à la géométrie algébrique et la physique mathématique.

Visite de SAS le Prince Albert II de Monaco, 11 juin 2021, IHES

Dans le bâtiment scientifique principal de l’Institut, S.A.S. le Prince Albert II de Monaco a pu ensuite échanger avec Fanny Kassel, mathématicienne, directrice de recherche CNRS affectée au Laboratoire Alexander Grothendieck à l’IHES, et l’un de ses doctorants, Balthazar Fléchelles. L’Institut s’inscrit ainsi au sein d’une communauté mathématique plus large : membre fondateur de l’Université Paris-Saclay, il collabore étroitement avec plusieurs partenaires, parmi lesquels figure le CNRS.

Visite de SAS le Prince Albert II de Monaco, 11 juin 2021, IHES

S.A.S. le Prince Albert II de Monaco et Patrice Cellario ont également visité la bibliothèque de l’IHES, où ils ont pu saluer David Ruelle, physicien, longtemps professeur permanent et désormais professeur émérite de l’IHES, lauréat du prix Albert 1er de Monaco en 1979 décerné par l’Académie des Sciences.

Visite de SAS le Prince Albert II de Monaco, 11 juin 2021, IHES

Enfin, avant d’aller déjeuner, ils ont rencontré Luc Illusie, mathématicien spécialisé en géométrie algébrique, présent sur place à l’occasion du Colloque organisé en son honneur à l’occasion de son 80e anniversaire (81e du fait de la pandémie !) du 8 au 11 juin. Luc Illusie est d’ailleurs un fidèle de l’IHES puisqu’il assistait déjà au Séminaire d’A. Grothendieck lors des premières années de l’Institut.

Après un déjeuner pris à la cafétéria de l’IHES, S.A.S. le Prince Albert II de Monaco et Patrice Cellario se sont rendus au Centre de Conférences Marilyn et Jim Simons pour assister à un exposé de Thibault Damour, physicien, professeur permanent de l’IHES, sur les ondes gravitationnelles. L’occasion de mesurer l’avancée de la science depuis les premiers travaux menés par Albert Einstein sur cette question, jusqu’aux découvertes observationnelles les plus récentes, et leurs fondements théoriques.

Visioconférence d’Amandine Cornille le 1er juillet 2021

Les Amis de l'IHES ont organisé une nouvelle visioconférence avec Amandine Cornille, chercheuse CRCN CNRS, le jeudi 1er juillet 2021 à 18h30 sur Zoom.

Nouvel événement grand public organisé par Les Amis de l’IHES le jeudi 1er juillet 2021 à 18h30 (heure française)

Amandine CORNILLE (chercheuse CRCN/CNRS) a donné une visioconférence sur Zoom, intitulée :

« Des pommes et des hommes »

« Quelle est l’origine de la diversité des variétés de pommes que vous consommez aujourd’hui? Malgré son importance économique, culturelle et historique, les histoires évolutives du pommier cultivé et de ses parents sauvages restaient encore peu connues il y a encore 10 ans. L’utilisation de marqueurs génétiques sur plusieurs populations de pommiers sauvages et cultivés à travers l’Eurasie a permis de faire de grands progrès pour répondre à cette question ».

Contact : Ingrid Peeters (01 60 92 66 64)

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Les Publications mathématiques de l’IHES passent en accès libre diamant

Depuis le 1er janvier 2021, les Publications mathématiques de l’IHES sont accessibles en ligne et téléchargeables gratuitement.

Depuis le 1er janvier 2021, les Publications mathématiques de l’IHES sont accessibles en ligne et téléchargeables gratuitement sans besoin d’abonnement ou d’inscription. La version papier des Publications, toujours éditée par Springer et inchangée dans son format classique tant cher à ses lecteurs, est en vente auprès de l’IHES.

Ce changement reflète la volonté du directeur de l’IHES, Emmanuel Ullmo, du rédacteur en chef, Nicolas Bergeron et du conseil scientifique de l’Institut, de rendre cette prestigieuse revue internationale facilement et rapidement accessible à toute la communauté mathématique, lui permettant ainsi de profiter pleinement des articles dans leur version finale dès publication.

Les Publications mathématiques sont une revue scientifique internationale de très haut niveau, lancée en 1958 par le fondateur de l’Institut, Léon Motchane. La qualité scientifique des articles publiés, ainsi que la qualité matérielle des volumes imprimés, les « cahiers bleus », ont très vite fait des Publications mathématiques de l’IHES un journal scientifique de grand renom, apprécié et respecté par les mathématiciens du monde entier.

Pendant ses 62 années d’histoire, les Publications mathématiques de l’IHES ont connu plusieurs rédacteurs en chef. Après Jean Dieudonné (1959-1979) se sont succédés Jacques Tits (1979-1999), Etienne Ghys (1999-2009), Sergiu Klainerman (2009-2012) et Claire Voisin (2009-2019). Nicolas Bergeron, professeur à l’École normale supérieure, a pris la relève depuis juillet 2019.

C’est justement sous l’impulsion de Nicolas Bergeron qu’en janvier 2021 les Publications mathématiques de l’IHES sont passées en accès ouvert. Il s’exprime ci-dessous sur le fonctionnement de cette publication ainsi que sur l’impact de ce changement.

Comment êtes-vous devenu rédacteur en chef des Publications mathématiques et quel est l’intérêt de ce travail pour vous ?

C’est ma prédécesseure à la tête de la rédaction, Claire Voisin, qui m’a proposé de prendre la relève en 2019. Le travail d’édition m’intéresse beaucoup et le prestige des Publications mathématiques de l’IHES le rend d’autant plus intéressant. Le petit nombre d’articles publiés chaque année conduit les mathématiciens à ne soumettre que leurs meilleurs travaux, ce qui rend le travail de révision extrêmement intéressant. C’est très agréable de constater l’intérêt avec lequel les membres du comité de rédaction, ainsi que les referees, se penchent volontiers sur les articles que nous recevons. Cela témoigne de la qualité des travaux qui nous sont envoyés.

Quelle est la procédure de sélection des articles pour les Publications mathématiques de l’IHES ?

Les articles me sont soumis directement. Je fais une première sélection et contacte ensuite les membres du comité de rédaction pour avoir leur avis sur l’intérêt et la qualité des articles proposés. Les travaux qui sont considérés intéressants pour les Publications mathématiques de l’IHES, sont ensuite envoyés à deux ou trois référents qui prendront soin de les vérifier dans le détail. Seulement une dizaine de travaux parmi la cinquantaine d’articles que je soumets au comité de rédaction sont publiés chaque année dans la revue et c’est une grande responsabilité pour le comité de rédaction de choisir ceux qui méritent vraiment d’y apparaître.

 Quels changements se sont produits pour la revue depuis votre arrivée ?

À mon arrivée en 2019, je me suis chargé de renouveler le comité de rédaction. Historiquement, l’algèbre, la géométrie et les systèmes dynamiques sont très représentées dans les Publications mathématiques de l’IHES. L’arrivée récente dans le comité de rédaction d’Hugo Duminil-Copin, probabiliste, et d’Alessio Figalli, analyste, permettra j’espère d’élargir un peu le champ des sujets couverts.

Le passage en accès ouvert en début d’année est un autre changement important, qui marque notre volonté de rendre les mathématiques facilement accessibles par toute personne qui s’y intéresse.

Pourquoi est-il important que les Publications mathématiques soient en accès libre ? 

Depuis des années désormais, les mathématiciens mettent leurs articles librement à disposition sur internet. Cela fait partie d’une tendance globale, dans laquelle s’inscrivent des organismes de financement, tels que la Commission européenne pour la recherche par exemple, qui de plus en plus souvent demandent aux scientifiques de rendre leurs travaux librement accessibles.

Pour ce faire, les chercheurs se servent soit des plateformes en accès libre, comme arXiv, soit de leurs pages web. Les versions publiées de cette façon ne sont souvent pas les plus récentes et ne tiennent généralement pas compte du travail final de révision et de mise en page mené par les comités de lecture des journaux. Cela prive la communauté scientifique de la possibilité de consulter les articles dans leurs versions les plus améliorées, ce pourquoi il est important que des journaux scientifiques du niveau des Publications mathématiques de l’IHES soient en accès libre.

Les lecteurs disposent ainsi d’un accès direct à une version électronique de haute qualité. Ceux qui le souhaitent peuvent aussi continuer d’annoter les volumes en papier, édités par Springer et dont la vente est gérée maintenant par l’IHES.

La mise à disposition en accès libre des versions électroniques n’impacte pas le processus de sélection, qui reste inchangé. La publication se fait en accès libre sur le modèle diamant, autrement dit sans frais pour les auteurs, pour qui cela présente aussi des avantages : faciliter l’accès à leurs travaux en augmente la visibilité et donc potentiellement l’impact.