« Blaise Pascal, la mathématique au cœur de l’humanité » par Cédric Villani

Rendez-vous le 21 mars pour la première conférence grand public des Amis de l'IHES présentée par Cédric Villani

 

Les Amis de l’IHES ont présenté une conférence grand public jeudi 21 mars 2024 à 18h avec  Cédric Villani (IHES & Université Lyon 1) :

« Blaise Pascal, la mathématique au cœur de l’humanité »  

Les philosophes des Lumières étaient tentés d’acculer dans une impasse Blaise Pascal, de le dépeindre en génie fou pour éviter d’avoir à prendre en compte sa dérangeante vision du monde et du savoir. Mais les tourments du vingtième siècle, les progrès récents des sciences l’ont installé en précurseur dans bien des domaines, comme sa passion pour le rapport entre l’automatique et la réflexion. Avec le recul il apparaît comme le seul mathématicien de son époque à refléter toutes les facettes de cette discipline, y compris son volet économique avec une aventure qui fait de lui le premier entrepreneur de la « tech ».

Explorons ensemble quelques unes de ses facettes encore fascinantes.

Visionner la conférence :

Contact : Ingrid Peeters

Conférence de Catherine Goldstein et Clémence Perronnet

À l'occasion de la venue de l'exposition « Just Do Maths! » à l'IHES au printemps 2024, l’Institut accueille Catherine Goldstein, mathématicienne et historienne des mathématiques, et Clémence Perronnet, sociologue, le 4 avril 2024 pour une conférence à deux voix sur le rôle que peuvent jouer les modèles féminins pour faire progresser l’égalité en sciences.

À l’occasion de la venue de l’exposition « Just Do Maths! » à l’IHES au printemps 2024, l’Institut accueille Catherine Goldstein, mathématicienne et historienne des mathématiques, et Clémence Perronnet, sociologue, le 4 avril 2024 pour une conférence à deux voix sur le rôle que peuvent jouer les modèles féminins pour faire progresser l’égalité en sciences. L’événement, qui se déroulera en anglais, est ouvert à toutes et à tous sur inscription ici.

En France, les mathématiques comptent parmi les disciplines les moins féminisées de l’enseignement supérieur et de la recherche. Le livre Matheuses – Les filles, avenir des mathématiques de Clémence Perronnet, Claire Marc et Olga Paris-Romaskevich, préfacé par Catherine Goldstein, met en lumière les causes des inégalités sociales en mathématiques et analyse certains des leviers qui existent pour agir.

Dans leur intervention, Catherine Goldstein et Clémence Perronnet s’appuieront sur leurs travaux de recherche et l’un des dix chapitres du livre portant sur la question des modèles pour analyser la place des femmes dans les représentations des mathématiques et les conditions auxquelles des modèles peuvent encourager les aspirations et les parcours des étudiantes.

En parallèle de cette conférence, l’exposition « Just Do Maths! », visible au Centre de conférences Marilyn & Jim Simons de l’IHES à partir d’avril 2024, permettra justement de découvrir des portraits de mathématiciennes de l’Université Paris-Saclay, dont Yilin Wang, professeure junior à l’IHES. Combinant photos, illustrations et textes, l’exposition s’attache à lutter contre les inégalités de genre en sciences et en mathématiques.

Le programme de l’événement est le suivant :

17h30 Accueil du public

17h50 Mot d’accueil de Emmanuel Ullmo, directeur de l’IHES

17h55 Mot d’accueil de Pierre Pansu, directeur de la GS Mathématiques de l’Université Paris-Saclay

18h00 Conférence à deux voix de Catherine Goldstein et Clémence Perronnet

18h50 Questions/Réponses

19h10 Cocktail et vente de livres

L’ensemble de l’événement sera modéré par Audrey Antoine, étudiante en deuxième année du master d’Algèbre Appliquée de l’Université Paris-Saclay.

Rappel : L’événement est ouvert à toutes et à tous sur inscription ici. Il est également possible de suivre la conférence en ligne via Zoom

Retour sur le voyage de l’IHES à New York

Après avoir voyagé à Singapour en début d'année, l'IHES s’est rendu à New York la semaine du 12 février pour rencontrer des partenaires et plusieurs membres de Friends of IHES.

Après avoir voyagé à Singapour en début d’année, l’IHES s’est rendu à New York la semaine du 12 février pour rencontrer des partenaires et plusieurs membres de Friends of IHES.

Hugo-Duminil Copin lors de sa conférence au MoMath, le 14 février 2024.

Le 14 février, Hugo Duminil-Copin, professeur permanent à l’Institut et médaillé Fields 2022, a pris la parole dans le cadre de la série de conférences Math Encounters (« Rencontres mathématiques ») au National Museum of Mathematics (« MoMath »). Après une introduction de Michael Aizenman, professeur de physique et de mathématiques à l’université de Princeton, Hugo a partagé sa passion pour le jeu de HEX, expliquant ses fondements mathématiques et les liens étonnants entre ce jeu et ses travaux de recherche. Parmi les nombreux spectateurs figuraient notamment Ingrid Daubechies, visiteuse régulière de l’IHES et lauréate du prix Wolf en mathématiques, et Alex Kontorovich, professeur de mathématiques à l’université Rutgers et membre du conseil scientifique du magazine Quanta.

Damien Laban, Marilyn Simons et Hugo Duminil-Copin lors de la soirée au Consulat général de France à New York, le 15 février 2024.

Le lendemain, jeudi 15 février, Friends of IHES et BNP Paribas ont organisé une soirée exclusive au Consulat général de France à New York. Après un mot d’introduction de Damien Laban, Consul général par intérim, Emmanuel Ullmo, Directeur de l’IHES, et Joe Bonnaud, Directeur adjoint de la division Global Markets America de BNP Paribas, Hugo Duminil-Copin a donné une conférence intitulée « Does Randomness Truly Exist ? » (« Le hasard existe-t-il vraiment ? »). Parmi la centaine de participants figuraient la présidente de Friends of IHES, Marilyn Simons, le trésorier, Mark Howard, ainsi que plusieurs membres de Friends of IHES. Dennis Sullivan, ancien professeur permanent à l’IHES et lauréat du prix Abel, était également présent.

Lors de cette soirée au Consulat, Marilyn Simons a également partagé d’excellentes nouvelles concernant les fonds propres de Friends of IHES : mis en place en 2022, plus de 17 millions de dollars de dons et de promesses de dons ont déjà été récoltés pour ces fonds à destination de l’Institut. L’objectif de réunir 20 millions de dollars d’ici 2025 est donc presque atteint. Pour bel et bien l’atteindre, Marilyn Simons a rappelé que tous les dons jusqu’à 10 millions de dollars, promis ou versés avant 2025, seront égalés par la Simons Foundation International.

La semaine à New York a aussi permis à l’IHES de renforcer son réseau aux États-Unis, à travers des rendez-vous avec des personnalités d’Antin Infrastructure Partners, Goldman Sachs, Société Générale et Tikehau Capital.

La Fondation Squarepoint finance la Chaire Israel Gelfand

La Fondation Squarepoint s'engage auprès de l'Institut avec un don de 100 000 euros, qui financera la Chaire Israel Gelfand de mathématiques de 2024 à 2026.

La Fondation Squarepoint s’engage auprès de l’Institut avec un don et financera la Chaire Israel Gelfand de mathématiques de 2024 à 2026. A travers ce financement, la Fondation apporte son soutien aux sciences fondamentales et au modèle de recherche libre et désintéressée qui caractérise l’IHES, en y facilitant les séjours de recherche et l’accueil de scientifiques de premier plan.

Cette Chaire, créée en 2014 par Emmanuel Ullmo, le directeur de l’IHES, permet d’inviter, sur nomination du Conseil Scientifique, des mathématiciens et mathématiciennes de haut niveau pour des visites d’au moins deux mois par an pendant trois années consécutives. Les chercheurs et chercheuses ainsi sélectionnés contribuent au programme de séminaires et ont l’opportunité d’inviter des collaborateurs pendant leur séjour.

Depuis sa création, la Chaire Israel Gelfand a permis d’accueillir à l’Institut de grands scientifiques dans différents domaines mathématiques. Spencer Bloch, le premier détenteur de la Chaire, est désormais professeur émérite R.M. Hutchins à University of Chicago (Etats-Unis). Samson Shatashvili, dont les recherches sont au croisement de la physique théorique et des mathématiques est aujourd’hui University Chair of Natural Philosophy, Pure & Applied Mathematics à Trinity College Dublin (Irlande). Francis Brown est professeur à All Souls College à Oxford (Royaume-Uni). Sergiu Klainerman est professeur à Princeton University (Etats-Unis). Olivia Caramello, dont les recherches ont porté sur une partie des travaux de Gelfand lui-même, est professeure associée à Università degli Studi dell’Insubria (Italie).

L’actuel détenteur de la Chaire, Dennis Gaitsgory, est chercheur au Max-Planck-Institute for Mathematics à Bonn (Allemagne). Il a beaucoup interagi avec des « disciples » d’Israel Gelfand et est connu pour ses recherches sur le programme de Langlands.

 

Israel Gelfand (1913-2009) a été l’un des grands mathématiciens du XXe siècle. Ses recherches ont apporté des contributions majeures dans plusieurs domaines mathématiques. Ses travaux sont également reconnus dans le domaine de la biologie. Il est l’auteur de plusieurs centaines d’articles et de nombreux livres, et de multiples théorèmes portent son nom. Il a reçu plusieurs distinctions prestigieuses reconnaissant la portée de ses recherches, parmi lesquelles figurent le prix Wolf en 1978 et le prix Kyoto en 1989.

Israel Gelfand a effectué plusieurs visites de recherche à l’IHES dans les années 70 et 80 avant de devenir un visiteur régulier, accueilli à l’Institut chaque année, entre 1992 et 1998.

Les valeurs d’excellence scientifique et de partage des connaissances, fondamentales pour l’Institut, étaient particulièrement chères à Israel Gelfand. L’IHES lui a ainsi rendu hommage en donnant son nom à cette Chaire qui allie précisément ces deux valeurs.

Retour sur la deuxième édition des journées « Maths en herbe » et « MathTech »

Le 17 janvier et le 25 janvier 2024, l’Institut a accueilli les deuxièmes éditions de la journée « Maths en herbe » et des « Rencontres MathTech » organisées par la Fondation Mathématique Jacques Hadamard.

Le 17 janvier et le 25 janvier 2024, l’Institut a accueilli les deuxièmes éditions de la journée « Maths en herbe » et des « Rencontres MathTech » organisées par la Fondation Mathématique Jacques Hadamard, dont l’IHES est membre fondateur.

La journée « Maths en herbe » s’adresse principalement à des étudiant(e)s de niveau L3 de l’Université Paris-Saclay et a pour objectif de leur présenter une image vivante et variée de ce qu’est la recherche en mathématiques, afin de leur donner envie de s’y investir. Pour la deuxième édition de cette journée, les étudiant(e)s ont pu, d’une part, écouter des exposés scientifiques variés, notamment de la part de Cédric Villani, titulaire de la chaire IHES-Université de Lyon d’analyse à l’IHES, et d’autre part, échanger avec des doctorant(e)s et des post-doctorant(e)s qui ont témoigné de leur parcours et de leur travail de recherche.

Les « Rencontres MathTech » s’adressent quant à elles aux doctorant(e)s et post-doctorant(e)s en mathématiques. L’idée de cette journée est de favoriser l’éclosion de liens entre mathématicien(ne)s et représentant(e)s du monde socio-économique, en valorisant le diplôme du doctorat comme une porte d’entrée à la recherche ou au management scientifique dans l’administration publique ou le privé. Cette année, les participant(e)s ont pu écouter les témoignages de mathématicien(ne)s travaillant dans les secteurs de l’aéronautique, de l’énergie, de la finance ou de la santé. Alex Gerko, docteur en mathématiques, fondateur de l’entreprise de trading algorithmique XTX Markets et donateur de la FMJH et de l’IHES, a notamment témoigné de son parcours. Entre les interventions des professionnel(le)s, des doctorant(e)s de l’École doctorale de mathématiques Hadamard ont pu pitcher leurs projets de recherche devant le public.

La journée s’est achevée par la remise du Prix Pierre Lamoure, en présence de Jacques Lamoure, grand donateur de la FMJH et de l’IHES. Ce prix, nommé en l’honneur de son père, fondateur du groupe Atlantic et passionné de sciences et de mathématiques, récompense un travail de recherche mathématique en relation directe avec un problème issu du monde socio-économique. En effet, Pierre Lamoure voyait la science et les mathématiques comme des vecteurs de progrès pour les activités humaines, et notamment pour l’activité économique. Le lauréat, Thibaud Ehret, post-doctorant au Centre Borelli de l’ENS Paris-Saclay, a été récompensé pour ses travaux sur la détection et la quantification automatique des émissions de méthane via l’imagerie satellitaire. Ces travaux, en partenariat avec Kayrros, ont mené à la création de la plateforme Methane Watch, soutenue par l’Agence spatiale européenne.

L’IHES est heureux d’accueillir ces journées dans le cadre de son partenariat avec la FMJH. Ces rendez-vous constituent des occasions de rencontre qui nourrissent les échanges au sein de la communauté mathématique et avec le monde socio-économique.

Hommage à Anatoly Moiseevich Vershik

Le mathématicien russe Anatoly Moiseevich Vershik nous a quitté le 14 février 2024. L'IHES regrette la disparition d’un mathématicien remarquable et d’une voix respectée de la communauté mathématique russe. Misha Gromov, professeur émérite à l'IHES, a souhaité lui rendre hommage.

Le mathématicien russe Anatoly Moiseevich Vershik nous a quitté le 14 février 2024. Anatoly Vershik était le directeur du laboratoire de théorie des représentations et systèmes dynamiques de l’Institut Steklov de Saint Pétersbourg et titulaire de la chaire d’analyse au département de mathématiques et mécanique de l’Université d’État de Saint-Pétersbourg. De 1998 à 2008, il fût également le président de la société mathématique de Saint-Pétersbourg. Anatoly Vershik a travaillé dans nombreux domaines des mathématiques, notamment en théorie des représentations, systèmes dynamiques, théorie ergodique, combinatoire analytique, algèbres d’opérateurs et théorie de la mesure. Parmi ses étudiants figurent Alexander Barvinok, Anna Erschler et Sergey Fomin. Anatoly Vershik a régulièrement visité l’IHES pendant les années 1990, sa dernière visite à l’Institut datant de 2012. L’IHES regrette la disparition d’un mathématicien remarquable et d’une voix respectée de la communauté mathématique russe. Misha Gromov, professeur émérite à l’IHES, a souhaité lui rendre hommage par le texte ci-dessous.

« Anatoly Vershik est décédé le 14 février 2024. Tout au long de sa vie, il n’a cessé de produire de nouvelles idées mathématiques, les partageant généreusement avec ses amis et étudiants. Avec le temps, certaines de ses idées sont devenues des théories mathématiques à part entière.

Je me souviens d’ailleurs des attentes qu’exprimait Vladimir Abramovich Rokhlin quant aux retombées potentielles de l’approche originale de Vershik en mathématiques. Cela devait être en 1960-61.

Ma dernière discussion avec Vershik remonte au 28 décembre 2023. Lors de cet appel téléphonique, nous avons discuté de sa prépublication sur la classification des fonctions mesurables à $k$ variables, qu’il m’avait envoyée quelques semaines auparavant. Dans cet article, Vershik revient sur l’une de ses idées consistant à utiliser la théorie ergodique dans ce contexte.

De manière surprenante, l’un des premiers problèmes que Vershik a partagé avec moi (sans doute en 1964-65) concernait la description de la structure combinatoire des enveloppes convexes des orbites de produits de groupes de permutations $\prod_{n_1} \hspace{-.25em} \times \dots \times \prod_{n_k}$ agissant sur $\mathbb{R}_{n_1} \hspace{-.25em} \otimes \dots \otimes \mathbb{R}_{n_k}$.

Depuis, je n’ai cessé de discuter de mathématiques avec lui. Ce dont je me souviens le plus, ce sont ses idées élégantes sur la description probabiliste des espaces universels d’Urysohn et sa classification des espaces métriques mesurables. Vershik était d’une curiosité insatiable, cherchant sans cesse la vérité et s’opposant courageusement à toutes les injustices. À 90 ans, il est parti trop tôt.

Son ami Misha Gromov »

Références

A.I. Barvinok and A.M. Vershik. Convex hulls of orbits of representations of finite groups and combinatorial optimization. Functional Analysis Its Applications 22, 224–225 (1988)

T. Ceccherini-Silberstein and M. D’Adderio. Topics in groups and geometry. Growth, amenability, and random walks. Springer (2021)

A. Erschler. Poisson-Furstenberg boundaries, large-scale geometry and growth of groups. Proceedings of the International Congress of Mathematicians Hyderabad, India (2010)

M. Gromov. Entropy and Isoperimetry for Linear and non-Linear Group Actions. Groups, Geometry, and Dynamics 2, no. 4, 499-593 (2008)

A.M. Vershik. Countable groups that are close to finite ones, Appendix in F.P. Greenleaf « Invariant Means on Topological Groups and their Applications », Moscow, Mir, 1973 (in Russian), a revised English translation « Amenability and approximation of infinite groups » was published in Selecta Mathematica Sovietica 2, no. 4, 311–330 (1982)

A.M. Vershik. Classification of Measurable Functions of Several Variables and Invariantly Distributed Random Matrices. Functional Analysis and Its Applications 36, 93–105 (2002)

A.M. Vershik. Random metric spaces and universality. Russian Mathematical Surveys 59 259 (2004)

A.M. Vershik. Classification of measurable functions of several variables and matrix distributions. arXiv:2311.01281 (2023)

A.M. Vershik, G.A. Veprev and P.B. Zatitskii. Dynamics of metrics in measure spaces and scaling entropy. arXiv:2311.14550 (2023)

T. Zheng. Asymptotic behaviors of random walks on countable groups. Proceedings of the International Congress

IBM renouvelle son engagement auprès de l’IHES

Depuis la création de l’IHES en 1958, IBM soutient l'Institut. Les deux organisations maintiennent des liens solides et constants au fil des ans. Aujourd'hui, IBM renouvelle son engagement auprès de l’IHES pour soutenir la recherche scientifique.

Depuis la création de l’IHES en 1958, IBM soutient l’Institut. Les deux organisations maintiennent des liens solides et constants au fil des ans.

Dans les années 80, IBM fournit à l’IHES son tout premier ordinateur. Sur la photo ci-dessus, Oscar Lanford III, professeur permanent de physique à l’Institut, teste ce nouvel outil de travail, entouré de Louis Michel, également professeur permanent de physique à l’Institut, Henri Epstein, chercheur CNRS, et Marcel Berger, alors directeur de l’IHES. En 2021, IBM participe également au succès du gala organisé par Friends of IHES aux Etats-Unis sur le thème « Women in Fundamental Research » en offrant, aux côtés de l’organisation ProMare, une visite exclusive du « Mayflower Autonomous Ship », bateau autonome et contrôlé par intelligence artificielle.

Parce que l’innovation fait depuis toujours partie de l’ADN d’IBM, et qu’il est important de préserver le modèle de recherche libre et désintéressée de l’Institut.

Parce que les mathématiques fournissent les outils nécessaires pour comprendre les concepts fondamentaux de l’informatique quantique et offrent une base théorique solide,

Parce qu’IBM s’est fixé comme mission de contribuer à la formation de 30 millions de personnes d’ici 2030, en particulier sur les thématiques scientifiques et techniques, IBM accompagne l’IHES.

Emmanuel Ullmo, directeur de l’IHES, se réjouit de ce soutien : « Il est très précieux pour l’IHES de pouvoir compter sur l’appui de grands groupes tels qu’IBM. Au-delà du soutien financier, essentiel, qu’un tel mécénat apporte à l’Institut, il contribue aussi à favoriser le dialogue entre scientifiques exerçant dans différents secteurs, et plus généralement, entre le milieu académique et celui des entreprises. »

Béatrice Kosowski, présidente d’IBM France et membre du Comité d’Orientation Stratégique de l’Université Paris-Saclay, commente : « La recherche fondamentale, qui exige un temps long, mais aussi une véritable liberté afin de permettre aux scientifiques de créer, de découvrir et d’innover, est primordiale pour IBM. Nous sommes donc fiers de soutenir l’IHES, membre fondateur de l’Université Paris-Saclay, pépite de la recherche fondamentale en mathématiques et physique théorique. »

Retour sur la cérémonie de lancement de la Chaire Jean-Pierre Bourguignon

Le 1er février 2024, l'Institut a célébré le lancement d'une nouvelle Chaire de professeur permanent au nom de Jean-Pierre Bourguignon.

Le 1er février 2024, l’Institut a célébré le lancement d’une nouvelle Chaire de professeur permanent au nom de Jean-Pierre Bourguignon, directeur de l’IHES de 1994 à 2013 et désormais professeur honoraire Nicolaas Kuiper à l’Institut. La création de cette Chaire a été rendue possible grâce à un don exceptionnel de Claire-Lise et Philippe Tondeur, et Marilyn et Jim Simons effectué aux fonds propres de Friends of IHES, l’organisation partenaire de l’Institut aux États-Unis. Le premier titulaire de la Chaire Jean-Pierre Bourguignon est Dustin Clausen, professeur permanent à l’Institut depuis avril 2023.

Lors de cette cérémonie, Marwan Lahoud, président du conseil d’administration de l’IHES, et les donateurs ont évoqué leurs liens d’amitié forts ainsi que leur admiration pour le mathématicien qu’est Jean-Pierre Bourguignon, et pour l’action scientifique et managériale qu’il a menée à l’IHES, puis à la tête du Conseil européen de la recherche. Ils ont notamment rappelé que, si nous célébrons aujourd’hui le lancement d’une Chaire de professeur permanent financée sur fonds privés, c’est aussi grâce à la vision de Jean-Pierre Bourguignon, qui peu après le début de son mandat de directeur de l’IHES en 1994, a vu dans la levée de fonds auprès de donateurs privés un moyen incontournable pour assurer la pérennité financière de l’Institut. À travers leurs dons, Claire-Lise et Philippe Tondeur, et Marilyn et Jim Simons espèrent assurer les conditions matérielles pour continuer de faire de l’IHES un endroit propice à la création mathématique au plus haut niveau, en particulier pour ses professeurs permanents.

Jean-Pierre Bourguignon est lui aussi revenu sur ses liens d’amitié avec les donateurs. Il s’est souvenu de ses échanges avec Philippe Tondeur aux Arbeitstagungen de Bonn et de son séjour à Stony Brook sur invitation de Jim Simons pour l’année académique 1972-1973. Pour mettre en perspective ce don exceptionnel, il est revenu sur le rôle prépondérant des professeurs permanents dans l’histoire de l’Institut. Avec huit médailles Fields et trois prix Abel, ce sont leurs recherches et leur attractivité qui ont fait la réputation de l’Institut.

C’est dans cette lignée qu’Emmanuel Ullmo, directeur de l’IHES, voit s’inscrire Dustin Clausen, premier titulaire de la Chaire Jean-Pierre Bourguignon. La conférence scientifique de lancement de la Chaire, organisée par Dustin Clausen, qui s’est tenue le 26 janvier 2024 a pu donner un aperçu de la variété de ses intérêts mathématiques, avec pour fil conducteur la théorie des mathématiques condensées : théorie de l’homotopie (stable), géométrie p-adique, correspondance de Langlands géométrique, théorie des nombres…

Pour conclure la cérémonie de lancement, Dustin Clausen a dressé un premier bilan de son temps à l’IHES. Avec Mikala Ørsnes Jansen, post-doctorante à l’Institut, Dustin Clausen a développé la K-théorie algébrique instable. Par ailleurs, en collaboration avec Robert Burklund, il a travaillé sur une généralisation de la conjecture de Quillen-Lichtenbaum (à paraître). En parallèle de ses travaux de recherche, il a donné une série de cours en alternance avec Peter Scholze sur les champs analytiques et les mathématiques condensées. Ces exposés, largement suivis, serviront de base à une future monographie de recherche sur le sujet. Ainsi, Dustin Clausen espère rendre davantage accessible leur théorie à la communauté mathématique.

Claire-Lise et Philippe Tondeur

Claire-Lise et Philippe Tondeur ont tous deux mené une carrière universitaire aux États-Unis. Alors que Philippe est mathématicien, Claire-Lise est spécialiste de littérature française. Claire-Lise a découvert le monde des mathématiques grâce à son mari. Ensemble, ils sont particulièrement fascinés par le processus créatif en science et en art. Philippe a aussi été fortement impliqué dans la politique scientifique américaine, notamment en tant que directeur de la division des sciences mathématiques à la National Science Foundation au début des années 2000.

Marilyn et Jim Simons

Marilyn et Jim Simons sont impliqués dans le développement de l’IHES depuis plus de 25 ans. En tant que présidents de Friends of IHES, ils ont permis le lancement de fonds propres dédiés à l’Institut aux États-Unis. Avec pour objectif de collecter 20 millions de dollars d’ici à 2025, Marilyn et Jim se sont engagés à doubler chaque don jusqu’à 10 millions de dollars, versé pour ces fonds propres, à travers la Fondation Simons International. À ce jour, plus de 8,5 millions de dollars ont déjà été collectés en dons et promesses de dons pour ces fonds, soit un total de plus de 17 millions de dollars avec la contribution de Marilyn et Jim.

Retrouvez les interventions de la cérémonie ici.

Nicolas Bergeron (1975 – 2024)

La communauté de l’IHES est profondément attristée par la nouvelle du décès de Nicolas Bergeron. Proche de l’IHES, Nicolas Bergeron était Professeur à Sorbonne Université et membre du Département de Mathématiques et Applications de l’École normale supérieure – Paris Sciences & Lettres.

La communauté de l’IHES est profondément attristée par la nouvelle du décès de Nicolas Bergeron.

Proche de l’IHES, Nicolas Bergeron était Professeur à Sorbonne Université et membre du Département de Mathématiques et Applications de l’École normale supérieure – Paris Sciences & Lettres. Rédacteur en chef des Publications mathématiques de l’IHES de 2019 à 2022, il a œuvré pour le passage en accès libre diamant de cette prestigieuse revue.

Dans sa recherche, Nicolas Bergeron s’intéressait particulièrement aux liens entre la géométrie et la théorie des nombres. Avec Zhiyuan Li, John Millson et Colette Moeglin, il a notamment démontré la conjecture de Lefschetz-Noether pour les espaces de modules de surfaces K3 quasi-polarisées.

Nicolas Bergeron a été conférencier invité au congrès  européen de mathématiques en 2016 et au congrès international des mathématiciens en 2018. En 2023, il s’est vu décerner le Prix Fondé par l’État de l’Académie des Sciences.

Par ailleurs, Nicolas Bergeron était très impliqué dans l’enseignement et la diffusion des mathématiques. Passionné par les travaux de Henri Poincaré, il a travaillé sur le projet Analysis Situs et le livre Uniformisation des surfaces de Riemann avec le collectif Henri Paul de Saint-Gervais. En 2020, il a participé à la production de la websérie Voyages au pays des maths diffusée sur arte.tv.

Témoignage d’Emmanuel Ullmo, directeur de l’IHES :

« C’est avec une infinie tristesse que j’ai appris le décès de Nicolas Bergeron. En plus d’être un géomètre talentueux et créatif, Nicolas était un être humain délicieux, apprécié de tous et qui rendait de grands services à la communauté mathématique. Mes pensées vont à sa famille et à ses proches. »

Témoignage d’Hugo Duminil-Copin, professeur permanent à l’IHES :

« Nicolas Bergeron était véritablement l’un des piliers de la communauté mathématique française. Sa remarquable éthique, ses qualités humaines exceptionnelles et son engagement constant suscitaient l’admiration de toutes et tous. La perte de notre collègue et ami laisse un vide profond que nous ressentons douloureusement. »

Retrouvez l’hommage à Nicolas Bergeron publié dans les Publications de mathématiques de l’IHES ici.

Entretien avec Lauren Williams

A l'occasion du 11 février, journée internationale des femmes et des filles de science, nous publions un entretien avec Lauren Williams, Professeure de Mathématiques à Harvard et au Radcliffe Institute. Lauren Williams était professeure invitée à l'IHES entre août 2022 et juillet 2023. Sa visite a été financée par la fondation ENGIE, qui s'est engagée à soutenir les visites de chercheuses à l'IHES.

A l’occasion du 11 février, journée internationale des femmes et des filles de science, découvrez un entretien avec Lauren Williams, Dwight Parker Robinson Professor of Mathematics à l’Université de Harvard et Sally Starling Seaver Professor au Radcliffe Institute. Lauren Williams a fait des études en mathématiques à l’Université de Harvard et a obtenu son doctorat au MIT, sous la direction de Richard Stanley. Après des post-doctorats à l’Université de Californie, Berkeley, et à l’Université de Harvard, elle est retournée à l’UC Berkeley en 2009, d’abord en tant que « Assistant Professor », puis professeure associée et est devenue professeure titulaire en 2016. Elle a obtenu une nouvelle chaire de l’Université de Harvard et de l’Institut Radcliffe en 2018. Ses recherches portent sur l’algèbre et la combinatoire. Lauren Williams a passé près d’un an à l’IHES en tant que professeure invitée entre août 2022 et juillet 2023. Sa visite a été financée par la fondation ENGIE, qui s’est engagée à soutenir les visites de chercheuses à l’IHES.

Votre parcours est impressionnant. Avez-vous toujours su que vous vouliez être mathématicienne ?

Au lycée, j’aimais déjà beaucoup les mathématiques, mais je ne savais pas quels types de carrières existaient. Il y a un programme particulier qui a été très important pour moi et que j’ai suivi après ma deuxième année de lycée. Il s’agit du Research Science Institute, qui se déroule chaque été au MIT et accueille des lycéennes et lycéens de tous les États-Unis ainsi que des élèves étrangers. Tous les participants sont jumelés à des mentors et j’ai été jumelée à une étudiante en mathématiques qui m’a donné un problème de recherche en combinatoire sur lequel réfléchir, ainsi que des références à lire pour apprendre la combinatoire et la programmation. C’était très intensif, mais extrêmement intéressant et amusant. C’était ma première expérience de recherche et j’ai vraiment apprécié la liberté et la créativité qu’elle impliquait. Une fois l’été terminé, je voulais continuer à travailler sur mon projet, mais je rentrais chez moi en Californie. Ma mentor m’a donc mise en contact avec un chercheur de l’UCLA qui a accepté de me rencontrer pour m’aider à poursuivre mon projet, ce qui a été très gratifiant.

Comment avez-vous découvert que la recherche en mathématiques était possible et que c’était ce que vous vouliez faire ?

Lorsque j’étais étudiante de premier cycle, j’ai compris qu’il était possible de faire carrière dans les mathématiques et j’ai décidé d’essayer d’être chercheuse. Malgré mon expérience limitée, je pensais qu’une carrière dans la recherche et l’enseignement pouvait me plaire. Je savais que cette voie allait être difficile, c’est pourquoi pendant plusieurs étés j’ai exploré d’autres possibilités en exerçant des emplois dans l’industrie reposant sur des mathématiques plutôt appliquées. Un de ces emplois d’été consistait à travailler à la National Security Agency dans le domaine de la cryptographie, et un autre, basé à New York, dans le domaine du conseil financier. Après ces expériences, j’ai compris que si, à l’avenir, je ne parvenais pas à obtenir un poste de professeur, d’autres possibilités s’offriraient à moi.

J’ai vécu un moment décisif au cours de la deuxième année de mon doctorat. J’avais récemment commencé à travailler sur un problème de recherche et, après plusieurs mois, j’avais formulé une conjecture que je voulais vraiment prouver. Je travaillais tous les jours, toute la journée, mais pendant neuf mois, rien ne semblait vraiment fonctionner. J’étais complètement bloquée et je commençais à me sentir déprimée et découragée. Je me demandais si je devais abandonner et trouver un autre problème, ou continuer, sachant qu’il y avait des chances que je ne prouve jamais la conjecture. Cette période a été assez difficile pour moi. Mais j’ai fini par trouver la solution à mon problème. Après ces neuf mois, j’ai commencé à faire des progrès, et une fois que j’ai emprunté la bonne voie, il m’a fallu trois ou quatre mois de plus pour prouver la conjecture. Le fait d’avoir trouvé la solution m’a donné confiance en mes capacités, et chaque fois que je résolvais un nouveau problème et que j’écrivais un article, je devenais de plus en plus convaincue que je pouvais continuer sur cette voie.

Rétrospectivement, je sais maintenant que mon expérience n’était pas inhabituelle : presque toutes les personnes que je connais qui ont fait une thèse ont eu des moments où elles se sont senties perdues. Il faut se rendre compte que dans la recherche, nous sommes bloqués la plupart du temps, et qu’il y a de nombreux jours où nous travaillons sans savoir si nos efforts nous mèneront quelque part. Mais lorsque l’on trouve enfin un résultat, le sentiment est très gratifiant !

Comment décririez-vous votre expérience en tant que femme dans le domaine des mathématiques ?

Je me suis rendu compte qu’il n’y avait pas beaucoup de filles en mathématiques dès le lycée. J’ai participé à des concours de mathématiques et à des programmes d’été en mathématiques où il n’y avait pas beaucoup de filles. Pendant l’été qui a suivi ma troisième année de lycée, j’ai participé au Math Olympiad Summer Program, un programme résidentiel de trois semaines et demie qui préparait les étudiants aux Olympiades internationales de mathématiques. Lorsque j’ai participé il y avait 24 participants, et j’étais la seule fille. Tout le monde était sympathique, mais l’expérience était étrange et je me suis sentie isolée ; de plus, je ressentais une pression énorme, car je me disais que si je me débrouillais mal, cela donnerait une mauvaise image de toutes les femmes.

Dans les départements de mathématiques dont j’ai fait partie jusqu’à présent (en tant qu’étudiante ou membre du corps enseignant), la proportion de femmes parmi les professeurs variait entre 0 et environ 15 %, ce qui n’est évidemment pas idéal. D’un autre côté, je pense qu’il peut y avoir une communauté très agréable parmi les mathématiciennes. J’ai eu la chance d’avoir de nombreuses collaboratrices extrêmement compétentes, dont certaines avec qui j’ai travaillé pendant près de vingt ans. Je pense à Sylvie Corteel, qui est maintenant à l’Université Paris Cité et à l’UC Berkeley, et à Konstanze Rietsch, qui est au King’s College de Londres. Je collabore avec elles depuis peut-être dix-sept ans et c’est vraiment agréable d’avoir ces collaboratrices de très haut niveau avec lesquelles je suis également très amie. J’ai également eu des étudiantes exceptionnelles, ce qui me rend optimiste pour l’avenir.

Quels sont les conditions ou les facteurs qui, selon vous, aideraient davantage de femmes à choisir une carrière dans les mathématiques ?

Je pense qu’il est utile pour les jeunes femmes de voir des mathématiciennes qui ont une carrière et qui sont également heureuses dans leur travail.

D’autre part, il faudrait offrir davantage d’opportunités aux filles de s’initier la joie de la découverte en mathématiques, et cela dès le collège et le lycée. Cela pourrait contribuer à accroître le nombre d’étudiantes en sciences dans le supérieur. Aux Etats-Unis, Girls Angle est un excellent exemple de programme dans ce domaine. Il existe aussi d’excellents programmes mixtes comme MIT Primes par exemple.

La garde d’enfants est un autre facteur clé, car elle peut être extrêmement coûteuse aux États-Unis. Il peut donc être difficile pour les universitaires, en particulier les femmes, de poursuivre leur carrière dans la recherche une fois qu’elles ont fondé une famille. Les subventions qui couvrent les frais de garde d’enfants peuvent donc être utiles : par exemple, la bourse de recherche Alfred Sloan peut être utilisée pour couvrir les frais de garde d’enfants, ce qui m’a été très utile lorsque j’ai eu mon premier enfant.

Un autre élément qui peut rendre difficile la poursuite d’une carrière dans la recherche universitaire est le temps qu’il faut pour obtenir un poste permanent. Aux États-Unis, de nombreuses personnes passent 3 à 5 ans dans des contrats post-doctoraux, puis obtiennent un « tenure track » (si elles ont de la chance !) et attendent ensuite six ou sept ans avant d’obtenir un poste permanent. Je sais que c’est également difficile en France, mais il me semble qu’il y a plus de postes disponibles et que le délai entre l’obtention d’un doctorat et l’obtention d’un poste permanent est plus court. En ce sens, la France facilite le choix d’une carrière universitaire pour les personnes (en particulier les femmes).

Comment avez-vous entendu parler de l’IHES et quelle a été votre expérience en tant que chercheuse invitée ?

Bien que je sois allée en France à de nombreuses reprises, notamment lors d’un congé sabbatique en 2014, c’est en août 2022 que j’ai mis les pieds pour la première fois à Bures-sur-Yvette. J’avais beaucoup entendu parler de l’IHES par de nombreux collègues différents qui ne tarissaient pas d’éloges sur l’Institut, mais je n’avais jamais postulé auparavant.

Je suis très satisfaite de mon année à l’IHES, qui est un endroit merveilleux pour faire de la recherche. Les bureaux sont confortables et il y a une salle avec d’immenses tableaux noirs et un smartboard, ce qui est agréable pour la collaboration. Tout ici est conçu pour rendre la vie des scientifiques aussi facile que possible. L’IHES est également très international et, au cours de l’année écoulée, j’ai rencontré à l’improviste des collègues américains que je ne m’attendais pas à voir, ce qui a été très agréable.

J’ai aussi trouvé que l’IHES était un lieu de travail très tranquille. Cette année, j’ai vécu à Paris et j’ai eu toujours l’impression d’arriver à la campagne lorsque je descendais du train à Bures-sur-Yvette, que je respirais l’air frais et que j’entendais le chant des oiseaux plutôt que le bruit de la ville.

Enfin, mes enfants aiment aussi IHES ! Je suis venue en France avec ma famille et j’ai emmené mes enfants à l’Institut plusieurs fois pendant les week-ends. Ils ont aimé dessiner sur mon tableau, tourner sur ma chaise rotative, boire un chocolat chaud à la machine à café et faire la roue dans les couloirs. Pour eux, la vie de chercheur est géniale !

Que pensez-vous que l’IHES pourrait faire pour s’assurer que davantage de femmes mathématiciennes posent leur candidature à l’Institut ?

J’avais entendu parler de l’IHES principalement par le bouche à oreille. Je doute que tout le monde connaisse l’IHES et son programme de visites : je pense qu’il serait important de le rendre plus visible.

Cérémonie de lancement de la Chaire Jean-Pierre Bourguignon

L'IHES est fier d’annoncer la création d’une Chaire de professeur permanent au nom de Jean-Pierre Bourguignon, directeur de l’IHES de 1994 à 2013 et désormais professeur honoraire Nicolaas Kuiper à l’Institut.

Grâce à un don exceptionnel effectué aux fonds propres de Friends of IHES, l’organisation partenaire de l’Institut aux États-Unis, par Claire-Lise et Philippe Tondeur d’une part, ainsi que Marilyn et Jim Simons d’autre part, à travers la Simons Foundation International, l’IHES est fier d’annoncer la création d’une Chaire de professeur permanent au nom de Jean-Pierre Bourguignon, directeur de l’IHES de 1994 à 2013 et désormais professeur honoraire Nicolaas Kuiper à l’Institut.

Après la conférence scientifique organisée le 26 janvier par Dustin Clausen, professeur permanent à l’IHES et premier titulaire de la Chaire Jean-Pierre Bourguignon, et Emmanuel Ullmo, directeur de l’IHES, l’Institut organise le 1er février à 17h30 au Centre de Conférences Marilyn et James Simons une cérémonie officielle de lancement pour honorer Jean-Pierre Bourguignon, Claire-Lise et Philippe Tondeur ainsi que Marilyn et Jim Simons.

Le programme de la cérémonie est le suivant :

17h30 : Mot d’accueil de Marwan Lahoud, président du conseil d’administration de l’IHES
17h45 : Interventions de Claire-Lise et Philippe Tondeur d’une part, et de Marilyn & Jim Simons d’autre part, grands donateurs de l’IHES
18h00 : Intervention de Jean-Pierre Bourguignon, ancien directeur de l’IHES
18h20 : Mot d’Emmanuel Ullmo, directeur de l’IHES
18h30 : Mot de Dustin Clausen, premier titulaire de la Chaire Jean-Pierre Bourguignon
18h40 : Cocktail

Le public pourra ainsi profiter du témoignage des donateurs, qui seront connectés depuis les États-Unis. Ils évoqueront notamment les liens forts qui les unissent à Jean-Pierre Bourguignon et l’IHES depuis plus de 50 ans.

Pour assister à la cérémonie en ligne (code: 160668).

Voyage de l’IHES à Singapour

L'IHES a débuté l'année 2024 par un voyage à Singapour à l'occasion de la participation de Hugo Duminil-Copin, professeur permanent à l'IHES et lauréat 2022 de la médaille Fields, au Global Young Scientists Summit 2024.

L’IHES a débuté l’année 2024 par un voyage à Singapour à l’occasion de la participation de Hugo Duminil-Copin, professeur permanent à l’IHES et lauréat 2022 de la médaille Fields, au Global Young Scientists Summit 2024.

L’Institut a reçu un accueil chaleureux de la part de sa communauté singapourienne ! L’IHES a été ravi de rencontrer ses entreprises partenaires, telles que Qube Research & Technologies, BNP Paribas, Société Générale ou Huawei, représentées à Singapour, ou des start-ups, telles que Horizon Quantum Computing, ainsi que de faire connaissance avec des passionnés de science, notamment la communauté des anciens élèves de l’École polytechnique.

Le 9 janvier, l’Institut a réuni sa communauté, en collaboration avec l’Ambassade de France à Singapour, à la Résidence de France, où Hugo Duminil-Copin, l’un des douze membres du Conseil présidentiel pour la science mis en place par Emmanuel Macron en décembre 2023, a donné une conférence intitulée « Why Math? ».

De gauche à droite : Emmanuel Ullmo, directeur de l’IHES, Alice Hung, fondatrice du groupe Paeonia, Minh-Di Tang, Ambassadrice de France à Singapour et Hugo Duminil-Copin, professeur permanent à l’IHES.

Le 10 janvier, l’IHES, en collaboration avec Qube Research & Technologies, a organisé un dîner privé à l’hôtel emblématique Fullerton avec Ariel Neufeld, professeur associé de mathématiques à NTU. Ariel Neufeld a donné une conférence sur « Deep Learning algorithm for solving high-dimensional nonlinear PDEs in finance », qui a suscité une discussion active auprès du public.

Ariel Neufeld, Nanyang Assistant Professor in Mathematics à NTU

Le dîner a eu lieu dans la salle du Fullerton Lighthouse, le premier phare de Singapour, qui a offert aux invités une vue imprenable sur la ville illuminée. Pierre-Yves Morlat, le PDG de QRT, a participé à cet événement et a inauguré le dîner avec son discours de bienvenue, encourageant les invités à suivre l’exemple de QRT et à soutenir le développement de l’Institut.

QRT est devenu grand donateur de l’IHES en 2022, grâce à un don initial de 100k€ qui a contribué aux fonds propres de l’Institut pour soutenir les Écoles d’été. Ce soutien a été renouvelé et renforcé son soutien en 2023 avec un deuxième don de 150k€. En janvier 2024, QRT a annoncé le renouvellement à la hausse de son soutien aux Écoles d’été de l’IHES avec un don de 200k€.

Pierre-Yves Morlat, PDG de QRT

Le séjour de l’Institut à Singapour s’est achevé par la conférence publique Lee Kong Chian Distinguished Professor donnée par Hugo Duminil-Copin au NTU Institute for Advanced Studies le 12 janvier. La conférence, soutenue par la Paeonia Foundation et la Lee Foundation, et organisée en partenariat avec le Global Young Scientists Summit 2024 de la Singapore National Research Foundation et l’Ambassade de France à Singapour, a rassemblé plus de 300 participants, vivement intéressés par la recherche scientifique de Hugo Duminil-Copin.

Conférence publique « Lee Kong Chian Distinguished Professor Public Lecture » proposée par Hugo Duminil-Copin. © IAS, Nanyang Technological University Singapore

À cette occasion, Hugo Duminil-Copin a été nommé Lee Kong Chian Distinguished Professor de l’IAS NTU. Lee Kong Chian, fondateur de la Lee Foundation, était un homme d’affaires et philanthrope chinois connu pour ses contributions significatives à l’éducation et à la société.

De gauche à droite : Juan-Pablo Ortega, directeur du département des sciences mathématiques de NTU, Julie Blazy, attachée pour la science et l’enseignement supérieur à l’ambassade de France à Singapour, Hugo Duminil-Copin, professeur permanent à l’IHES, Ling San, président adjoint et doyen de NTU Singapore, Andy Chua, administrateur général du groupe Paeonia et Sum Tze-Chien, directeur de Institute for Advanced Studies de NTU. © IAS, Nanyang Technological University Singapore